Live Report – Toxic Holocaust + Sublime Cadaveric Decomposition – Gibus Live

Si votre serviteur s’était avoué vaincu par la chaleur étouffante le mardi 7 août et avait renoncé, la mort dans l’âme, à se rendre au concert de Diocletian, il n’était pas question une seule seconde de manquer la date de ce samedi 11 août au Gibus, qui annonçait Toxic Holocaust, ou le groupe le plus efficace et jouissif du monde. Surtout que les américains étaient accompagnés par nos piliers nationaux de Sublime Cadaveric Decomposition, que l’on ne présente plus depuis des années. C’est donc frais et dispo que votre serviteur se rendait à République pour l’ouverture des portes prévue un peu avant vingt heures.

D’emblée, la salle est assez remplie. Il faut dire que les deux groupes prévus peuvent se vanter d’une solide popularité et assurent leurs arrières avec le choix d’une salle renommée. À vue de nez, quelque chose comme une grosse centaine de personnes est réunie ce soir au Gibus. Sitôt votre serviteur entré dans la salle, SCD entame son concert. Et tout de suite, surprise. Pas de basse. Seb, Dagulard et Guillaume ne sont pas accompagnés d’un bassiste live, et font front sur la haute scène du Gibus. Le groupe est très chaudement accueilli, juste rançon de plus de vingt ans de grind tout simplement exceptionnel et d’un contact jovial omniprésent avec son public.

Les hostilités commencent très vite, Seb s’époumone avec une conviction qui fait plaisir à voir, Guillaume tient seul toute la partie mélodique à l’aide de sa Gibson sans faillir une seule seconde, et Dagulard cogne joyeusement et avec entrain sur son set. La bonne humeur est vraiment palpable, le groupe est ravi de jouer, le public ravi de l’écouter. On notera d’ailleurs un son très correct, chose qui a surpris votre serviteur qui avait gardé un mauvais souvenir du Gibus à cause d’un concert désastreux de Déluge en 2016.

Alors bien sûr, on regrette l’amplitude de son supplémentaire qu’aurait apporté une basse, et votre serviteur aura l’impression que les morceaux auront été légèrement ralentis par rapport à leur rendu sur disque. Le dernier et excellent album est d’ailleurs bien mis à l’honneur, mention spécial au monstrueux « Sabbat Nights » joué en fin de set, qui balaye tout sur son passage. Après trois quart d’heures de grind/death parfait, le groupe se retire sous les protestations du public, réclamant une ration supplémentaire de graisse et de grognements. Rien à redire, concert follement enthousiasmant et enjoué au possible. On regrette simplement un petit surplus de furie. Sublime Cadaveric Decomposition, indétrônable patron du grindcore français, et l’assurance de passer un moment d’exception !

Pas le temps d’en perdre, le temps de se prendre une bière et Toxic Holocaust commence déjà à faire ses balances. La crinière blonde platine de Joel Grind vient rapidement faire son apparition. Le leader armé de sa basse arbore toujours sa tête de gamin qui aurait grandi trop vite avec ses bonnes joues roses, et sourit volontiers en saluant son public. Son batteur et son guitariste prennent vite place à ses côtés. Après quelques minutes, le concert est lancé sur « War is Hell », tube irrésistible du groupe. Pas de surprise, votre serviteur est de toute façon un adepte convaincu de cet holocauste-là.

C’est simple, c’est rapide, c’est parfait ! Des riffs black/thrash envoyés le couteau entre les dents sur des rythmiques nerveuses et primaires, le tout porté par une énergie punk viscéral. Mélangez les débuts de Sodom et Bathory avec du Venom, du Hellhammer et une grosse louche de Discharge, et tout est là ! En résumé, ce qui se fait de mieux dans le metal. Les cultes « Waaar … Is Fucking Hell !! » du titre sont repris par tout le public, ce qui a l’air de faire plaisir à Joel. Il se fendra d’un petit speech bien énervé de quelques secondes entre chaque titre, avant d’envoyer ses riffs venus d’il y a trente-cinq ans à la figure de tout le monde. Là encore, le son se fait correct, avec cependant une guitare sonnant un peu froide et surtout un problème sur la basse de Joel qui lâchera ponctuellement des espèces de larsens sourds très désagréables.

Aucune trêve, la fosse devient vite un chaos auquel se mêlera votre serviteur pour toute la durée du concert. La magie du thrash assombri au black et rouillé au punk ! Le paroxysme sera atteint avec « Nuke the Cross », morceau absolument dévastateur qui verra toute la salle hurler « NUKE THE CROSS » à l’unisson. Un grand moment de sueur, de violence et d’agression. Après ce sommet, Joel et son acolyte guitariste quittent momentanément la scène, pour rapidement venir jouer un rappel. « Bitch » part comme un ouragan et fait se soulever la salle pour les quelques minutes finales du concert.

Finalement, le groupe se retire, après avoir salué son public. C’est à ce moment-là que l’on s’apercevra communément que le concert n’aura pas duré plus de trente-cinq minutes, soit moins que sa première partie… Un peu gonflé de la part de Garmonbozia de faire payer vingt euros son concert pour une tête d’affiche qui n’aura joué qu’un peu plus d’une demi-heure…

Votre serviteur rentrera donc chez lui à vingt et une heure trente (!), couvert de sueur et contusionné, mais ravi et transporté par cette décharge de violence et d’énergie. Sublime Cadaveric Decomposition aura été à la hauteur de sa réputation et ne peut décidément jamais décevoir, et Toxic Holocaust enfonce un énième clou dans l’étoffe déjà bien bardée de sa réputation. Un groupe de cette trempe en live, c’est simplement exceptionnel. N’hésitez pas une seule seconde si les américains passent près de chez vous, il s’agit sans conteste d’une des meilleures entités live de la scène actuelle. Une très bonne soirée, scandaleusement courte, mais intense et jouissive au demeurant.

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