Live Report – Les Chants de Nihil + Bovary + Archean – Paris

écrit par Maxime
0 commentaire

Il fallait avoir un certain courage, en ce samedi 11 mai, pour braver les éléments et se rendre au Klub, Paris ayant souffert d’intenses pluies dans la semaine et toute la journée. Mais il faut également souligner que l’association Ondes Noires, jamais en reste pour faire vivre le black metal dans la capitale (et ailleurs), avait proposé une affiche fort sympathique au coeur du weekend, composée des trois groupes français Les Chants de Nihil, Bovary, et Archean. De quoi passer une soirée tout à fait décente pour une somme raisonnable, et un certain nombre de spectateurs aura d’ailleurs répondu favorablement à l’invitation pour garnir le sous-sol du Klub.

Fort heureusement pour le confort de chacun, la pluie décide d’épargner Châtelet au moment de l’ouverture des portes du Klub, fixée vers dix-huit heures trente. L’ambiance est déjà au beau fixe à l’intérieur, et chacun s’attèle à saluer ses compères de soirée. La scène est déjà prête en vue de la prestation d’Archean, tant et si bien que les cinq musiciens investissent la scène rapidement, comme impatients d’ouvrir les hostilités. Curieux et déjà en nombre respectable, le public abonde pour assister au premier set de la soirée.

Premier constat, le Klub (comprendre le son) se montre toujours aussi peu aimable vis-à-vis de la musique des groupes qui se produisent en ses murs. Rien de bien alarmant, mais malheureusement pour les musiciens présents sur scène, il est difficile de discerner qui fait quoi et à quel moment. On retient malgré tout une certaine prestance chez Archean, notamment de la part de Dwimorberg, qui révèle un certain coffre au micro, ainsi que l’atmosphère très agréable tissée par le groupe au fil de ses titres, un peu moins de dix au total. Les spectateurs ont également droit à quelques titres n’apparaissant pas sur le premier EP éponyme du groupe, en l’occurrence “The Poor” ou encore “Wasteland”.

Une très bonne surprise en ce qui me concerne, l’écoute de l’EP Archean ne m’ayant pas particulièrement enthousiasmé, mais il faut avouer que l’expérience sur CD diffère quelque peu de l’expérience live dans le cas du groupe bordelais. Une solide entrée en matière donc, par ailleurs saluée par le public, avant la prestation de Bovary. Un rapide changement de matériel est opéré par les différents membres de ce dernier et la scène est à nouveau prête en un rien de temps. De nouveau, cinq artistes se retrouvent tant bien que mal sur scène, jouant des coudes pour être en mesure de jouer convenablement sans gêner le voisin.

Les choses sérieuses démarrent avec “Mes Racines dans le Désert” et le subtilement nommé “Ta Vie Mes Chiottes”, qui sont également les deux titres marquant l’entrée en matière de l’unique démo du groupe. On remarque d’ailleurs que les riffs les plus mélancoliques du deuxième titre en question rendent particulièrement bien en live. Le son n’est pas meilleur que pour Archean, mais pour tout vous dire on l’oublie un petit peu. La chose est malheureusement renforcée par les quelques solos qui sonnent faux au cours de la prestation. On a quand même un peu de peine pour Lilas et Petri, dont les chants sont quasiment inaudibles.

C’est dommage lorsque l’on sait que les chants sont plutôt réussis sur la démo, mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas… Et encore, on parle ici des chants éraillés, parce que les chants clairs s’apparentent clairement à du playback. Pour revenir à la prestation en elle-même, il est agréable de constater que la musique de Bovary se montre plus puissante en concert, plus tenace d’une certaine manière. Attention toutefois à la baisse de régime, le set a démarré fort mais a tendance à s’essouffler sur la fin. Mention spéciale (ou pas d’ailleurs) au deux spectateurs ayant entamé une espèce de moshpit désastreux sur “Prière à l’Infâme”, soit un titre résolument sombre et morose. Le public metal dans sa splendeur.

Encore une fois, un sentiment positif domine suite à la prestation aboutie de Bovary. J’étais personnellement curieux de découvrir le groupe sur scène, et ce dernier a proposé quelque chose de très agréable. Une fois que les musiciens ont déserté la scène, l’habituel ballet d’artistes reprend son cours pour faire les changements qui s’imposent, et voici le moment venu pour les bretons de Les Chants de Nihil de clore les débats à l’aide d’un black metal généralement très bien dosé.

Au fil des mois, il est toujours un peu plus surprenant de voir le groupe se produire en live alors qu’il n’a rien sorti d’inédit depuis maintenant quatre ans. Pas que cette perspective soit désagréable en soi, loin s’en faut, mais peut-être que certains groupes plus actifs méritent autant sinon plus d’exposition. Toujours est-il que le groupe revient sur les terres qui l’ont vu naître sur scène, en 2011, comme Jerry le rappelle au cours du set. Pour la symbolique, on valide. Pour le reste, les musiciens font ce qu’ils savent faire de mieux, asséner un black metal très enveloppant qui fait mouche auprès du public, massé devant la scène de manière bien plus conséquente que pour les deux premiers groupes.

Si Bovary avait procédé decrescendo, il faut cette fois-ci attendre le solide duo composé des titres “Roule et Enrôle” et “Nouveau Domaine” pour que le groupe atteigne l’apogée de sa prestation, et cette dernière ne faiblira d’ailleurs pas et proposera moins de dix titres à un rythme proprement effréné. Grâce à son ambiance enveloppante et à ses riffs ravageurs, les bretons n’ont aucun mal à se mettre le public dans la poche. Beaucoup de maîtrise se dégage par ailleurs de la prestation de Les Chants du Nihil. Après avoir feinté la fin du set, les musiciens en remettent finalement une couche avec “Rideau de Chair”, moment choisi par le public pour partir dans une authentique partie de bowling qui voit le micro et un amplificateur valser au milieu de la scène. C’est ce qu’on appelle finir en beauté.

La soirée est passée vite, force est de le constater, et si l’affiche ne proposait rien de vraiment rutilant, les trois groupes en présence ont mis les petits plats dans les grands pour proposer quelque chose de grand à un public qui s’est déplacé en nombre pour l’occasion. Dans le cas de Bovary et d’Archean, une carrière respectable peut se profiler à l’horizon, les deux groupes sont ainsi à surveiller. Et pour nos partenaires d’Ondes Noires, c’est une nouvelle soirée réussie qui a été proposée au public parisien.

Laisser un commentaire