Peste Noire – La Chaise-Dyable

écrit par Maxime
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Pays : France
Genre : Black Metal
Label : La Mesnie Herlequin
Date de sortie : 28 Avril 2015

Bien connu en France et en dehors, comme Famine aime curieusement de plus en plus à le répéter, Peste Noire s’est bel et bien dégagé, ces dernières années, comme l’une des formations de l’hexagone qui comptent sur la scène black metal. Si ça n’est pas uniquement pour raisons musicales, force est de constater que les albums de Peste Noire, jusqu’à la sortie de La Chaise-Dyable, avait su trouver un public assez conséquent. Et c’est ainsi qu’en 2015, Famine sortit ce sixième album, qui s’est assez rapidement distingué de ses prédécesseurs par un poignant récit de la vie rurale. Oui mesdames et messieurs, La Chaise Dyable sent les labours et l’isolement, et il s’agit probablement là de sa plus grande force.

Un an après la sortie d’un split ayant reçu un accueil mitigé, voici que cet album plutôt particulier voit le jour. D’emblée, la pochette donne le ton, on n’y voit ni plus ni moins que la cuisine de Famine derrière un filtre violacé et terne. Pourquoi pas. Toujours est-il que l’auditeur n’a pas encore mis les pieds dans cet album qu’un regard perplexe s‘affiche déjà sur son visage. Non, La Chaise-Dyable (déformation du nom de la commune de La Chaise-Dieu, en Haute-Loire) n’est pas particulièrement dans la lignée des précédents albums de Peste Noire, et pourtant, rarement le groupe aura livré un album aussi saisissant, et ce à plus d’un titre.

Composé de sept titres (parfois bien différents les uns des autres) pour trois quarts d’heure de musique, l’album affiche une variété intéressante. Mais ce qui fait de La Chaise-Dyable un album à part est indubitablement le ton fangeux et plaintif qui est adopté du début à la fin. De manière plus ou moins prononcée selon les titres, mais de manière toujours bien présente, une espèce de climat boueux et hostile réside en cet album, et un titre cristallise à lui seul toute la colère et la solitude qui sont contées. Au risque d’aborder un peu vite le coeur de l’album, c’est bel et bien le presque-titre éponyme qui donne des frissons à chaque écoute.

C’est une complainte, une véritable élégie. “À la Chaise-Dyable” n’est absolument pas le titre de black metal français du groupe lambda. Rythmique lente et guitare gémissantes, tous les ingrédients mis dans ce titre sont là pour souligner des paroles larmoyantes mais incroyables de force. La terre, la campagne, le froid, la vie rurale, l’éloignement, absolument tout passe dans la bouche geignarde de Famine au rythme d’une musique léthargique, comme pour souligner le caractère presque apathique et fataliste de la situation. Et le vocabulaire choisi, volontairement cru et spontané, hurle une sincérité magnifique.

Mais La Chaise-Dyable, ça n’est pas uniquement une thrène aux forts accents ruraux, c’est aussi une certaine colère. Cette dernière est particulièrement audible sur le duo “La Dernier Putsch” – “Payés sur la Bête”, et dans une moindre mesure sur “Le Diable Existe”. C’est donc toute la première moitié de l’album qui est consacrée à cette expression plus aigre et agressive d’un mal-être profond. C’est aussi à cette occasion que Peste Noire met des mots un peu plus explicits sur ses idées, preuve s’il en est avec la sortie plus ou moins récente du clip illustrant le titre “Le Dernier Putsch”.

Il est intéressant de constater une certaine évolution au sein de l’album. Une fois le titre introductif passé, sorte de calme avant la tempête, on atteint de suite une espèce de pic de malveillance et de provocation qui ira decrescendo jusqu’à “Le Diable Existe”. Ce titre fait office de transition pour préparer l’auditeur à basculer dans la partie plus mélancolique de l’album, et il le fait extrêmement bien. C’est donc suite à ce titre que l’on bascule pleinement dans quelque chose de plus doux musicalement mais de plus véritable émotionnellement, avec “À la Chaise Dyable” et “Quand je bois du vin”.

L’album se clôt ensuite sur un “Dans ma nuit” titubant et particulièrement aviné. Toujours la même franchise, mais qui est cette fois-ci provoquée par une consommation sans doute excessive de boisson fermentée. Pas le meilleur titre de l’album, mais il a au moins le mérite de proposer quelque chose d’assez neuf à l’échelle de l’album et de ne pas (trop) s’essouffler pendant huit minutes. Musicalement, l’album enchaîne les riffs très efficaces et les instrumentations plus classiques, mais là ne réside pas tout l’intérêt de La Chaise-Dyable. Si vous ne vous sentez pas capable d’entrer à corps perdu dans un album prônant l’ultra-rural, tout comme ses zones d’ombre et de lumière, alors le sixième album de Peste Noire n’est pas fait pour vous.

Un album d’une sincérité rare, voilà ce que La Chaise-Dyable inspire à celles et ceux qui se sentent touchés par son contenu. Le temps a montré que cet album pouvait être adulé comme détesté, même de la part d’adeptes du style de Peste Noire. C’est à la réception de chacun. Toujours est-il que le groupe a probablement signé son meilleur album en ce jour d’avril 2015, et il est probablement important de se rappeler au bon souvenir de cette période, alors que le groupe est aujourd’hui loin, très loin de ses positions de reclus du fin fond de la campagne française. L’isolement ne peut avoir que du bon, le feu des projecteurs beaucoup moins.

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