Saor – Forgotten Paths

écrit par Maxime
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Pays : Royaume-Uni
Genre : Folk Black Metal / Post Black
Label : Avantgarde Music
Date de sortie : 15 Février 2019

Deux ans et demi après la sortie de son troisième album, intitulé Guardians, le projet solo écossais Saor, propriété d’Andy Marshall, a révélé au coeur de l’hiver Forgotten Paths. Un quatrième album longue durée qui a fait forte impression de la part d’un projet qui compte toujours plus d’adeptes. À défaut d’avoir un style qui lui est propre, Saor peut se targuer de ne jamais avoir fait de faux pas, et pourtant le risque est grand avec la musique qui est la sienne depuis la sortie de Roots en 2013. Saor est revenu parmi nous au mois de février, et ne semble pas décidé à s’arrêter de grandir.

On m’a récemment glissé que toutes les pochettes de Saor se ressemblaient. Sans aller jusque-là, il est vrai que les quatre albums du projet écossais jouissent d’une identité visuelle particulièrement enchanteresse, la pochette d’Aura étant ma favorite puisque se prêtant un peu plus aux influences celtiques que l’on retrouve dans la musique du projet. Ceci étant, celle de Forgotten Paths (dessinée par Atterigner, qui n’en est évidemment pas à son premier coup d’essai) vaut le détour et donne assurément envie de jeter une oreille sur l’album qu’elle illustre. Et en toute honnêteté, il ne s’agit pas là d’un appât vous guidant vers quelque chose de décevant.

Saor a toujours plus ou moins eu cette faculté à produire un black metal atmosphérique de qualité sans rendre le tout trop édulcoré. Et la chose est d’autant plus respectable que l’artiste aime ajouter à sa musique de nombreuses touches post-black. Forgotten Paths ne fait pour ainsi dire pas de détails et ne déroge d’ailleurs pas à la règle. Son titre introductif, le titre éponyme, s’ouvre d’emblée sur un riff grandiose soutenu par une rythmique plutôt rapide, et la magie fait son apparition alors que l’album commence à peine. Fidèle à ses habitudes, Saor parvient à faire du beau en restant énergique, et les chants de qualité viennent nous rappeler, non sans provoquer un certain plaisir, la violence de la musique du projet.

Chez Saor, rien n’est à jeter, chaque petite sonorité a sa place au coeur d’une vaste mécanique (par ailleurs fort bien huilée) qui a pour but de faire voyager et d’émouvoir l’auditeur. Et on peut dire que c’est très réussi. De plus, grâce à la longueur des titres en présence (“Exile” mis de côté), le charme se permet de durer et fait littéralement rêver. On retiendra en premier lieu le fabuleux titre éponyme, divisé pour ainsi dire en deux parties très complémentaires. Il est un peu dommage d’une certaine manière que le meilleur titre de l’album soit le premier de la liste, mais il permet d’instaurer une atmosphère absolument incomparable qui ne faiblira pas avant la fin de l’album. Prodigieux.

Le côté folk du projet est exploité à merveille, principalement avec la présence de sonorités à la flûte, mais aussi avec celle d’instruments à cordes (serait-ce de la harpe ?), que l’on entend dans le splendide titre “Exile”, qui clôt l’album sur une note acoustique de toute beauté. Les superlatifs me manquent pour exprimer à quel point ce titre offre l’opportunité à l’auditeur de lâcher prise pour se laisser doucement porter vers les contrées verdoyantes et venteuses de l’Écosse. “Exile” est d’une douceur rare, et ferait presque naître une certaine tristesse liée à la fin de l’album. Quel dommage que les quatre minutes de musique qu’il propose passent aussi vite.

Les deux titres centraux que sont “Monadh” et “Bròn” se fondent un peu plus dans l’ensemble, bien que le premier nommé offre également son lot de mélodies et d’émotions, notamment vers la troisième minute, avant de se clore un peu plus tard au son des violons et des guitares survoltées. Soulignons également l’efficacité des chants clairs disséminés çà et là sur l’album. Andy Marshall a d’ailleurs invité l’ami Neige à poser sa belle voix sur “Forgotten Paths”. Que dire de plus sur cet album, sinon qu’il porte comme rarement un album de black metal atmosphérique a porté ?

Forgotten Paths s’écoute encore et encore jusqu’à l’ivresse. Le risque de tomber dans l’artificiel et le grandiloquent était – encore une fois dans le cas de Saor – immense. Mais, comme à son habitude, l’artiste écossais a brillamment surmonté l’obstacle en livrant un album d’une qualité rare. Forgotten Paths fera assurément date dans la carrière du projet, et prouve définitivement, si cela était nécessaire, que Saor est une référence absolue parmi les références absolues. On attendra la suite avec beaucoup d’impatience, mais seulement une fois que l’on aura usé comme il se doit le vinyle de ce nouvel album sur les platines.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://youtu.be/TlfK8VCuLuE » align= »center »][/vc_column][/vc_row]

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