Délétère – Theovorator : Babelis Testamentum

écrit par Maxime
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Pays : Canada
Genre : Black Metal
Label : Sepulchral Productions
Date de sortie : 18 Mai 2019

Ces dernières années, parmi les groupes qui comptent sur la fameuse scène du métal noir québécois, on peut dire que Délétère a fait parler de lui. En deux ans, le groupe a mis au monde un album longue-durée et deux EP, le dernier en date étant celui qui nous intéresse ici. Fort d’un style toujours reconnaissable dès les premiers riffs et d’un De Horae Leprae dévastateur sorti l’année dernière, le groupe est assurément en position de force au moment de la sortie de Theovorator : Babelis Testamentum. Mais qui dit position de force dit aussi de grosses attentes. Le deuxième EP de Délétère répond-il à ces dernières ?

Si vous connaissez Délétère ou avez un minimum de références au sein de la scène québécoise, vous savez que le quintette a ce petit quelque chose que les autres groupes de métal noir n’ont pas. Une espèce d’ire à moitié irréfléchie qui confère à la musique du groupe cette saveur si spontanée et instinctive. Déjà présent sur Per Aspera ad Pestilentiam, ce caractère était encore plus poussé sur De Horae Leprae et a littéralement fait de l’album un incontournable de l’année 2018. N’importe qui s’attendrait donc à retrouver ces mêmes composants sur Theovorator : Babelis Testamentum, mais finalement non. Dès le premier titre qu’est “Theovoratoris Aduentus” on s’aperçoit qu’une certaine majesté mélancolique se dégage de la musique de Délétère.

Je vous l’accorde de bonne grâce, ce n’est absolument pas ce à quoi le groupe a pu nous habituer par le passé, tout du moins sur ses dernières sorties. Mais ce changement revêt un intérêt certain et pique la curiosité. L’orgue se montre déchirante, les chants sont plus habités, et la production générale qui semble également un poil plus propre. Délétère se serait-il débarrassé de ses atours guerriers pour se consacrer à une propagande plus profonde et écorchée ? C’est en tout cas criant sur ce premier titre, et “Babel Insanifusor” va confirmer à sa manière ce que l’on peut ressentir sur le titre introductif. Ce second  titre frappe dans un premier temps par son côté rock très prononcé. Il propose également un paysage un peu plus lumineux mais malgré tout porteur d’une dimension un poil triste, comme pour faire écho à la langueur du premier titre.

Délétère oblige, le riffing est toujours de qualité et offre une grande variété au sein des titres, ce qui a pour but de rendre l’EP très court dans les oreilles d’un adepte du style des Québécois. Theovorator : Babelis Testamentum se clôt par la suite sur “Milites Pestilentiae III – Babylonia Magnissima”, plus enjoué et tapageur que ses prédécesseurs, ce qui n’est franchement pas pour nous déplaire. On retrouve ici un rythme (au sens figuré) et une agressivité qui nous est un peu plus familière dans le cas de Délétère, mais sans perdre de vue l’espèce de gravité solennelle qui nous tient compagnie depuis le début de l’EP. Par son atmosphère mieux travaillée et les émotions plus véritables qu’il dégage, ce dernier titre est assurément le meilleur de l’EP et permet une fin en apothéose.

Si l’on gérait un journal sportif et non un webzine musical, on pourrait dire que Délétère est le groupe le plus en forme de la scène québécoise. Non seulement il nous gave de sorties plus excellentes les unes que les autres, mais il parvient aussi à faire évoluer son style avec une réussite qui force le respect. Difficile de savoir si Theovorator : Babelis Testamentum est un tournant stylistique dans la discographie du groupe, mais si Délétère venait à abandonner le black metal énervé qui était le sien pour partir sur quelque chose de plus pensif et éclatant, à l’image justement de Theovorator : Babelis Testamentum, nous serions probablement beaucoup à signer des deux mains.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://youtu.be/oZ7cmwTdufM » align= »center »][/vc_column][/vc_row]

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