Live Report – Wolves in the Throne Room + Throane

Wolves in the Throne Room a eu une certaine importance pour votre serviteur à l’heure de ses premiers tâtonnements dans le monde du black metal. Cette musique vibrante aux sonorités si profondes et mystiques, dessinées dans des pistes souvent très longues… Comme un Ulver période Bergtatt qui serait parti s’installer dans les forêts américaines avec du post-rock sous le bras. Un groupe très à part, qui n’a jamais rien sorti de réellement faible. Ce vendredi 29 Juin, le groupe se produisait au Petit Bain, dans le 13ème arrondissement de Paris, en compagnie du désormais bien connu groupe Throane.

En ce début de soirée torride et difficilement respirable, votre serviteur s’est rendu dans cette péniche aménagée en bar et salle de concert, accompagné par l’inénarrable Jean-Ma et deux autres compères tout aussi peu recommandables. Nous arrivons malheureusement quelque peu en retard, et nous ne pouvons, par la force des choses, n’assister qu’à une moitié du concert de Throane. Le groupe s’inscrit dans la démarche post-black metal moderne qui n’a pas peur de jouer avec les genres, avec d’importantes influences post-hardcore proches d’Amenra, mais aussi des ressentis plus industriels par moments. N’étant pas spécialement sensible à la musique du groupe sur disque, votre serviteur s’est tout de même laissé prendre par ce concert au son très correct, il est important de le noter.


Le groupe est très investi sur scène, avec de grands balancements de tout le corps de la part de Dehn Sora pour marquer les rythmiques écrasantes qui constituent une bonne partie de la musique du groupe. Les nappes de guitare menaçantes sont aussi de sortie, et l’ambiance parvient à s’installer dans la salle. Il se dégage de Throane quelque chose de très proche d’Amenra, une humanité poisseuse et crue qui coule sur chaque spectateur. Des images dérangeantes sont projetées en fond de scène, alternant entre des déformations physiques qui feraient un peu penser à Cronenberg, des faces monstrueuses et des mots martelés en boucle qui s’impriment dans la rétine. Throane fait une musique moderne, de qualité et porteuse d’une vraie personnalité. Une demi-heure intéressante, qui poussera peut-être votre serviteur à réessayer la musique du groupe sur album.

Après une grosse vingtaine de minutes à attendre dans la salle suffocante, voilà que le rituel préparatoire à l’ouverture du concert de Wolves in the Throne Room commence. Encens capiteux soufflé depuis la scène, épaisse fumée et introduction ambiante ésotérique. Puis, Nathan Weaver monte sur le plateau, accompagné des deux guitaristes annexes, de la claviériste et du batteur qui remplace Aaron Weaver, absent de la tournée. Pas de basse, mais trois guitares. Le grand backdrop aux motifs mythologiques celtiques et la lumière jaune des projecteurs plongent définitivement dans l’ambiance mystique et chamanique du groupe. La première chanson, tirée du dernier album en date, ouvre enfin la danse. Le son est très correct, bien lisible et plutôt fort.
   

Les loups venus des forêts de Washington esquissent leurs mélodies de guitare brumeuses, tantôt épiques, tantôt oniriques. Le chant, qui se fera d’ailleurs somme toute assez rare durant le show, bénéficie d’une excellente sonorisation, avec une belle réverbération. La claviériste battra souvent un grand tambour pour marquer les rythmiques ensorcelantes de la formation. Le groupe jouera une heure et demi, et majoritairement des morceaux de son dernier album. Un peu dommage, puisque celui-ci s’avère tout de même être le plus faible du groupe… Mais enfin, les pistes se révèlent convaincantes en live, et votre serviteur sera pris par la puissance évocatrice et ésotérique du groupe durant plusieurs moments forts du set.

La fatigue et la chaleur intolérable de la salle restant deux éléments ayant empêché une parfaite immersion, il restera néanmoins que Wolves in the Throne Room livre un excellent concert, malgré la quantité habituelle de crétins essayant à tout prix de lancer un moshpit sur une musique qui ne s’y prête pas le moins du monde… À croire qu’une partie du public metal associe « guitares saturées » à « moshpit » de manière automatique. Tristes individus… D’autant plus qu’une photographe qui n’avait rien demandé à personne se verra bousculée puis houspillée à plusieurs reprises par un solide duo de cuistres à qui nous conseillerons amicalement d’aller se préparer un cocktail à la javel ou de se livrer à toute autre activité constructive plutôt que de se comporter comme les derniers des rustres en concert.

Après un magistral « I Will Lay Down My Bones Among the Rocks and Roots », le show se terminera, après une heure et demi intense. Wolves in the Throne Room se retire rapidement, après un salut à la foule. Le concert aura été de très bonne facture, on regrettera seulement l’absence presque total des trois premiers et meilleurs albums du groupe. Un titre comme « Vastness and Sorrow » manquait cruellement à l’appel. Mais ne soyons pas boudeur, le concert fut très satisfaisant, sans être exceptionnel. Votre serviteur et ses acolytes repartiront après avoir profité quelques instants de la fraîcheur nocturne. Une très bonne soirée portée par deux groupes de qualité. On remerciera Kongfuzi pour cette belle programmation.

Un grand merci à Héloïse pour nous avoir accordé l’autorisation d’utiliser ses photos. Voici un lien vers sa page Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *