Blasphamagoatchrist – Black Metal Warfare

Pays: Canada/Brésil
Genre: Black Metal
Label: Nuclear War Now! Produtions
Date de sortie: 1er Août 2018

Blasphamagoatchrist… En voilà un nom qui en jette, n’est-ce pas ? Depuis l’annonce d’une première démo pour ce projet, votre serviteur a commencé à saliver. Pourquoi ? Parce que Blasphamagoatchrist s’est formé autour de Noctunal Grave Desecrator and Black Winds, le légendaire hurleur de Blasphemy, sous l’égide du label hautement respectable Nuclear War Now!

Impossible dès lors de ne pas être fébrile. Votre serviteur, maniaque de Blasphemy, a néanmoins craint de se retrouver face à une démo de war metal médiocre comme il en existe tant. La faute au line-up entourant le chanteur, à savoir des vétérans venus de Goatpenis et Antichrist, soit deux projets assez inintéressants en ce qui me concerne. De grands espoirs, de vraies inquiétudes, et de très hautes attentes, donc.

Un bouc noir avec quelques dégradés de gris tirant quelque peu sur le verdâtre, un logo rouge bien hérissé, un nom absurdement agressif et un titre parfait. Black Metal Warfare. Ou comment décrire la musique de Blasphemy en trois mots. Passé l’introduction guerrière qui rappelle énormément le « Silvester Anfang » de Mayhem, la première piste débarque. Batterie dévastatrice, riffs de guitare assassins et même un rien épiques, et surtout les beuglements de Black Winds qui s’époumone comme sur Fallen Angel of Doom. Le monstre a gardé tout son coffre et sa puissance au fil des années, et balaye tout sur son passage avec cette voix si particulière. Pas vraiment un growl profond et caverneux, mais plutôt des éructations primaires et arrachées d’une gorge poisseuse de haine.

Que ceux qui ne peuvent supporter la production du premier album culte de Blasphemy ne détournent pas les yeux ! Blasphamagoatchrist possède une production bien plus audible, puissante, crasseuse et âpre tout en restant lisible. Les pistes sont courtes, menées pied au plancher, entrecoupées de quelques samples qui plongent dans un climat de dévastation et de guerre totale. Des hurlements, des flammes crépitantes, des nappes de clavier profondes et quelques rafales d’armes à feu… Rien que du très classique, mais parfaitement adapté à la musique de l’entité.

À propos de Blasphemy, on a souvent entendu que « les riffs sont inaudibles, et ils n’ont de toute façon aucun intérêt ». C’est bien sûr faux, mais passons. Les riffs de cette démo sont tous, et je dis bien tous, excellents. Volontiers thrashisants, toujours aiguisés et violents au possible, ils arrivent à vous transpercer la moelle pour déverser de la violence à l’état pure dans vos tripes. Les assauts de guitare et de batterie constants viennent fouiller dans les méandres de l’ADN pour faire remonter à la surface les pulsions les plus bestiales héritées du fond des âges. Il n’y a rien à faire, Blasphamagoatchrist est plus fort, plus fort que tout ! Il vous laisse pantelant, le souffle court, la bave aux lèvres et les poings crispés. Quelle violence, bon sang, quelle somptueuse violence !

La guerre, le feu, les armes lourdes et la Bête. Voilà le credo de toute une frange du black metal, le bien nommé war black metal. Noble discipline fondée par de grands noms comme Blasphemy, Beherit et Von, elle aura pourtant connu une sacrée palanquée de groupes sans talents, se contentant de bourriner sans réfléchir. Blasphamagoatchrist fait exactement la même chose, mais en bien. Il n’a pas besoin de réfléchir. La brutalité, c’est ce qui le définit. Toute cette démo est une merveille, composée avec un talent incroyable et plongée dans une atmosphère sublime. Blasphamagoatchrist ne trahit pas les grands piliers rétrogrades du war black, mais met simplement en œuvre un savoir-faire supérieur appuyé d’une authenticité palpable. La même authenticité qui manque d’ailleurs à Blasphemy depuis quinze ans.

Black Metal Warfare est parfait. L’exacte parangon de ce que chaque amoureux de violence et de guerre totale recherche dans le war black. Nul doute que cette démo fera date dans l’underground. Reste à confirmer que ce coup de maître pourra être réitéré sur album, et que le groupe partira à l’assaut des scènes européennes. Qu’on se le dise, les boucs au masque à gaz ont encore de beaux jours devant eux !

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