Diocletian – Amongst the Flames of a Burning God

écrit par Dantefever
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Pays : Nouvelle Zélande
Genre : War Black Metal
Label : Profound Lore Records
Date de sortie : 16 Août 2019

Diocletian a passé pas mal de temps à jouer à cache-cache récemment. Entre les dissolutions immédiatement annulées et le très long teasing sur ce nouvel opus à sortir, on peut dire que les Néo-zélandais auront bien brouillé les pistes. Pas de mauvais sang cependant, puisque le groupe a décidé une fois de plus de vider les artères de ses dévots. Amongst the Flames of a Burning God est sans doute l’un des albums les plus violents sortis cette année.

Vingt-huit minutes, huit pistes, un artwork plus hostile et totalitaire encore que tout ce que le groupe avait fait précédemment, des noms de compositions dans la pure tradition de la scène war black metal… Qu’est-ce qui pourrait bien distinguer cet album de ses prédécesseurs ? Eh bien à la fois rien, ce qui est une bonne chose, mais pas seulement, puisque ce « rien » se voit nuancé de quelques petites subtilités. Déjà, la production du groupe se trouve quelque peu changée. On laisse un peu de côté le son extrêmement étouffé qui avait découragé beaucoup d’auditeurs, et on passe plutôt sur une production rugissante et crayeuse, qui emplit les guitares d’une puissance inarrêtable. Le son est plein, abrasif, fulminant comme un moteur de tank. Les cordes déflagrent comme une ligne de mortiers de la Wehrmacht. La batterie, autrefois complètement caverneuse, explose complètement en laissant tomber des débris monumentaux partout sur son passage. Tout est plus lisible et arrive pourtant à sonner encore plus brutal que sur les albums précédents. Même la voix est plus distincte, plus claire.

Et puisque l’on parle de la voix, il faut mentionner LA grande nouveauté de ce disque, à savoir l’arrivée au chant d’Impurath, vocaliste du groupe culte Black Witchery. L’ensemble de l’opus est d’ailleurs dédié à Tragenda, guitariste de la formation mort dans un accident de voiture en 2016. Quiconque connait Black Witchery sait ce que signifie l’arrivée d’une telle personnalité au micro. Encore plus de violence, encore plus de haine et de blasphème. Ou comment ferrer les crocs des chiens de guerre.

Diocletian a quelque peu fait évoluer son mode de composition. Quiconque avait écouté Doom Cult sait que le groupe n’a pas d’autre but que de faire plonger l’auditeur dans un climat de guerre absolue. Et pour cela, les néo-zélandais ont souvent pris le parti d’intercaler des parties ralenties entre deux assauts forcenés. Cette tendance s’entendait particulièrement sur le dernier albums en date, Gesundrian, qui misait encore plus sur ces appesantissements mortifères. Eh bien sur Amongst the Flames of a Burning God, c’est terminé. Fini, ou presque, les plongées en apnée dans les cendres brûlantes. Le disque matraque de bout en bout, ne laisse jamais souffler, et parvient à rendre ses quelques baisses de rythme aptes à rendre hystérique n’importe qui là où elles tendaient plus à asphyxier sur les autres manifestes. Le passage en milieu de parcours sur « Berserker Rites » fait littéralement sauter toutes les gangues mentales et ordonne de ne plus se faire que bestialité et sauvagerie pour les heures à suivre. Les trémolos presque épiques qui interviennent sur fond d’accords belliqueux portent en eux toute la violence du monde, et interdisent tout atermoiement sur ce déferlement de haine pour inciter plutôt à en rejoindre le flot débouté.

L’album se termine sur la radicalissime « Restart Civilization », qui arrive à passer encore un palier de violence supplémentaire. À ce stade, rien n’est plus debout, tout est à terre, piétiné, profané, anéanti. Il n’y a plus qu’à tout reconstruire, en attendant que les exterminateurs reviennent à nouveau pour accomplir encore leur œuvre de mort. Au sortir d’Amongst the Flames of a Burning God, on ne sait plus trop où on est. Les riffs massifs et suintant la malveillance de Diocletian ont obstrué l’esprit pour ne plus y faire demeurer que le culte de la violence. On ne peut plus concevoir autre chose que le désir aveugle de voir le monde brûler.

Vous chercher quelque chose de violent, de vraiment violent, d’hostile ? Allez acheter cet album. Oubliez tous ces groupes qui se proclament extrêmes et brutaux sans arriver à dégager autre chose qu’une musique trop sage et trop inoffensive reposant sur la volonté de faire du bruit et non de sourdre la haine par tous les accords. Vous aimez Impiety, Angelcorpse, Revenge et Infernal War ? Prenez, et écoutez-en tous. Ceci est la guerre, livrée pour vous.

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