Goatspell – Ascension of the Drakonian Beast

écrit par Dantefever
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Pays France
Genre : Black/Thrash Metal
Label : Impious Desecration Records / Les Cantiques du Beffroi
Date de sortie : 16 Décembre 2018

J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer ici et là ma passion pour Goatspell, le meilleur groupe de black/thrash français. Pour rappel, le duumvirat n’a eu besoin que d’une démo et de deux EP pour calmer à peu près tout le monde avec sa musique furieuse, inexorable et follement rapide. Le second EP du groupe, Ascension of the Drakonian Beast, initialement sorti chez Impious Desecration Records en 2018, s’est vu réédité il y a quelques mois en CD chez Les Cantiques du Beffroi. Une belle occasion de se frotter à la musique du groupe sans passer par le format cassette.

Quatre pistes, dix-huit minutes, n’attendez aucune trêve. Goatspell est particulièrement enragé, et va chercher du côté du premier Nifelheim pour ses influences. On garde l’ultra-violence, les riffs relativement mélodiques et sanglants à la fois, le blast infini et l’aspect rock’n’roll/punk qui optimise l’impact du groupe dans la mâchoire tendue de l’auditeur. Comme chez les Suédois, Goatspell peut faire tourner un riff sur deux accords comme faire évoluer ses mélodies vers quelque chose de plus travaillé, voire d’épique par moment. « Majestic Invocation of Her Putrid Womb » lance l’assaut sur des accords hostiles, puis lâche rapidement les chiens de guerre sur un premier blast écrasant. La voix éraillée et un rien distante vocifère, puis on finit la progression sur un riff plus entraînant, plus thrashy.

Goatspell fait simple, mais terriblement efficace. Le duo a un vrai savoir-faire en matière de rythme et d’accroche. On passe d’un blast effréné à quelque chose de plus respirant pour faire monter l’ambiance malsaine, puis d’une skank-beat thrashy à un hammer-blast, jusqu’à des incursions de D-beat bien entraînantes comme il faut. « The Necrolatrous Chalice » en particulier démontre avec beaucoup de classe cette excellente capacité du groupe, en imbriquant ses riffs d’une manière pas si évidente quand on s’y penche de près. Gros point fort que ce jeu de batterie conquérant, violent, mais relativement réfléchi.

Un petit mot sur la production, qui donne un joli grain aux guitares, moins hystériques et plus charnues que sur le déjà excellent Esoterrorism. La basse se fait plus profonde, la batterie plus percutante, la voix recule un brin dans le mix, et prend une bonne dose de réverbération. Tout cela parvient à donner au groupe une certaine aura, une force d’atmosphère en plus d’une puissance de feu magnifiée. La piste éponyme finale n’hésite pas à envoyer des mélodies simples, mais pas immédiatement destinées à nous faire partir en guerre la bave aux gencives. Je pense à ce toucher guerrier et épique, sombre et solaire à la fois, typique de Deströyer 666, ou aux meilleurs moments des anciens albums de Desaster. Sur cet hymne final, Goatspell me rappelle même l’excellent et malheureusement unique album de Triumphant, un groupe avec lequel Goatspell ferait bien de pactiser le temps d’une tournée, soi-dit en passant.

Quatre pistes, dix-huit minutes, et même plus de quoi réunir une pelleté de cendres sur les ruines que laisse Goatspell derrière lui. Là où passent ses blasts, les croix ne repoussent pas ! Vous feriez une faute profonde en esquivant cet EP, si tant est que vous aimiez le black/thrash à l’ancienne. Tout est là. La mélodie, la violence, la conviction, le rythme. Ne traînez donc pas davantage, et allez tout de suite vous procurez cette tuerie.

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