Obsequiae – The Palms of Sorrowed Kings

écrit par Maxime
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Pays : États-Unis
Genre : Black Metal Médiéval
Label : 20 Buck Spin
Date de sortie : 22 Novembre 2019

Celui-là, on peut dire qu’on l’a entendu de pied ferme. Quatre ans après la sortie de l’excellent Aria of Vernal Tombs, les Américains d’Obsequiae viennent de dévoiler leur troisième album longue-durée, intitulé The Palms of Sorrowed Kings. C’est le grand retour sur le devant de la scène de l’un des groupes phares de la scène black metal médiéval, si apprécié (et à fort juste titre) pour la luminosité de son black metal et pour la qualité de ses quelques titres inspirés de la musique médiévale. Si Obsequiae est devenu l’un des groupes du genre les plus attendus, ça n’est clairement pas par hasard, et le groupe entend bien entretenir sa dynamique avec ce nouvel album. Promesse tenue ?

Premièrement, bien qu’il m’en coûte particulièrement d’attaquer Obsequiae sur son identité graphique, le choix de l’artwork est très surprenant. Le groupe nous avait habitués à livrer des pochettes splendides, mais ça n’est malheureusement pas le cas de The Palms of Sorrowed Kings. Les tons bleutés sont intéressants, mais que dire cette espèce de piètre montage qui vise à insérer une tour en ruines sur un paysage qui semble tout aussi artificiel ? De loin, c’est joli, de près, ça fait tâche, et c’est vraiment dommageable pour un groupe d’une telle ampleur. Lorsque la pochette avait été dévoilée en même temps que deux titres, j’étais pourtant convaincu qu’il ne pouvait décemment pas d’agir de la véritable pochette de l’album…

Quoi qu’il en soit, il est très enthousiasmant de pouvoir se délecter d’un nouvel album d’Obsequiae. The Palms of Sorrowed Kings s’ouvre sur le duo composé des titres “L’autrier m’en aloie” et “Ceres In Emerald Streams”, révélés en marge de la sortie de l’album, et ce duo est particulièrement parlant sur le style du groupe. Un titre instrumental à la harpe qui s’inspire directement d’une pastourelle anonyme du XIIème siècle, suivi d’un titre bien plus enlevé où résonnent riffs très mélodiques, batterie et chants éraillés. Nous y voilà. Voici ce qui fait l’identité d’Obsequiae, cette dualité permanente entre musique médiévale lumineuse et black metal éclatant, voire épique. Il est vrai, tout ceci procure une certaine émotion.

Concernant “Ceres In Emerald Streams”, on peut d’ailleurs dire que tout y est. Les riffs d’introduction très efficaces, les ruptures frissonnantes, et surtout cette atmosphère délicieusement verdoyante, comme si l’on parcourait les collines moussues de la pochette. Tout ceci est présent de fort belle manière sur The Palms of Sorrowed Kings. Même son de cloche pour les titres aux accents médiévaux, qui sont, comme d’habitude fort bien choisis. Notons la présence de “Palästinalied”, poème allemand du XIIIème siècle écrit par l’immense Walther von der Vogelweide, ainsi que celle de “Quan voi la flor nouvelle”, chanson anonyme du XIIIème siècle également. Oui, Obsequiae est beau, oui, Obsequiae fait les choses très bien, mais Obsequiae semble touché par le syndrome de Fief.

Les auditeurs de dungeon synth verront peut-être où je veux en venir. Fief est un projet américain auteur de quatre immenses albums, mais qui ont vu leur caractère sombre et intimiste se détériorer avec le temps. Obsequiae semble atteint du même mal, si tant est que l’on considère cela comme une mauvaise chose. Voyons plutôt. Suspended In the Brume of Eos est moins accessible que Aria of Vernal Tombs, celui-ci l’étant également moins que The Palms of Sorrowed Kings. Obsequiae n’est pas un de ses groupes qui recherchent l’ombre ou la noirceur, sa musique se situe d’ailleurs aux antipodes. Mais l’incursion de certains éléments techniques, tels que les chants clairs ou la production plus brillante que jamais contribue à faire de The Palms of Sorrowed Kings un album édulcoré.

C’est à ce moment précis que l’on me répond que tout ceci sied fort bien au style du groupe américain, et qu’il est de mauvais ton de s’en plaindre. Absolument. Mais il ne faut pas oublier qu’Obsequiae fait du black metal. Du black metal médiéval très abordable aux gigantesques accents folk, mais du black metal quand même. L’intérêt des deux premiers albums résidait en grande partie dans l’espèce d’obscurité qui ne quittait jamais l’auditeur, quand bien même il serait perdu dans l’atmosphère prenante ou dans les très bons riffs du groupe. Cette obscurité, garante des quelques aspects black metal du groupe jusqu’alors, a beaucoup de mal à être retrouvée sur ce dernier album.

Malgré tout, il serait dommage de trop garder en tête ce petit désagrément. The Palms of Sorrowed Kings offre énormément de choses à son auditoire, et chacun saura trouver les petites perles disséminées çà et là sur les douze titres qui composent l’album. Ce dernier fait preuve d’un équilibre remarquable, si bien que son écoute entière se passe sans réelle baisse de régime, toujours grâce à l’efficace enchaînement des titres instrumentaux et black metal. Certes, Obsequiae aurait pu essayer de ne pas autant délaisser sa petite part d’ombre, mais il est de retour avec beaucoup de réussite, pour le bonheur de tous ses adeptes.

À l’arrivée, c’est donc un oui. Ni un grand oui, ni un petit oui, mais un oui d’approbation face à un travail de grande qualité, qui aurait de toute façon eu toutes les peines du monde à se hisser au niveau de Aria of Vernal Tombs. On apprécie beaucoup le retour d’Obsequiae, mais on ne peut occulter le côté un peu trop adoucissant de ce nouvel album. Un point noir qui n’en sera probablement pas un pour beaucoup de monde, mais qui en dit long sur tout un pan de la scène black metal dite accessible. Quoi qu’il en soit, The Palms of Sorrowed Kings est un album qui va indéniablement dicter sa loi d’ici à la fin de l’année.

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