Live Report – Incantation + Defeated Sanity + Skinned + Atavisma – Paris

écrit par Maxime
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En ce vendredi 15 mars, l’occasion était donnée au public francilien d’assister à une soirée death metal qui promettait son lot de sensations fortes. Avec une affiche composée de pas moins de quatre groupes, dont l’immense Incantation, dont l’influence absolument titanesque sur la scène death metal est trop souvent mise sous silence. C’est à l’occasion d’une tournée (rassemblant donc Incantation, Defeated Sanity et Skinned) que le concert prit place au Gibus Live, et il s’agissait d’ailleurs du tout premier. Les parisiens d’Atavisma, forts de la sortie de leur premier album longue durée en juillet dernier, étaient quant à eux conviés afin d’assurer la première partie.

En raison du début précoce des hostilités, à savoir aux alentours de six heures et demie, la salle du Gibus, située non loin de la Place de la République, est très clairsemée au moment où les musiciens d’Atavisma investissent la scène pour asséner leur doom death d’excellente facture. Un peu dommage que l’horaire soit défavorable au groupe de la sorte, mais la soirée ne pouvait apparemment pas se dérouler plus tard. C’est donc devant une assemblée passablement timide que le quatuor entame sa prestation, majoritairement composée de titres du dernier album, mais pas uniquement, comme en témoigne la présence de “Martyrewomb” sur la setlist, titre ayant été composé pour la compilation We are French, Fuck You Vol.2.

Comme on pouvait légitimement s’y attendre, la lourdeur de la musique du groupe prend aux tripes très rapidement, et la rythmique permet de sublimer le tout avec beaucoup d’efficacité. Le son est globalement bon, même si on aurait sans doute aimé que les chants de L. soient davantage mis en avant dans le paysage sonore. Les musiciens prennent visiblement beaucoup de plaisir sur scène, même si G. se démarque aisément en martyrisant sa guitare à l’envi pour accentuer les saturations crachées depuis les amplificateurs. Quatre ou cinq titres et une demi-heure de musique plus tard, le groupe clôt les débats.

Étant moi-même friand du style d’Atavisma, j’ai particulièrement aimé cette excellente entrée en matière, bien qu’un ou deux titres en plus n’auraient pas été de refus. Juste le temps de se rincer la gorge que c’est au tour de Skinned de prendre place devant le public, qui sera d’ailleurs le premier des trois groupes de la tournée à rugir ce soir. Après avoir pris place sur scène, une brève annonce pour préparer le public, et voici que le combat commence. Fort de son brutal death metal très efficace, Skinned élève un peu le niveau d’agressivité. Là où Atavisma s’est montré oppressant, Skinned se montre plus virulent et dévastateur.

Un peu plus conséquent que devant Atavisma mais pas très remuant pour autant, le public semble en tout cas apprécier cette escalade de violence au sein de la soirée. Les titres paraissent très courts et déversent leur haine de manière très vive. Toujours rien à dire sur le son, qui permet d’apprécier la prestation du groupe du Colorado sans fausse note. À nouveau, le set semble très court et s’achève après à peine plus d’une demi-heure de joyeusetés. Tout le monde, y compris les musiciens, aura pris beaucoup de plaisir.

Alors que la salle se remplit enfin comme il se doit, les balances se font rapide afin de laisser la scène à Defeated Sanity, groupe qui ne m’évoque personnellement pas grand chose mais dont la capacité à faire bouger les foules m’attire près de la scène. Le show démarre pour les allemands, et ces deux choses se confirment, à savoir que musicalement je n’aime pas particulièrement ce groupe, mais aussi que la fosse réagit de manière fort instinctive aux vociférations de Josh Welshman et à la rythmique ravageuse du groupe.

Bien que le death technique de Defeated Sanity ne m’atteigne guère, force est de constater que le climat a beaucoup changé avec l’arrivée sur scène des allemands, qui dégagent énormément de prestance, et ce malgré une scénographie quasi-inexistante. Les musiciens parviennent à capter l’attention sans mal et Josh harangue toujours plus la foule, qui ne manque pas de s’agiter proprement, ou du moins dans le cas d’une demi-douzaine de spectateurs en mal d’adrénaline.

Je retiendrai donc l’ambiance plutôt que la musique, mais il s’agit en tout cas d’une répétition parfaite avant l’entrée en scène des cadors de la soirée, les membres d’Incantation. Les adjectifs manquent toujours lorsqu’il s’agit de qualifier la musique des américains, tant leur travail fangeux a marqué la scène death de son empreinte. Un rouleau compresseur, voilà ni plus ni moins que le terme parfait pour qualifier la la discographie du groupe. C’est donc avec ces attentes énormes qu’une bonne partie du public se masse littéralement devant la scène, avec l’espoir de ressentir pleinement ce que le groupe est capable de produire.

Pour être bref, ça n’a pas loupé, et Incantation s’est montré plus que digne de sa réputation. En proposant une setlist balayant sa discographie dans les grandes largeurs, le groupe avait de quoi nourrir correctement un public désormais plus garni que jamais. Et ce même public ne n’est évidemment pas fait prier pour profiter à sa manière des sombres hostilités proposées par le groupe. Telle une infâme masse grouillante, la fosse n’a jamais désempli et était toujours très remuante.

Peu voire pas de problèmes techniques, un son quasi-parfait, une ambiance des grands soirs, et surtout une aura incroyable. Car au-delà de sa prestation très solide, Incantation a montré qu’il était encore un grand de la scène death malgré le poids des années. Une prestation évidemment plus longue que les précédentes, mais qui, encore une fois, semble avoir duré infiniment moins longtemps. La marque des concerts de qualité, pourra-t-on dire.

Des attentes très élevées se situaient autour de la tenue de ce concert, et les quatre groupes auront répondu présent. Avec ou sans la manière, avec ou sans le soutien indéfectible du public, mais qu’à cela ne tienne, il y avait ce soir-là à boire et à manger, et qu’on me jette la première pierre si quelqu’un ne s’est pas senti attiré vers l’abîme à un moment de la soirée.

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