Uada – Cult of a Dying Sun

Pays : États-Unis
Genre : Black Metal
Label : Eisenwald
Date de sortie : 25 Mai 2018

Voici donc l’heure où Uada sort son second album, deux après une première sortie ayant généré une hype incroyable. À tel point qu’Uada trônait crânement sur toutes les affiches de festival et était devenu le groupe de black metal à la mode. La parfaite représentation de ce qui, depuis quelques années, a été appelé « troisième vague de black metal ».

Rappelez-vous, sur la chronique du très vide Devoid of Light, votre serviteur avait sorti l’arsenal lourd pour s’en aller joyeusement taper sur cet album opportuniste et complètement pompé sur les deux derniers longue-durée de Mgła. Cette fois-ci, les choses sont très différentes, mais pas tant que ça, bien qu’un peu, tout même, sur Cult of a Dying Sun.

Alors, comme cela se passe-t-il cette fois ? Eh bien Uada reprend sa bonne vieille formule de pompage. Mais appliquée à lui-même, cette fois. La première mélodie de l’album commence bien, simple, entraînante, galvanisante. Et réutilisant, semble-t-il, exactement les mêmes accords que celle qui ouvrait Cult of a Dying Sun. Enchaînement avec des parties plus langoureuses, et déjà on s’ennuie. Et pas à moitié. « The Purging Fire » tente pendant de longues minutes de nous plonger dans une atmosphère mystique avec des riffs qui tentent d’être ambiancés et porteurs de sentiments, mais qui finissent tous par se perdre dans des longueurs mélodiques pas inspirées pour un sou. À tel point que l’on ne se réveille que lorsque le riff accrocheur d’ouverture resurgit. Eh bien, quelle entrée en matière…

À l’issu de ce titre, on se dit déjà qu’il va falloir tenir cinquante-deux minutes dans un ennui total… Heureusement, « Snakes and Vultures » arrive à remonter le niveau, et fait sans doute office meilleure chanson du groupe. Le riff plus déchirant tout en restant épique, la mélodie nostalgique posée sur les accords rageurs… Uada arriverait-il donc à faire ressentir des émotions ? Eh bien oui. Même si cela fait mal aux doigts de votre serviteur de l’écrire, le groupe a au moins composé une bonne piste. Pas un chef d’œuvre, mais une piste agréable, même si alourdie par des longueurs pas nécessaires.

Mais puisqu’il ne faut pas trop en demander au groupe, la piste éponyme retombe vite dans la médiocrité avec ses tentatives toutes gentilles de donner dans un black plus brutal, avec des voix death metal, de gros accords méchants et un solo, pour tenter tant bien que mal de raviver les vagues arômes heavy du premier album. Et malgré le riff aux deux tiers de la piste qui n’est pas trop mal trouvé, tout le reste est affreusement pataud et grossier. Et les choses ne sont pas prêtes de s’arrêter dans ce registre, puisqu’un interlude complètement plat et sans saveur prend la relève. Sédatif pour tout le monde.

Sans détailler le reste de l’album, il faut reconnaître qu’il contient quelques riffs et mélodies qui, en soi, pourraient être intéressants. Notez le premier riff de « Blood Sand Ash », le passage mélodique heavy sur « Sphere » et quelques riffs corrects sur la beaucoup trop longue piste finale. Et tout cela est finalement un beau gâchis, puisque toutes ces chansons deviennent irrémédiablement ennuyeuses, la faute à un manque d’intensité total. Uada noie ses bonnes idées sous des milliards de passages vides et creux, simplement pour rallonger ses titres. D’où le sentiment final d’avoir pataugé dans un immense marécage pour n’en ramener finalement que quelques jolis cailloux, loin d’être suffisant pour compenser les litres de boues que l’on a avalés… Et c’est dommage, vraiment très dommage, puisque les cailloux en question sont parfois réellement précieux, comme cette mélodie qui conclut l’album.

Cult of a Dying Sun est bien moins mauvais que son prédécesseur. Il a déjà le mérite de ne pas repomper un autre groupe. Ensuite, il propose tout de même pas mal de passages intéressants, somme toute. Accessibles, prenants, bien fichus, mais vite asphyxiés par des quintaux de fausses mélodies. Faux Riff Gump, en quelque sorte.

Uada a fait un progrès, mais a régressé en même temps. Il propose de meilleures idées, mais de mauvaises pistes. En raccourcissant cet album de moitié, il y aurait sûrement moyen d’un faire quelque chose de bien plus intéressant dans un genre facile d’accès, mais agréable. Sauf que le groupe préfère essayer de se donner des airs intelligents, avec ses chansons trop longues et son interlude vacuiste. Espérons que le troisième album du groupe arrivera à enfin proposer quelque chose de plus synthétique, en reprenant les mélodies dont le groupe est visiblement capable quand il n’est pas trop occupé à rajouter des minutes à ses chansons.

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