Infernum – Farewell

écrit par Pierrick
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Pays : Pologne
Genre : Black Metal
Label : No Colours Records
Date de sortie : 10 Mars 2005

Si le Temple of Fullmoon, et plus généralement la scène polonaise des années 1990, fait date dans l’histoire du black metal, les fers de lance comme Veles et Graveland ont occulté aux yeux du plus grand nombre certaines formations tout aussi talentueuses. Infernum en fait partie. Déjà forte d’un premier album intitulé 
Taur-nu-Fuin… (1994), cette formation comprenant les membres de Graveland nous offre en 2005 une merveille du nom de Farewell, chant du cygne d’un groupe à l’histoire tumultueuse.

« Pour conclure, nous voudrions remercier Karcharoth pour s’être suicidé après avoir compris qu’il ne méritait pas de vivre… ». Ces propos, tirés du livret de Farewell et écrits par Rob Darken et Capricornus, s’adressent à leur défunt compère Karcharoth, leader schizophrène d’Infernum, accusé d’avoir balancé les activités répréhensibles de ses anciens potes à la police polonaise. Vous êtes déjà perdu ? Il est vrai que l’histoire d’Infernum est pour le moins singulière. Incarnation alternative de Graveland formée en 1992, Infernum a sorti deux albums, dont Farewell, qui a failli ne jamais voir le jour suite à la défenestration de Karcharoth en 2004, à l’origine chanteur, bassiste et guitariste du groupe. Après avoir retrouvé les enregistrements devant servir à ce deuxième opus, les deux membres restants décident d’achever l’album, et ce malgré leur haine pour le traître Karcharoth, avant de mettre un terme au groupe. Mystique voire atmosphérique, Farewell est une véritable plongée au cœur des ténèbres.

Composé de cinq titres pour un total de trente-cinq minutes d’immersion au fin fond des abîmes, Farewell est un album proche du « style » Graveland, aussi bien pour la longueur des compositions que pour le côté presque épique qui s’en dégage. Les paroles, écrites pour l’occasion par Vitholf du groupe Fanisk, se révèlent particulièrement mystérieuses, propices à l’introspection. Mais ce qui fait la singularité de l’opus, ce sont ces atmosphères uniques, à la fois maléfiques et majestueuses, qui rendent l’ensemble particulièrement prenant. « Reverence to the Obscure » et son introduction typique du style Infernum résume à lui-seul la singularité de l’album marqué par l’usage accru de clavier et surtout ces breaks à la guitare claire, qui renforcent la noirceur des ambiances instaurées par le groupe.

Chaque morceau possède sa propre aura et nous emporte toujours plus loin au fond du précipice. Karcharoth excelle dans l’art de la mélodie imparable. Rob Darken magnifie l’ensemble par ses notes de claviers, tandis que Capricornus apporte une puissance presque primaire par son chant éraillé et son jeu de batterie pour le moins instinctif ; et soi-dit en passant complètement à côté de la plaque par moments. Parmi les morceaux les plus accrocheurs, on retiendra « Black March » et sa mélodie principale au clavier d’une beauté envoûtante. Il y a aussi « Before the Locks of Twilight », sans doute le plus représentatif de l’évolution d’Infernum entre …Taur-nu-Fuin… et Farewell. Véritable prolongement de la démarche du groupe dans son premier album, ce morceau mise moins sur la violence que sur la clarté du son de guitare, dont les accents sinistres nous emportent dans une expérience cathartique.

Il est surprenant de voir à quel point Infernum trouve l’équilibre parfait entre compositions élaborées et riffing efficace. Que ce soit « Black March » ou encore « Hisarna », l’auditeur retient non seulement les mélodies qui structurent le morceau, mais aussi ces instants de grâce disséminés un peu partout dans l’album ; l’un des plus marquants étant le break de « Black March », où la violence des blast beats laissent place au clavier soutenu par les toniques d’une basse lourde et pénétrante.

Seul petit bémol, une certaine répétition qui toutefois ne se fait pas tant ressentir, du fait des nombreuses mélodies et changement de tempos qui parsèment l’album. Bien que réussi, un morceau comme « Inverted Prayer » pourrait donner cette impression de déjà vu capable de rebuter quiconque n’accrocherait pas au style du groupe. Pour apprécier cet album, mieux vaut être sensible à cette scène polonaise qui, bien qu’ambitieuse, est susceptible de faire frémir les moins préparés, ceux-là même qui pourraient à raison ne pas adhérer à la prise de son plus que moyenne et aux patterns alambiqués de Capricornus. Mais l’essence même du Temple of Fullmoon n’est-il pas de rejeter les plus faibles d’entre nous ?

Véritable bande son de cette scène polonaise pour le moins controversée, Farewell est une œuvre à part. Dernier album d’Infernum, qui est aussi l’un des derniers projets auquel va participer Capricornus avant de mettre un terme à sa carrière musicale. En un mot, c’est un album profondément habité, et placé sous le signe du crépuscule. Qui sait les démons qui hantèrent Karcharoth au moment d’écrire les premières notes de cet album culte ? On ne le saura malheureusement jamais.

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