Gnaargakh – Zhymørkh

écrit par Maxime
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Pays : Allemagne
Genre : Black Metal
Label : Narbentage Produktionen
Date de sortie : 7 Juin 2020

Au sein du public black metal, il existe toujours cette frange d’aficionados très attachés aux composantes originelles de la scène. Artworks monochromes, photos de piètre qualité, musique et production dénudées au possible, sortie au format cassette… Ces cases, Gnaargakh les coche à peu près toutes, quoiqu’à des degrés différents selon le point de vue. Propriété de Zhymørkh (qui prête donc son pseudonyme à sa première démo), le nouveau projet allemand fait son apparition pour la toute première fois, au format cassette chez Narbentage Produktionen, et quelque chose nous dit que l’expérience pourrait bien vite être réitérée.

En 2020, les pochettes qui mettent à l’honneur les codes natifs du black metal se remarquent au premier coup d’œil, et pour tout vous avouer, je trouve qu’il y a un je ne sais quoi d’assez romantique là-dedans. Gnaargakh a donc fait le choix des racines, des origines pour illustrer sa musique, et l’entreprise fonctionne parfaitement. La première démo de l’artiste allemand est composée de quatre titres d’un black metal incroyablement froid et lointain. N’espérez aucune animosité ni aucun défoulement, la rythmique en mid-tempo d’un bout à l’autre de la démo empêche la naissance de toute énergie dévastatrice. Gnaargakh n’entend transmettre que deux choses à son auditoire : mélancolie et morosité.

Si le second titre, « Nacht Gebrechen », peut effectivement être affublé d’une étiquette DSBM par son étonnante capacité à affaiblir son public, le reste de Zhymørkh se situe dans un registre un poil différent. On y décèle des touches un peu plus enthousiastes, avec « Grabes Pfad », voire ouvertement contemplatives, avec le final très alléchant proposé par « Urmisstrauen ». Au premier abord, l’ensemble semble assez homogène, tant techniquement qu’en termes d’émotion, mais le contraste offert par chacun des trois titres black metal (sans compter l’introduction, négligeable) offre finalement beaucoup de corps à Zhymørkh. Bien que modérément sale, la production demeure accessible et agréable, et permet d’apprécier le travail de riffing très efficace fourni par Gnaargakh. Des claviers s’invitent même à la fête sur le titre final, renforçant ainsi un paysage sonore déjà très évocateur.

Sitôt commencé, sitôt terminé. Qu’il est frustrant de n’avoir droit qu’à un minuscule quart d’heure de musique ! Si Gnaargakh a sorti Zhymørkh dans l’unique but de tâter le terrain, il peut déjà s’atteler à l’écriture d’une nouvelle démo, voire plus. Les belles dispositions que montre le projet allemand sur sa première démo ne peuvent décemment pas rester sans suite. On apprécie grandement son black metal cru, efficace et lugubre au possible. L’une des belles révélations de l’année pour sûr.

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