Arsonists of Lucifer – Prophecy of Hate

écrit par Maxime
0 commentaire

Pays : Suède
Genre : Black Metal
Label : Void Wanderer Productions
Date de sortie : 18 Août 2020

Après avoir travaillé sur une poignée de sorties mineures qui ont vu le jour depuis sa création en 2018, la formation suédoise Arsonists of Lucifer s’est récemment attaqué à un format plus conséquent avec Prophecy of Hate. Jusqu’à présent cantonné à un milieu underground qui lui sied pourtant bien, le duo entend viser un peu plus haut avec son premier album longue-durée, véritable petit concentré ardent de black metal. Pour les deux musiciens — que les suiveurs de la scène suédoise connaissent peut-être, via Grimtone ou Dommedag —, il s’agit d’une épreuve du feu (sans mauvais jeu de mot) que l’on suit de près.

Ceux qui connaissent déjà Slaktaren le savent probablement déjà. Lorsque le jeune artiste — qui s’occupe ici des chants et de la batterie — est au micro, les performances vocales promettent de remuer sec. Dans un registre encore plus jusqu’au-boutiste que chez Grimtone, les vociférations du Suédois sont partie intégrante du style, voire de l’identité, d’Arsonists of Lucifer. Dans un sens, lorsqu’un groupe choisit de s’orienter sur la voie thématique des « pyromanes » de Lucifer, mieux vaut être armé, et on peut dire que le duo l’est. Indépendamment des hurlements d’outre-tombe de l’ami Slaktaren, Arsonists of Lucifer travaille sur un black metal surexcité et teinté ici et là de touches heavy metal, dans le but de rendre l’ensemble encore plus animé. Et ça marche.

Pendant une grosse demi-heure, le duo suédois entreprend de ne pas faire retomber la pression, et il y arrive plutôt bien. Les titres endiablés se succèdent à un rythme soutenu, toujours généreusement garnis de rythmiques en mid-tempo accrocheuses et de ces chants dont Slaktaren a le secret. Le duo a également la bonne idée de ne pas proposer des titres trop longs, son style ayant également la faculté de se révéler indigeste sur la durée. Il n’est d’ailleurs pas surprenant de constater que le titre final, long de près de sept minutes et construit autour de riffs répétitif et de samples obscurs, traîne un peu en longueur.

Dans un même ordre d’idée, si l’on se permet de laisser l’endiablé titre introductif de côté, il est quelque peu difficile de trouver des riffs réellement marquants par-delà la transe de Slaktaren. Il n’est pas question d’affirmer que l’ensemble souffre beaucoup de son caractère peu mémorable, Prophecy of Hate demeure très agréable à écouter, mais quelques riffs accrocheurs de plus auraient clairement pu faire une grosse différence au moment de dresser le bilan de ce premier album longue-durée. Malgré tout, Arsonists of Lucifer a su mettre son énergie et sa pugnacité à profit pour livrer un disque de black aux touches heavy — « He Will Rise » en est l’exemple parfait — très fédérateur. De bonne augure pour la suite des hostilités.

Le mois d’août est toujours une période creuse, peu importe ce que l’on range dans cette vaste catégorie fourre-tout. Pour ce qui nous concerne directement, les albums marquants se font rares et l’activité médiatique baisse irrémédiablement. Néanmoins, avant la rentrée et les sorties de poids qui l’accompagnent traditionnellement, chacun a pu s’offrir un moment de détente au son de l’agressivité pure proposée par Arsonists of Lucifer. Une très bonne surprise au coeur de l’été.

Laisser un commentaire