Darkthrone – Old Star

écrit par Dantefever
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Pays : Norvège
Genre : Black/Heavy/Doom Metal
Label : Peaceville Records
Date de sortie : 31 Mai 2019

Il existe deux manières d’aimer Darkthrone. Il y a ceux qui vénèrent le groupe sur sa Unholy Trinity, et on les comprend. Et puis il y a ceux qui aiment Darkthrone pour ce que le groupe représente dans son intégralité, cette entité dont la première apparition est à dater de 1986, et qui a depuis embrassé le metal dans sa plus pure authenticité, dans sa nature la plus profonde. Votre serviteur fait partie de la seconde catégorie.

Il faut quand même réaliser quelque chose d’assez extraordinaire. Certaines personnes continuent encore de nos jours à attendre de Fenriz et de Ted qu’ils sortent un nouveau Transilvanian Hunger. Oui, ces gens existent bel et bien, et je suis très triste pour eux, puisque cela n’arrivera jamais. Et tant mieux, en fait. D’ailleurs, on aurait le droit de penser que ces braves gens sont en fait fans de albums mentionnés, et pas réellement du groupe. Si votre serviteur continue d’adorer Darkthrone et de guetter chacune des nouvelles sorties du groupe, c’est parce que celui-ci est bien, bien plus que le géniteur de trois albums de légende au début des 90’s. Non, si votre serviteur est fan de Darkthrone pour tout ce qu’il est, c’est pour la garantie de se manger une grosse dose de metal traditionnel composé à l’ancienne, avec un état d’esprit et des méthodes l’ancienne, par des gars à l’ancienne. Tout y est passé ! Du death au black pur, en passant par le punk/speed déglingué et par le heavy traditionnel, pour aller s’échouer dans le doom sur Arctic Thunder. Les deux norvégiens dosent à chaque fois leur nouveau disque en fonction de leurs envies, piochant dans les styles qui les ont nourris. Et sur Old Star, ils ont sans doute sorti leur album le plus bâtard.

Bon, alors déjà, et avant toute chose, tout est parfait sur ce nouveau Darkthrone sans même avoir posé les oreilles dessus. L’artwork est superbe et vaut vraiment le coup d’obtenir l’objet en vinyle. Et puis ce nom… Darkthrone, c’est exactement ça. Une vieille étoile qui a vu passer des années et des années de révolutions astrales, de remous cosmiques, de naissances et de disparitions de corps célestes pour demeurer toujours seule dans son coin, garante de la mémoire de cet univers qu’elle a traversé. Un pilier, un repère, un point cardinal. Darkthrone, c’est l’Étoile polaire du monde du metal.

Six pistes, trente-huit minutes. Là aussi, format parfait. La composition a été partagée en deux, pour que la patte de chacun des deux musiciens puisse se faire entendre à égale mesure. Et en parlant d’égales mesures, Old Star mélange sans jalouseries le doom, le heavy et le black. Un croisement entre leurs deux avant-dernières sorties, en fait. On retrouve des influences Candlemass particulièrement marquées, notamment sur « Alp Man » avec ses riffs lents, répétitifs, simples et majestueux, épiques sans faire dans le pompeux. Le premier riff aurait d’ailleurs pu se trouver sans problème sur Nightfall. La voix de Ted est particulièrement appréciable, adroitement sous-mixée et caverneuse durant tout l’album, et vient habiter impeccablement les compositions. Darkthrone a l’art du dosage. C’est d’ailleurs toute la force du groupe, savoir se garder d’une approche proprette et calibrée de la musique tout en se révélant très carré et professionnel à l’écoute. En témoigne cette production qui sonne vraie, vibrante, authentique et mettant à l’honneur tous les instruments. Tout sonne bien, à sa place, discernable et adapté à la musique jouée.

Ceux qui se plaignent de ne plus avoir de « vrai » black metal chez Darkthrone risquent d’ailleurs d’être assez surpris ici. Deux pistes en particulier remettent les riffs black en trémolo picking au cœur des hostilités, à savoir « I Muffle Your Inner Choir » et « Duke of Gloat », qui font vraiment plaisir à entendre. Les mélodies de Ted sont plus caractéristiques que jamais, sonnent terriblement bien, et entraînent immédiatement. Darkthrone est à la fois efficace et atmosphérique, aussi enthousiasmant qu’efficace, sans jamais sonner fade ou sans tomber dans le compromis facile. Il n’y a décidément que lui pour arriver à un tel exploit.

Il n’y a finalement pas à circonvoluer pendant des heures autour de cette vieille étoile. Darkthrone est venu, a bu, et a vaincu. Une nouvelle fois, Ted et Fenriz sont arrivés avec leurs riffs sous le bras, ont allumé leurs instruments, enregistré leurs compositions, et sont repartis nonchalamment mener leurs vies entre rock’n’roll, cours en école élémentaire, réunions du conseil municipal et tri de colis à la poste. Zéro attitude, simplement deux gars authentiques qui ont la passion gravée dans la peau et qui garantissent la vraie nature du metal depuis plus de trente ans en venant rappeler régulièrement à tout le monde que les patrons, ce sont eux.

 

 

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