Void Omnia – Dying Light

Pays : États-Unis
Genre : Black Metal Mélodique
Label : Indépendant
Date de sortie : 20 Juin 2016

Il y a un peu plus d’un an sortait Dying Light de Void Omnia. Aux premiers abords, on peut penser que ce n’est qu’un album parmi d’autres, dans un underground comptant déjà des dizaines de groupes similaires. Et pourtant, je suis certain que beaucoup penseront que cet album est une petite perle, qui n’a pas eu le succès qu’il méritait. Et ceci est sans doute à mettre sur le compte d’un grave défaut propre à nombre de groupes, il n’y a dans cet album rien de très original. Mais cela n’empêche en rien le fait selon lequel Void Omnia est un groupe de talent, et j’ai le devoir de faire en sorte que ce dernier ne se soit pas exprimé pour rien.


Bien que certains ne voient ici qu’un groupe musicalement proche de Sargeist. Void Omnia officie en fait dans un black assez traditionnel, à la fois raw, rapide et très mélodique, puisant son inspiration dans les grands noms du genre, de Ulver à Dissection, en passant sans doute par Immortal et Taake. Ce côté très classique s’explique par un fait notable à propos du groupe. Si l’on observe la totalité des projets auquel ont participé nos cinq musiciens, on se rend compte que le CV du groupe est assez éloigné du black metal. Certes, le bassiste et le batteur ont tout les deux joués dans des groupes de black par le passé. Cependant, le vocaliste vient plutôt des scènes grindcore et death metal. Quant aux guitaristes, l’un des deux est un peu sorti de nulle part, tandis que l’autre était un batteur de death metal. Ce qui laisse penser que la démarche qui a conduit à la formation du projet est assez originale. On peut supposer que les musiciens, ayant déjà fait leurs preuves dans différents styles ont tout bonnement voulu se renouveler et essayer quelque chose de nouveau.

Mais pourquoi tant de détails à propos du CV des musiciens, et la démarche qui les a conduits ici ? Tout bonnement parce que cela se ressent dans leur musique. Certains diront qu’il manque ici la sincérité et l’intégrité propre à bon nombre de groupe de black, et l’on ne peut leur donner entièrement tort. Mais soyez sans crainte, on a affaire ici à des musiciens aguerris qui ont réussi à s’approprier le black metal. Et ils l’ont fait presque aussi bien que s’ils étaient depuis des années au cœur de la scène. Mais pas complètement non plus, car on a ici des éléments qui manque de profondeur et qui peuvent paraître lassant. Fort heureusement, ils cohabitent avec d’autres aspects qui, je l’espère, vous feront apprécier cet album.

Il est grand temps d’être plus précis et de cesser de tergiverser. En soi, l’album est très accessible et facile à écouter, mais son ambiance générale est assez difficile à décrire. La pochette de l’album semble très évocatrice, et nous laisse à penser qu’on aura ici une ambiance très mystique et qui nous fera voyager dans l’espace. Mais ce n’est pas si simple, s’il n’y avait pas eu cette pochette, on aurait encore plus de mal à cerner l’ambiance qui règne ici. Les riffs de l’album sont un peu tous dans la même veine, et on a quelque chose qui, malgré une ambiance qui se voudrait spatiale, se veut en fait assez peu méditatif et contemplatif.

Ces derniers sont vraiment bien pensés, et terriblement accrocheurs. On est loin de la profondeur d’un Darkspace en la matière, mais l’ensemble est en revanche bien plus facile à écouter. Ce qui en émane donne l’impression que le groupe n’a pas voulu exprimer des sentiments profonds, mais plutôt cherché à composer des riffs qui exprimaient la beauté plus qu’autre chose. En quelque sorte, on fait du black metal parce qu’on aime faire du black metal, et rien de plus. Ce qui n’empêche qu’on le fait très bien. D’ailleurs, le tout donne un effet assez neutre au niveau des émotions, pas dans le sens où cet album vous laissera insensible, mais dans le sens où la musique n’est ni vraiment très sombre, ni très mélancolique. Le groupe préfère faire ce qu’il fait de mieux, c’est à dire donner dans la mélodie majestueuse et puissante.

En plus de ces riffs accrocheurs, la batterie joue souvent sur un rythme très rapide, n’abandonnant que rarement le blast, ici maîtrisé à la perfection, pour laisser place à de courtes interludes se voulant plus mystiques, ou à des breaks très bien exécutés, ces derniers ayant l’avantage de ne pas représenter des temps morts dans l’album comme ils pourraient l’être pour d’autres groupes. Tout ça donne un mélange très plaisant pour les oreilles, et l’on se dit que si certains titres manquent de profondeur, on est entièrement dédommagé par la puissance qui se dégage de l’album.

Au niveau de la production, on peut sans crainte affirmer qu’elle ne devrait déplaire à personne. Le tout n’est ni trop propre ni trop sale, et l’on discerne très bien chaque instrument. La basse s’entend très bien et se marie parfaitement aux mélodies assénées par nos deux guitaristes. En revanche si l’on devait faire un dernier reproche à cet album ça serait au niveau du chant. Il a le double défaut d’être à la fois assez linéaire et assez peu mis en valeur au sein de cette musique très instrumentale. Mais ne pinaillons pas trop, ce n’est pas excessivement gênant. Car vous avez du le comprendre, le cœur de l’album, ce sont ses riffs.

Si l’on prend en compte le fait que le groupe n’a sorti avant cela qu’une démo, il faut bien admettre que Dying Light est un très bon album. Il reste que Void Omnia doit continuer dans sa lancée et réussir par je ne sais quel moyen à mettre plus de profondeur dans sa musique et apporter une touche personnelle s’il veut progresser. L’album étant assez peu profond et répétitif, il est plutôt à placer dans la catégorie des albums qui s’écoutent très bien une fois de temps en temps, mais vite lassant si vous comptez l’écouter souvent et de manière intensive.

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