Fallakr – Mezv – Marv – Milliget

écrit par Maxime
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Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Asgard Hass Productions
Date de sortie : Avril 2020

Le quintette breton ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin, après la sortie d’un excellent premier album, en l’occurrence LVC. Cinq ans plus tard, voici enfin Mezv – Marv – Milliget. Il aura fallu s’armer de patience, d’autant que le groupe n’a pas été particulièrement actif entre temps, mais voici enfin de quoi se sustenter. Cette fois-ci sous la bannière des Suisses d’Asgard Hass (qui compte également Goatslave dans ses rangs, dans lequel jouent une partie des membres du groupe), Fallakr entend bien faire un retour remarqué sur une scène black metal bretonne déjà fort bien pourvue. Cinq ans, c’est une période d’une durée certaine, mais visiblement, les artistes ont parfaitement mis ce temps à profit.

Outre la pochette somme toute assez classique, le premier contact avec le dernier né du groupe breton se fait avec le titre introductif « Mestr ar Bed Kuzh », lui-même composé d’un intrigant sample en langue bretonne. Le ton est donné et ouvre proprement l’appétit avant que « Thanatomorphose Prématurée » ne vienne faire résonner les guitares et la batterie. Malgré son nom particulièrement ampoulé, ce second titre a le mérite d’offrir à son auditoire un black metal plutôt enthousiasmant, et c’est ainsi que débutent les hostilités. Long d’un quarantaine de minutes, Mezv – Marv – Milliget propose un contenu très homogène, c’est-à-dire ce black metal puissant et visiblement très influencé par la scène finlandaise.

On peut se l’avouer sans détourner le regard, il ne s’agit pas là d’un album débordant d’originalité. Les titres, parfois ponctués de samples peu inventifs mais efficaces, font tous appel aux mêmes ingrédients. Ceci étant, on oublie vite cette relative monotonie en se laissant entraîner par une sortie pleine d’énergie et de vigueur. Bien qu’en mid-tempo la plupart du temps, la rythmique sublime parfaitement des riffs simples mais parfois dévastateurs. Quant aux chants, si l’on salue volontiers leur apport, on regrettera peut-être leur position un peu en arrière-plan, si bien qu’ils se perdent souvent dans le marasme (bienvenu, il va sans dire) provoqué par les instrumentations.


À l’arrivée, il est bien difficile de tirer un ou deux titres du lot, tant l’ensemble semble uniforme. On peut malgré tout mentionner « Une Envie de Déchéance » et « Tachenn Ludu », peut-être un peu plus agressifs que les autres. En queue de peloton se trouve « Gwerz Kouerien Pontkalleg », qui se distingue par la présence de chants clairs masculins dont l’apport sera pour le coup soumis au jugement de chacun. On aurait sans doute préféré quelque chose de plus impétueux pour clôturer l’album. Quoi qu’il en soit, Mezv – Marv – Milliget offre son lot de sensations et confère au retour de Fallakr une saveur toute particulière.

Le deuxième album longue durée des Bretons ne conviendra sans doute pas à tout le monde, ou du moins, tout le monde n’aura peut-être pas la force de faire fi de son homogénéité pour se laisser porter par ses atours belliqueux. Cinq ans après LVC, peut-être peut-on regretter la production un peu trop propre de Mezv – Marv – Milliget. Mais la recette, elle, n’a pas changé d’un iota, et c’est bien tout ce qui compte. Le chemin est encore très long avant d’atteindre ce qui fera de Fallakr un groupe qui compte sur la scène française, mais les qualités sont présentes et ne demandent qu’à être exploitées…

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