Acedia Mundi – Selfhatred.Addiction

écrit par Maxime
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Pays : France
Genre : Black Metal
Label : MusikÖ Eye
Date de sortie : 5 Mai 2020

Trois ans jour pour jour ou presque après la sortie de Speculum Humanae Salvationis, revoilà Acedia Mundi. La formation parisienne fait son retour, toujours accompagnée de son black metal fangeux si caractéristique, cette fois-ci à l’occasion de la sortie d’un EP, Selfhatred.Addiction. Cette nouvelle sortie, dont la typographie du titre n’est pas sans rappeler celle de Revenge, se fait ainsi l’héritière d’un premier album qui avait plutôt marché et qui avait fait du groupe l’une des bonnes surprises de 2017.

Le premier contact de l’auditeur avec Selfhatred.Addiction est visuel, avec une pochette, certes, évocatrice, mais qui laisse vaguement perplexe après le caractère très dérangeant de celle de Speculum Humanae Salvationis. Un rapide coup d’œil à la liste des titres permet de dresser un premier constat : sur quatre titres, seuls deux sont des créations du groupe. La tracklist est donc complétée par deux reprises, en l’occurrence « 666 (Hohelied Der Wiedererweckung) » de Katharsis et « I Wanna Be Your Dog » des Stooges. Deux choix pour le moins hétéroclites mais plutôt alléchants. Dans le premier cas, la reprise est très réussie, le groupe ayant réussi à apporter lourdeur et consistance au son de guitare parfois un peu léger de Katharsis, mais par dessus tout, cette reprise est un bel hommage à l’un des grands noms du black metal allemand de la première heure.

Quant au titre inspiré des Stooges, c’est selon. Le cachet metal extrême apposé au style bien plus rock des Américains comporte son lot de qualités, mais peut-être passe-t-il sous silence l’espèce de grandeur grave propre au titre original. Pour ce qui est du reste, l’EP est introduit par le très bon « Nemo Me Impune Lacessit (I Will Kill You) », qui est porteur d’à peu près tous les éléments qui font de la musique d’Acedia Mundi quelque chose d’unique. Les aspects dérangés et dérangeants, le poisseux qui dégouline de partout, les dissonances très bien placées… Il est très agréable de retrouver ce que le groupe sait faire de mieux. La donne est sensiblement similaire pour « Dic(k)hter », dont le caractère plus extrême est agréable. Les riffs s’y font plus chaotiques, plus enveloppants et plus dissonants que jamais. De nouveau, une belle preuve de ce que le groupe est capable de produire.

Un bien belle sortie que ce Selfhatred.Addiction. Un peu trop courte, certes, mais bourrée de petites sucreries en tout genre. C’est d’ailleurs ce qui nous fait estimer que le temps de la confirmation attendra pour Acedia Mundi. Après le succès rencontré par Speculum Humanae Salvationis, on attend de pied ferme un nouvel album longue durée capable de jouer dans la même catégorie, et si Selfhatred.Addiction fait très bien son travail, il ne fait office que d’apéritif. Un EP qui ouvre parfaitement l’appétit.

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