Funeral Oration – Eliphas Love

écrit par M.
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Pays : Italie
Genre : Black Metal Symphonique
Label : Avantgarde Music
Date de sortie : 23 Août 2019

Fidèles à Avantgarde Music, les Italiens de Funeral Oration reviennent sur le devant de la scène avec Eliphas Love, assurant ainsi un retour remarqué après une longue absence. Fort de ses trente ans d’existence avec une pause majeure de plusieurs années, le groupe a pris un virage musical assumé passant d’un death old school à un black metal symphonique des plus majestueux, j’ai cherché à comprendre l’engouement pour ce groupe. Un passage par des styles aussi distincts et éloignés comportent des risques, des attentes et surtout des craintes de la part des auditeurs, qui les attendent au tournant. Funeral Oration a-t-il donc pris des risques salutaires ?

Autant le dire tout de suite, cet album ne m’a pas enchanté car je lui trouve un côté très désuet et grandiloquent qui m’a laissé complètement de marbre. Le chant en italien et l’utilisation outrancière des claviers ne m’ont vraiment pas fait adhérer à l’univers du groupe. Alors, est-ce de la mauvaise foi de ma part, ou alors est-ce que le groupe accumule réellement les poncifs du black symphonique pompeux ? Je vous laisse vous faire votre propre avis. Me concernant, disons que le côté bande originale m’a plus ennuyé qu’autre chose. De plus, Eliphas Love manque à mon sens d’authenticité, les compositions assez artificielles manquent de ce soupçon de sauvagerie, de ce mélange entre brutalité et élégance qui a pu faire le succès de groupes marquants tel que Emperor.

Sans être réellement un mauvais album, il comporte de gros défauts qui rendent l’écoute assez pénible, et c’est dommage car Eliphas Love bénéficie d’une bonne production et d’un chant convaincant et bien placé. Sur les premiers morceaux, en particulier “Furor Erotico” et “Anatema Di Zos”, le rendu des claviers est très artificiel et pompeux. J’ai tout simplement eu l’impression d’écouter une bande son de jeux vidéo des années 80. Je veux bien croire que le black metal symphonique se doit d’appuyer et d’insister sur le côté baroque des compositions, mais là on tombe dans une overdose de kitsch. Un album de la sorte aurait pu paraître très avant-gardiste à l’aube des années 90, mais en 2019, il devient assez ringard, démodé, d’un autre temps. Sachant que l’âge d’or du black metal symphonique est clairement révolu, il peut éventuellement conquérir le cœur des plus nostalgiques, adepte du clavier et de l’univers baroque. Car oui, cet album sonne résolument baroque dans sa structure, ses arrangements, c’est ce qui fait son charme, mais cela le dessert également. L’opulence associée à cet univers, la décadence mêlée à une recherche esthétique permanente finit par avoir raison de Eliphas Love.

On reconnaîtra par contre certains bons morceaux comme “Vuoto Mistica” et “Tregenda”, qui permettent de redresser la barre. Même si je n’ai pas apprécié l’entièreté des compositions, il faut cependant reconnaître à l’album un énorme effort sur le concept, à savoir réinterpréter certains textes de Rollinat et Saint-Yves d’Alveydre, des auteurs tombés malheureusement dans l’oubli bien trop tôt. Pour cela, on reconnaît le talent d’explorer des œuvres qui calquent parfaitement et volontairement à l’image du black metal symphonique, notamment le symbolisme qui souligne la condition humaine et son attrait pour les vices.

Eliphas Love comporte bien entendu des défauts majeurs, mais selon moi, il ne reflète en aucun cas la carrière de Funeral Oration. Aussi je vous laisse vous faire votre avis sur cet album qui plaira sûrement aux amateurs de Graveworm et autres joyeusetés du genre. On attend avec impatience le prochain opus du groupe, afin de savoir s’il confirmera son nouvel élan symphonique avec brio.

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