Witch Tomb – Lord of Blizzards

Pays : États-Unis
Genre : Dungeon Synth / Winter Synth
Label : Indépendant
Date de sortie : 4 Février 2018

Peut-être avez-vous remarqué, mais Heiðnir se concentre beaucoup sur le dungeon synth et les musiques ambiantes en ce moment. Le black metal ne tardera pas à revenir, pas d’inquiétude, mais la scène dungeon synth a fait preuve depuis quatre mois d’une créativité impressionnante. À tel point qu’un album d’exception comme ce Lord of Blizzards s’était perdu dans l’abondance des sorties.

Malgré ce retard, il aurait été criminel de ne pas parler de Witch Tomb. Bon, déjà parce que votre serviteur continue à nourrir son obsession pour les sorcières, mais également parce que cet album est splendide. Et comme une chronique sérieuse ne s’arrête pas simplement à ce genre de déclaration, attachons-nous à essayer de décrire pourquoi Lord of Blizzards est excellent.

Le projet embrasse ce sous-genre de dungeon synth qui fut baptisé « winter synth ». Pour faire simple, du dungeon synth très atmosphérique, utilisant des sonorités froides et cristallines, essayant avant tout d’évoquer les étendues gelées et la saison qui nous tient tous tant à cœur. Pour ce qui est des sorcières, on repassera finalement… Mais rien de très grave, puisque nous avons à boire et à manger à la place.

Deux pistes de plus d’un quart d’heure chacune, un vent gelé soufflant en permanence et un panel de sonorités assez restreint finalement. L’album commence sur des nappes de claviers souveraines, très nobles et classieuses, qui s’entremêlent pour former la trame de fond. Les percussions massives frappent, et les mélodies peuvent commencer à s’épanouir. Witch Tomb est du genre à économiser ses artifices. L’ambiance de fond dure et perdure tandis les mélodies interviennent sporadiquement, laissant aux enchevêtrements de claviers lointains et distants la majeur partie de l’espace sonore. Le dosage s’avère excellent. Les mélodies proposées sont toutes parfaitement ensorcelantes, à commencer par celle qui se révèle en tout premier lieu, claire et lumineuse sans être joyeuse pour autant.

Le voyage est total. Les quelques sonorités évanescentes qui sont saupoudrées çà et là donnent une profondeur et une vraie ampleur à l’univers dépeint. Cette immense plaine que nous arpentons se révèle parfois belle et gracieuse sous le vent enneigé, mais peut aussi s’avérer trompeuse et inquiétante pour peu que l’on entre dans un mauvais revers de bise. L’atmosphère se fait très évolutive tout au long de l’album, mais jamais de manière brusque. Tout reste subtil et naturel, comme si nous étions réellement en train de vivre ces paysages dénudés et maigres. On est tour à tour en train de suivre des yeux de mystérieuses lueurs enchanteresses qui vacillent dans le brouillard, ou écrasé par un sentiment de vulnérabilité, face aux présences gigantesques qui semblent se cacher dans les reflets venteux.

Finalement, on en vient à se demander si Witch Tomb ne verse pas complètement dans l’ambient parfois. On ne se le demande pas longtemps en fait. Les longues, longues plages venteuses portées uniquement par les claviers de fond sont nombreuses, et toutes très réussies d’ailleurs. Les mélodies se font disparates, répétitives et prenantes, mais ne rappellent que peu souvent celles que l’on entend dans le dungeon synth plus classique. On assiste d’ailleurs à une parfaite illustration de ce que votre serviteur avait baptisé « l’effet Burzum ». L’alchimie miraculeuse qui se développe quand des mélodies parfaites sont répétées et répétées encore sur une ambiance de fond déjà prenante. La petite particularité de Witch Tomb étant les percussions, particulièrement bien amenées et gérées.

Eh bien voilà. Une nouvelle pépite de ce premier tiers de 2018 qui figurera dans nos pages. Cet album représente un vrai petit coup de cœur pour votre serviteur. Planant, dépaysant, relativement original, généreux en ambiances et porteur de quelques mélodies simplement charmantes, ce Lord of Blizzards défile comme le vent qu’il évoque. Et tant pis pour l’absence des sorcières… Pour cette fois, on fera sans.

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