Issfenn – Mordwand

écrit par Pierrick
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Pays : Canada
Genre : Black Metal
Label : Hvergelmir Records
Date de sortie : 26 Avril 2019

Formé à Montréal il y a quelques années maintenant, Issfenn est un groupe peu connu en Hexagone. Ayant pour particularité d’avoir sorti un premier opus sans même être passé par la case démo, Xost et Vitrid ont pris cette fois leur temps pour Mordwand, sorti huit ans plus tard. Tournant dans l’évolution musicale du groupe, Mordwand est une belle réussite au sein de cette scène canadienne pour le moins riche en talents.

On en sait finalement très peu concernant Issfenn. Très certainement adeptes des classiques de la scène black metal norvégienne des années 1990, Darkthrone en tête, Xost (guitare, voix, basse) et Vitrid (batterie, voix, basse, piano) ne se cantonnent pourtant pas au tremolo picking et au blast beat bête et méchant comme de nombreuses formations récentes du même acabit. Issfenn, premier album sorti sur Hvergelmir Records en 2011, était une belle découverte malgré le style assez brut de décoffrage, parfois fouilli du groupe.

Si certains morceaux laissent un goût amer, tant la surabondance de riffs ou le manque de personnalité gâchent quelque peu le rendu final de l’opus, on y décelait néanmoins quelques mélodies accrocheuses, propices à aiguiser notre curiosité pour ce Mordwand. Un tel laps de temps, à savoir huit années d’un travail qu’on imagine acharné, ne pouvait que permettre une progression dans l’approche artistique de ce groupe de black pur jus aux efforts de compositions certains. C’est chose faite.

Pas le temps de niaiser comme on dit, avec “White Death” et sa mélodie renversante jouée au tremolo picking. Violence et travail mélodique sont au rendez-vous. Une certaine spontanéité se dégage de cet enchaînement de riffs, bien que l’un des défauts de l’album se fasse sentir d’entrée, le son de batterie. Mais pas de panique, la grosse caisse en carton et le son de caisse claire pour le moins aseptisé ne peuvent totalement gâcher ce premier morceau plus que prometteur quant à la suite de l’opus. “Saturn Return” et “Within Its Throat of Ice” s’inscrivent dans la même veine en alliant violence et mélodicité, tremolo picking ravageur et variété apportée par Vitrid, dont le jeu de batterie est moins aléatoire, pour ne pas dire bien plus maîtrisé que sur le premier album.

Même si les hurlements de Xost, pouvant passer du cri strident au growl profond, ne constituent pas une singularité dans le genre, ils sont parfaitement servis par la puissance apportée par la guitare, véritable point fort de l’album, tant la prise de son est nickel. Le riff d’introduction de “Within Its Throat of Ice” prend véritablement aux tripes et souligne la force du groupe, qui, sans être foncièrement original, nous délivre un black metal accrocheur aux rythmiques variées, et sans aucun temps mort.

Puis vient “Down in the Abyss, Roar the Satanic”, morceau dans une veine plus death metal et au refrain que l’on chanterait presque à tue-tête. Ce morceau est intéressant car non seulement il se distingue des précédents, mais il permet aussi de souligner les influences metal au sens large clairement perceptibles. Le groupe n’hésite pas à alterner tremolo picking, palm mute et autres tips caractéristiques du thrash et du death, à l’instar du pattern de batterie simple et ultra efficace du titre en question. Le naturel d’Issfenn revient au galop, et ce pour notre plus grand plaisir. D’ailleurs, “The Feast” s’inscrit pleinement dans cette lignée par son riff en palm mute qui donnerait presque envie de casser des bouches.

On distingue très clairement une première partie d’album marquée par des morceaux dans une pure veine black metal et une seconde plus inattendue, privilégiant d’autres rythmiques bien que l’on retrouve à chaque fois les fameux blast beat si chères à nos cœurs. “Freefall in the Wishing Well” et “Thorns” apportent une certaine variété par l’emploi de guitares claires lors de certains passages des morceaux, eux-mêmes caractérisés par l’usage de rythmes asymétriques ; singularité que l’on retrouve par ailleurs tout au long d’album.

Finalement, “Throne of Frozen Blood” constitue en quelque sorte un retour aux sources où l’on retrouve ces mélodies imparables jouées en tremolo picking qui permettent de conclure l’album de la plus belle des manières. Après un peu moins de trois-quarts d’heure, Mordwand s’achève sur une note plus que positive. On remarquera d’ailleurs les quelques notes de piano qui concluent l’album et qui nous feraient presque regretter de pas en avoir entendu davantage. Difficile en tous cas de ne pas reconnaître que le groupe a pris du galon dans son travail de composition. Issfenn a bien grandi, c’est certain.

Véritable pas en avant, Mordwand est un bon album où le style du groupe est bien mieux exploité. Issfenn est un groupe efficace dont la singularité est à chercher dans ces petits de détails que l’on retrouve tout au long de l’œuvre. Le groupe semble bien plus à l’aise dans le travail de composition, digère un peu mieux ses influences, et bien évidemment, accroche davantage l’oreille. Issfenn réussit donc à rester ce qu’il est tout en s’améliorant. Un deuxième album prometteur.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://www.youtube.com/watch?v=UGWXckS6RtA » align= »center »][/vc_column][/vc_row]

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