Taake – Nattestid Ser Porten Vid

écrit par Maxime
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Pays : Norvège
Genre : Black Metal
Label : Wounded Love Records
Date de sortie : 7 Janvier 1999

Bien que rarement cités aux côtés des grands pontes du black metal norvégien, Taake a eu une importance de premier ordre dans l’établissement et dans l’évolution de la scène du pays des fjords. Créé en 1995 (voire en 1993 si on estime que Thule était un préquel à Taake), le projet d’Hoest a malgré tout pris son temps avant de sortir son premier album longue durée. Une démo et un EP ont précédé le premier méfait de Taake, tant est si bien que Nattestid Ser Porten Vid n’a vu le jour qu’en janvier 1999…

Dans la mesure où la date est lointaine, on est en droit de penser que ce premier album a été sorti au même moment que bons nombre de grands classiques du black metal norvégien, mais non. Il faut garder à l’esprit qu’en 1999, la trilogie médiévale de Satyricon est déjà révolue et vieille de presque trois ans. Même chose pour le monument In the Nightside Eclipse d’Emperor, âgé de cinq ans, ainsi que pour la période black metal traditionnel de Burzum. Il faut bien comprendre que l’âge d’or du black metal norvégien est alors sur le déclin, sauf peut-être dans le cas d’Immortal, auteur cette année-là de son meilleur album, At the Heart of Winter, et donc dans le cas de Taake.

Taake, ça n’est pas un groupe dans les autres. Autant dans la démarche que musicalement d’ailleurs. Et comme Taake n’est pas un groupe comme les autres, il attend justement la toute fin des années 1990 pour sortir son premier album longue durée. Mais pour ainsi dire, l’attente fut alors particulièrement bien récompensée, tout simplement car Nattestid Ser Porten Vid peut se permettre de regarder dans les yeux n’importe quel classique du genre dans les yeux. Malgré une pochette bien kitsch, même pour l’époque, l’album dégage un petit quelque chose qu’on ne saurait définir.

Mais histoire de parler enfin musique, Nattestid… (nom alternatif que l’on retrouve notamment sur la pochette) c’est aussi un riff, un seul et unique riff qui fait entrer l’auditeur à pieds joints dans un album d’exception. Je veux évidemment parler du riff introductif de “Vid I”, qui est d’une splendeur absolue et qui fait étalage de ce que le black metal sait faire de mieux. Ce riff a d’ailleurs quelque chose de très nordique dans la mesure où l’on est habitués à entendre cela venant de groupes norvégiens ou finlandais. La science du riff c’est quelque chose que l’on maîtrise généralement mieux au nord.

Dans la plus pure tradition de l’époque, c’est la beauté et la contemplation qui ressortent de cet album. La production y est suffisamment abrasive pour rappeler qu’il s’agit d’un album de la seconde vague, mais aussi suffisamment léchée pour ne pas sortir les auditeurs de leur voyage. Le deuxième titre à dégager de l’ensemble n’est autre que “Vid III”, dont la petite mélodie qui vient se nicher entre les riffs fait montre d’une beauté mélancolique jusqu’alors plutôt absente de Nattestid Ser Porten Vid. Et petit à petit, cette mélancolie se fait de plus en plus présente, de plus en plus tenace à mesure que l’album vers l’inéluctable final.

Sur cet album, les titres proposés par Taake ont relativement tous le même format, à savoir environ cinq minutes, parfois un peu plus. Mais les deux titres finaux font office d’exception. “Vid VI” et “Vid VII” durent respectivement plus de sept et neuf minutes. Vous l’aurez compris sans mal, un titre plus long, s’il est maîtrisé correctement, permet l’installation d’émotions autrement plus fortes et plus riches. Et la maîtrise, c’est plutôt le fort de Taake. À ce titre, la mélancolie et la beauté qui ont lentement mais sûrement tissé leur toile sur les titres précédents peuvent maintenant s’exprimer sans retenue. D’abord sur “Vid VI”, mais aussi et surtout sur “Vid VII”…

Les connaisseurs et amoureux de cet album savent très bien où je veux en venir avec le titre finale de Nattestid Ser Porten Vid. Il s’agit de cette mélodie délicate à souhait qui fait son apparition à plusieurs reprises au cours du titre, pour finalement le clore sur une note émotionnelle pour le moins puissante. Et dès lors que cette mélodie a fait son effet en nos pauvres coeurs, on s’attend presque à l’entendre résonner sur chacun des titres de l’album. Comme si elle avait sa place absolument partout sur l’album, comme si elle était le seul et unique symbole de ce que Taake a voulu faire ressentir en 1999. Et grâce à une conclusion aussi époustouflante de splendeur qu’évocatrice en termes d’émotion, “Vid VII” clôt l’écoute de l’album, laissant un vide difficile à combler.

Pour Taake, 1999 était déjà l’année de la consécration. Grâce à un premier album rarement égalé jusqu’à aujourd’hui, le projet de Hoest fit une arrivée remarquée et respectée aux yeux de tous, qui n’avaient pas forcément pris connaissance des deux sorties mineures précédentes. Nattestid… n’est pas seulement un joyau du black metal norvégien, c’est un joyau du black metal au sens le plus large qui soit, un album dont devraient s’inspirer tous les jeunes groupes cherchant un minimum à faire ressentir des émotions à travers leur musique. Même Taake a eu du mal à faire aussi bien par la suite, et ce malgré des albums tout aussi incontournables. Sortir un album aussi bon, ce devrait être interdit.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://www.youtube.com/watch?v=8vQDZSQ5qQk&t=288s » align= »center »][/vc_column][/vc_row]

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