Snorlax – II

écrit par Clement
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Pays : Australie
Genre : Black Death Metal
Label : Caligari Records
Date de sortie : 3 Janvier 2020

Si j’en crois Wikipédia, Snorlax, le Pokémon pionceur, est un Pokémon extrêmement lourd. Ce qui pourrait être une première piste pour expliquer le patronyme de ce one man band australien qui n’a, cela dit, rien de soporifique. Soyez attentifs, ça va aller vite puisque ce premier full lenght (il est en tout cas renseigné comme tel sur Metal Archives) ne se compose que de six petits morceaux pour un total d’une vingtaine de minutes.

L’exploit de la part de Brendan Auld (déjà bien connu de la scène grind/black wallaby), c’est de prendre ces vingt-trois minutes, de leur ouvrir la gueule et de les gaver jusqu’à la glotte de tout ce qu’il a pu trouver dans son frigo : hargnes acides, purulences d’outre-tombe, fonds de caveau et mousses scandinaves, tout y passe sans qu’on ait l’impression de se fader un patchwork décousu. Les deux premiers morceaux, compacts, sont le résumé parfait de ce que le vieux Brendan va développer par la suite : riffing black qui renifle plus les collines norvégiennes que le bush australien, le growl death glaireux surgissant de la fosse commune et la fureur rouillée du grind, toute rage dehors. C’est court, ramassé, mais ça exhale déjà les vapeurs de charognes qui vont saturer le ventre de la bête dans les minutes à venir. Car la suite, même si de même nature, n’évolue pas dans la même catégorie. Les morceaux doublent de longueur, les atmosphères se cimentent avec plus de soin et la frénésie laisse place à un vrai talent de composition qu’on ne faisait alors qu’apercevoir.

« The Chaos ov Iron Oppression » ose la grandeur et nous laisse nous frayer, entre deux bastonnades, un chemin hors de la crypte avant que la pièce-maîtresse, « Mind ov Maggots » ne profite de ses six minutes pour ralentir considérablement la machine. C’est là qu’on constate à quel point le travail d’équipe est rodé et les rôles bien répartis, d’une part les riffs épineux qui cisaillent les chairs, de l’autre le chant pyorrhéique qui déverse son sirop dans nos plaies. C’est cru, ça suinte, tout en se gonflant d’une ampleur improbable dans un si petit cadre. Passé ce coeur d’ouvrage, la dévastation reprend ses droits avec « Encapsulated Apocalypse », son riffing dangereux et son chant oscillant constamment entre le feu et la glace. Et comme cela fait à peine un petit quart d’heure que l’australien nous torture, il nous offre en guise de digeo une nouvelle rasade infernale et féroce avec « Impending Abysmal Wretchedness », sur lequel se greffe le chant d’Anthony Oliver (Descent), histoire d’être bien sûr qu’on ne bougera plus et que leur boulot ici-bas est terminé.

II est une surprise, parce qu’il ne fait que vingt minutes, parce que cette petite fenêtre de tir est suffisante pour dépeindre des paysages apocalyptiques qu’on n’aurait jamais soupçonnés possibles, parce qu’il conjugue la violence et la noirceur avec le plaisir pur, celui qui fait que j’aime plus que jamais le metal, celui qui fait serrer le poing et surgir un sourire carnassier, parce que pour un gros Pokémon, Snorlax allonge de bien parfaites mandales.

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