Sinira – The Everlorn

écrit par Maxime
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Pays : États-Unis
Genre : Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 26 Juin 2020

Le black metal mélodique, j’ai du mal. Non pas que je sois à des années-lumières de comprendre ce qui enthousiasme ses adeptes, il m’est simplement difficile de me laisser réellement porter par la musique. Je m’écoute parfois un petit Thulcandra — si l’on considère que les Bavarois combattent sous cette bannière —, et c’est à peu près tout. Ceci étant, fin juin, il fallait être particulièrement difficile pour ne pas tomber sous le charme dévastateur du premier album longue-durée de Sinira. En effet, dans un style accrocheur et très accessible, The Everlorn offre ainsi à boire et à manger pendant près d’une heure, permettant par la même occasion à son géniteur d’être propulsé sur le devant de la scène.

Après une démo et deux singles — dont un contenant une reprise de Dissection, comme par hasard —, le projet texan a décidé de frapper du poing sur la table à l’occasion de la sortie de son premier album, dévoilé de manière indépendante en attendant les traditionnelles sorties au format physique. The Everlorn s’ouvre sur le très énergique « Where Starlight Does Not Shine », qui fut révélé en tant que single en décembre dernier, probablement dans le but de communiquer sur la teneur de l’album à venir. Son introduction fait de suite comprendre ce pourquoi l’artiste a souhaité en faire le fer de lance de son album ; l’enchaînement des riffs permet de capter l’attention avec une facilité sans pareille. Non seulement ceux-ci sont d’une qualité remarquable, mais ils font également preuve d’une grande variété, chose devenue bien rare.

La recette de Sinira demeure quasiment inchangée sur l’entièreté de The Everlorn. Les riffs se succèdent en donnant un certain relief à chacune des titres (sauf dans le cas de deux titres acoustiques bien plus calmes), accompagnés pour ce faire d’une batterie fougueuse et de chants plutôt agressifs. L’ensemble brille ainsi par sa rectitude, même si le format de l’album — à savoir près d’une heure — ne se prête pas vraiment à son contenu. Inévitablement, la vigueur qui en découle traîne un peu en longueur et dessert quelque peu la fin de l’album ; une longueur totale de trente ou quarante minutes aurait sans doute permis d’exploiter au maximum les qualités de la musique de Sinira.

Ceci étant, il faudrait être particulièrement hermétique au black metal dans son ensemble pour ne pas se laisser porter par la fraîcheur exacerbée qui se dégage de certains des titres de l’album. Chez Sinira, il n’est rien de très noir, de vraiment blasphématoire ou de trop dérangeant. Il y a juste une vitalité folle qui se traduit par la présence de riffs incroyablement fédérateurs, ce qui fait déjà beaucoup au moment au moment de tabler sur la qualité globale de The Everlorn. Outre le titre introductif, d’autres se permettent une prestation remarquée. Citons ainsi le titre éponyme, avec ses imposantes touches heavy, et « Tear Ladened Skies », riche de rythmes en mid-tempo très agréables. The Everlorn meurt par la suite au son du piano de « Omega XI », le devoir dûment accompli.

Si Sinira était jusqu’alors un projet un peu effacé, la sortie de son premier album ne manquera pas de faire parler d’elle pour faire basculer l’artiste dans une autre dimension. Sorti de manière indépendante dans un premier temps, The Everlorn va prochainement avoir droit à une sortie physique sur les trois formats habituels, selon les dires de l’artiste. Reste à connaître l’identité du label ayant décroché le fameux sésame. C’est en tout cas un premier album de grande qualité sorti par le projet texan, qui part avec une longueur d’avance pour s’adjuger le titre honorifique de découverte de l’année.

 

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