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Darkened Nocturn Slaughtercult – Hora Nocturna

Pays : Allemagne
Genre : Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 20 Octobre 2006

On pourrait parler pendant des heures de l’intégrisme de la scène black. On l’a d’ailleurs déjà fait. Le rigorisme musical, l’intransigeance, le rejet absolu d’éléments extérieurs. Une démarche extrême pour une musique extrême, qui a cependant conduit des centaines de groupes à faire du Darkthrone ou du Mayhem sans trop réfléchir, banalisant ainsi les codes du black pour finalement le rendre normalisé, accepté, bien catégorisé et compréhensible. Moins extrême, et donc moins black. À tel point que le simple fait de trouver de la qualité dans la scène true black est maintenant relativement difficile. On pourrait même en venir à douter de la formule d’origine, tant elle est plagiée et vidée de son essence.

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Dans ce cas, réjouissez-vous ! À tous ceux qui se résignaient à dire adieu au black metal des origines, celui qui vous transperçait de sa noirceur évocatrice, noyé sous la masse de sa propre autoparodie, Darkened Nocturn Slaughtercult, que vous voudrez bien me permettre d’appeler DNS le temps de cette chronique, brandit son étendard impie. Le black metal n’est pas mort, il vit toujours. Et, bien que l’album dont il est question aujourd’hui soit vieux d’une décennie, il a été suivi de deux autres productions presque aussi excellentes.

Les allemands existent depuis 1997, et sortent en 2006 leur album Hora Nocturna, qui est, selon moi, ce qu’ils ont fait de mieux jusqu’à maintenant. Et, pour commencer à parler musique, un mot sur la production. Monstrueuse. Je ne crois pas avoir déjà entendu une production aussi adaptée au style propre d’un groupe. Les guitares sont littéralement magistrales, une vraie matière noire en mouvement. La basse est parfaitement audible et possède ses propres parties indépendantes. La batterie est pleinement naturelle, claquante et dynamique. Un écrin parfait pour l’art noir de DNS.

Comme annoncé, DNS fait dans le true black à l’ancienne. Ici, pas de clavier ni d’arrangements. La particularité du groupe réside en sa chanteuse, Onielar. Complètement possédée, son chant écorché (le terme lui va particulièrement bien) domine les compositions avec une dévotion admirable. Maintenant, attaquons ce qui fait la force de DNS, à savoir, les mélodies de guitare. En effet, on ne peut que saluer le travail de composition. Rythme majoritairement très soutenu, quelques intervalles en acoustique très inspirées, et déferlement continu de noirceur. DNS a le sens du riff. Jamais très compliqués ou techniques, ceux-ci ont quelque chose de plus qui les distinguent de ceux de la masse true black commune. La même petite chose qui hantait Darkthrone, Ulver, Immortal et Gorgoroth à leurs débuts respectifs. Le plus souvent furieux, guerrier et triomphant, DNS fait parfois place à plus de mélancolie, voir une certaine tristesse touchante, comme sur « Malignant Deathcult » ou sur le poignant final « … to Necromancy », habité et dévasté de bout en bout, véritablement émouvant de noirceur.

Au milieu de ces titres très intenses, l’intermède ambiant ritualiste « Hora Nocturna » fait office de trêve mystique, durant lequel cloches et chœurs masculins accompagnent les incantations d’une Onielar en transe. Un répit prouvant que le groupe sait sortir de ses distorsions et de ses blasts pour composer de véritables ambiances prenantes, se distinguant par la même occasion des multiples groupes de black s’étant essayés à l’ambient sans réussir à créer autre chose qu’un ennui profond. Une réussite de plus, donc, qui amène un supplément d’âme a des mélodies de guitare, qui parvenaient pourtant déjà à mélanger efficacité et atmosphère.

DNS est noir, vraiment très noir, possédé même, habité et dévoué. DNS fait du black metal à l’ancienne, celui qui glace et envahit de sa noirceur et de sa mélancolie. DNS est souvent brutal, absolument intégriste, et touche son but. Ce Hora Nocturna est un morceau du passé, implacable et touchant. DNS fait partie de ces rares groupes qui possèdent la flamme noire en eux. Les allemands nous prouvent que le true black est toujours aussi majestueux et qu’il a encore des monuments à livrer. Et l’un de ces monuments s’appelle Hora Nocturna, et s’ouvre par les trémolos dévastateurs de « Das All-Eine ».

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