Monolithe – Okta Khora

écrit par Dantefever
0 commentaire

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Pays : France
Genre : Doom Atmosphérique
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 30 Janvier 2020

Votre serviteur ne l’exprime pas beaucoup sur ce webzine, mais il est et restera un grand fan de doom. Mais pas forcément de doom intelligent. Eh oui, pourquoi diable irais-je écouter un groupe novateur et créatif quand je pourrais enchaîner les albums d’un nouveau copieur de Black Sabbath ou de Sleep ? Alors oui, de temps en temps, un petit Reverend Bizarre, un Bell Witch, un Monarch, un Subrosa, histoire de ne pas se focaliser uniquement sur les nostalgiques des 70’… Mais dans l’ensemble, pas de quoi être renversé dans le fossé de l’originalité artistique par le TGV de l’audace musicale. Et pourtant, à ce titre, Monolithe est une exception.

Le dernier album du groupe, Nebula Septem, avait été particulièrement réussi. Un très beau disque, spatial et envoûtant, qui construisait intelligemment ses pistes en y incluant des éléments psychédéliques parfois assez prononcés. Un ressenti presque « hawkwindien », virevoltant et profond. Un peu plus d’un an après, cet Okta Khora prend une couleur toute autre. Ici, nous tombons dans une musique plus atmosphérique au sens « d’accompagnement », qui octroie à l’ensemble de l’album quelque chose de cinématographique. Attention, n’allez pas comprendre que la musique ne se suffit pas à elle-même, mais plutôt qu’elle semble spécialement composée pour vous suivre le long d’un voyage spécial plutôt que d’incarner elle-même ce périple. Disons que si Nebula Septem était la fusée qui vous faisait errer entre les amas stellaires, Okta Khora serait davantage la rampe de lancement qui définit la trajectoire que prendra cette errance.

En termes d’éléments musicaux, Monolithe ressort les gros riffs de guitare appuyés et souvent plus complexes qu’ils n’en ont l’air, parés d’un son moderne mais pas sans âme pour autant. On navigue parfois aux frontières du funeral doom, avec ces répétitions marquées et ces lentes compositions évolutives basées sur des influx mélodiques graduels, très progressifs. C’est par exemple le cas sur « Onset of the Eight Cycle », qui sonnerait un peu comme du Ahab. Et parfois, on est au contraire en pleine énergie entraînante avec des relents death mélodique suédois, comme sur « Dissonant Occurrence » (sûrement la meilleure piste de l’album au passage). La voix death metal bien caverneuse apparaît sporadiquement, parfois remplacée par des vocalises plus éthérées, voire plongées dans l’autotune sur un court passage. Et bien sûr, les claviers se taillent une part de fauve, omniprésents et enveloppants. On passer des nappes tièdes et douces de fond à des pulsations rythmées et électroniques, jusqu’à quelques effets plus vintage et chatoyants en passant par des orchestrations synthétiques. On notera aussi les quelques excellents soli qui marquent l’album, comme sur la déjà citée « Dissonant Occurrence ». Des envolées assez bluesy et chaleureuses, qui viennent rappeler le disque précédent et ses amusettes vintage. Même chose sur le milieu de « Disrupted Firmament », brillant.

Monolithe maîtrise l’art de faire bascule d’une ambiance à l’autre.  « The Great Debacle » arrive par exemple d’un climat aventureux et trépidant à quelque chose de beaucoup plus sombre et inquiétant, sans même que l’on ressente ce versement d’une ambiance à une autre. C’est une belle réussite qu’il faut souligner ; Monolithe propose une musique très moderne, mais qui parvient à sonner très naturelle dans ses déroulements. Pas de vraie saccade ou de brusque revirement, tout est travaillé pour aller de soi. Même les « artifices » qui sonnent très théâtraux comme les soli dissonants croisés sur cette même « The Great Debacle » donnent l’impression de participer d’un seul et même mouvement musical plutôt qu’une construction faite d’éléments multiples. Un très beau travail d’harmonisation globale et de cohérence sonore.

Il est difficile, finalement, de prendre cet album en défaut. Je dois bien admettre qu’il me plaît et m’accroche un peu moins que son prédécesseur, la faute à une production un peu plus « numérique » dans le rendu sonore et à une influence prog 70’ moindre. Je n’ai jamais été très amateur d’albums vecteurs d’une dimension cinématographique, qu’ils portent sciemment et consciemment ou non cet attribut. Monolithe parvient à faire la différence, mais n’arrive pas, sur cet album, à m’asservir totalement. C’est définitivement son aîné qui gardera ma préférence. Question de goût personnel, pas de qualité musicale, que la chose soit bien entendue.

Monolithe est un groupe à part. Déstabilisant, intelligent, subtile, productif et assez mystérieux, au fond. On aurait du mal à lui trouver un vrai frère ou cousin stylistique, ou même à lui attribuer un genre précis qui lui irait totalement. La fameuse exception culturelle française se manifeste une fois de plus ! En tous cas, il est fortement recommandé de se pencher sur ce très bon disque, qui a tout le potentiel pour vous offrir un voyage supraterrestre comme peu savent le faire.

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://youtu.be/_bSVJBUt-3o » align= »center »][/vc_column][/vc_row]

Laisser un commentaire