Sinistral King – Serpent Uncoiling

écrit par Maxime
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Pays : International
Genre : Black Metal
Label : Vendetta Records
Date de sortie : 24 Avril 2020

Avant le traditionnel vide intersidéral occasionné par l’arrivée de l’été, le cru 2020 a offert à ses adeptes une petite sucrerie printanière agréable avec la sortie du tout premier album de Sinistral King. Mystérieux trio composé de trois membres issus des groupes Vredehammer, Unlight et Triumph of Death, Sinistral King a fait une arrivée plutôt remarquée avec un Serpent Uncoiling péchu et énergique. Au cœur d’une année — quoiqu’on en dise — étonnamment pauvre en albums coup de poing, les moments de plaisir offerts par les albums tels que Serpent Uncoiling doivent être appréciés à leur juste valeur. Et ça tombe bien, l’aîné de Sinistral King vaut le détour.

Se parant d’une pochette un peu trop classique, et qui se prive d’ailleurs d’utiliser le magnifique logo black metal du groupe, Serpent Uncoiling n’a rien de bien enthousiasmant sur le plan graphique. Et pourtant, son contenu musical ne met pas bien longtemps avant de prendre son public à la gorge, avec les premières minutes très véhémentes du titre éponyme, avant que la tension ne retombe une première fois pour laisser place à des touches de piano surplombées par des chuchotements sinistres. Le style de Sinistral King est plutôt efficace et repose sur un black metal teinté de légères touches death metal, un peu comme si un Septicflesh plus viril et (beaucoup) moins édulcoré avait copulé avec un Mephorash un poil moins dérangeant.

Et justement, Sinistral King ne manque pas de hurler son admiration pour le groupe suédois, et lui dédie d’ailleurs le second titre de l’album, « Nahemoth ». Les adeptes de Mephorash auront tout le loisir de faire le rapprochement entre ce titre et le « Riphyon – The Tree of Assiyah Putrescent », présent sur 1557 – Rites of Nullification. Le trio s’inspire en effet grandement de son introduction, de sa rythmique dévastatrice et des éructations démoniaques qui lui donnent corps. Si le titre se situe davantage à mi-chemin entre le simple hommage et la véritable reprise, l’intention est pertinente et confère à « Nahemoth » une saveur très singulière. De manière générale, grâce à des titres très longs et à une espèce de densité dans la production, Sinistral King parvient à se montrer efficace sans réelle difficulté.

Le rythme retombe à plusieurs reprises, soit pour laisser place à des incantations ritualistes stéréotypées mais appréciables, soit pour laisser s’exprimer des notes de piano un peu déroutantes. Ceci étant, ces choix musicaux ont le mérite de servir l’espèce de noblesse qui se dégage de Serpent Uncoiling. Le trio ne verse pas dans la crasse pure, sa musique se montre digne et élevée, comme si elle dominait nettement son exécrable public, et les interludes instrumentaux et cérémoniels servent justement beaucoup cet aspect intrigant de l’album. De plus, le caractère ouvertement religieux des chœurs qui fleurissent au fil des titres, tel que sur l’introduction de « Fields of Necromance », est très engageant.

C’est assurément une première réussie pour le trio germano-helvético-norvégien. Serpent Uncoiling a de sérieux atouts à faire valoir, et Sinistral King probablement de beaux jours devant lui. On pourra peut-être reprocher à l’album une certaine prévisibilité dans l’utilisation des codes de composition, mais le résultat force l’admiration malgré tout. L’action combinée des riffs ravageurs et des chants imposants confère beaucoup de coffre au premier né du groupe, qui fait office de bonne surprise du printemps.

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