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Live Report – Negură Bunget + Ossific + Lappalainen

Nous y sommes enfin. Une si belle affiche proposée par Ondes Noires. À l’occasion des vingt ans du groupe roumain Negură Bunget, la salle El Diablo de Lille avait le privilège de recevoir le groupe transylvanien, ainsi que d’autres invités de choix, à savoir, les canadiens d’Ossific et les lillois de Lappalainen. Une affiche très alléchante sur le papier, qui promettait au public une soirée riche en sensations. Qu’en est-il du résultat ?

C’est sous une pluie abondante balayée par un vent frais que les différents spectateurs se sont dirigés, pressant le pas, vers l’entrée de la salle El Diablo. Une fois la porte passée et l’escalier vers le sous-sol descendu, l’ambiance semble déjà bon enfant. En effet, quoi de mieux qu’un groupe tel que Lappalainen pour entamer la soirée sur de bonnes bases ? La cohérence d’une telle affiche pouvait interpeller. Nous avons d’un côté un jeune groupe de death folk fort festif, et, de l’autre, deux groupes officiant dans des registres bien plus méditatifs et dont la musique est riche d’un aspect transcendantal non négligeable. Finalement, en prenant en compte les aspects folk et un tantinet pagan de nos lillois, tout cela pouvait plus ou moins sembler logique.

Quoi qu’il en soit, c’est au sein d’un ambiance encore timide que les lillois ont entamé leur prestation. Premier problème, qui n’en est finalement peut-être pas un vu l’endroit choisi, la taille de la scène. Au nombre de cinq sans compter le batteur, les musiciens se devaient d’avoir leurs aises pour jouer correctement, et force était de constater que ce n’était pas réellement le cas. À priori, cela n’a pas eu la moindre influence sur la prestation dans son ensemble, mais tout de même. Il fallait voir les deux guitaristes s’évertuer à essayer de jouer de profil pour s’en rendre compte.

Ce léger souci mis de côté, la prestation de Lappalainen est conforme aux attentes. La salle se débride tout doucement, offrant même à quelques spectateurs ses premiers – et uniques – moments de joviales bousculades de la soirée. Nous avons même eu droit à deux titres exclusifs qui apparaîtront sur le prochain album du groupe. Sur le plan technique, petit point noir concernant la gestion du son. À la flûte, Victor avait toutes les peines du monde à se faire entendre dans le marasme ambiant, et cela est regrettable lorsque l’on sait ce que son instrument apporte à la musique de Lappalainen. Mais peu importe, le public est satisfait, le groupe fait déjà preuve d’une certaine maturité sur scène, et la soirée démarre effectivement sur des bases fort solides.

Place désormais aux mystérieux canadiens de Ossific. Pour rappel, le quatuor vient tout juste de sortir son tout premier album, …As Roots Burn, sorte de production musicale située à mi-chemin entre un post-black très planant et presque psychédélique, et un black metal bien plus bestial. Le concert s’annonçait intrigant avant même son commencement, et cela s’est confirmé très rapidement. Maquillés de manière simple mais efficace, Silhouette, la claviériste, et Norrec, le batteur, étoffaient comme il le fallait le regard noir, au sens propre, du chanteur et guitariste, Traumata. Un travail visuel somme toute bien réalisé.

Une fois la prestation entamée, l’atmosphère guillerette mise en place par Lappalainen fut rapidement remplacée par une douce froideur propice à la méditation. Il était ainsi aisé de fermer les yeux et de se laisser porter, tantôt par les riffs foudroyants, tantôt par les sonorités atmosphériques bouleversantes du groupe canadien. Une fois le premier titre terminé, aucun applaudissement ne se fit entendre, comme si le public redoutait presque ce qu’il venait d’entendre. Les sens actifs que furent la vue et l’ouïe finirent par être rejointes par l’odorat. En effet, c’est fort ingénieusement que Traumata fit brûler, à deux reprises, des amas d’herbes séchées pour apporter une dimension autrement plus impressionnante à la prestation de son groupe.

Encore une fois, problème de son. Il est difficile de savoir si les balances ont été correctement effectuées ou si Norrec prenait sa batterie pour un torturé, toujours est-il que nous avions toutes les peines du monde à entendre le clavier de Silhouette et, surtout, les chants de Traumata. Malgré cela, et de manière très surprenante, la prestation fut un réel coup de cœur et offrit beaucoup de dépaysement au public. Pour l’anecdote, le jeu de Norrec fut si soutenu et brutal sur la fin qu’il en vint à casser l’une de ses cymbales. Un jeu qui ne colle pas vraiment avec le caractère atmosphérique et contemplatif de la musique d’Ossific.

Nous sommes maintenant à une heure plus avancée de la soirée, et ça commence à sentir bon la tête d’affiche. Présent depuis le début du concert pour épauler les deux premiers groupes à préparer leur entrée en scène, c’est au tour de Tibor Kati d’effectuer le nécessaire pour préparer le concert de Negură Bunget. Nous avons peine à croire que les artistes roumains se produisent devant nous à l’occasion des vingt ans du groupe, mais c’est bel et bien le cas. Dès l’entrée en scène du groupe, surprise de choix. En effet, les roumains ne sont que trois sur scène. Negru à la batterie, naturellement, Tibor aux chants et à la guitare, et Ovidiu à la basse. De ce fait, ce n’est ni plus ni moins que Traumata qui s’occupera de la deuxième guitare. Oui, vous avez bien lu, Traumata de Ossific.

La prestation des roumains fut haute en couleur et a valu au public, dans son ensemble, un aller simple vers les sombres et mystiques forêts transylvaniennes. Emmenée par un Tibor Kati à la prestance scénique impressionnante, la formation de Timișoara a fait le nécessaire et même bien plus pour porter le public et l’emmener avec elle au cœur d’un voyage inoubliable. Grâce à une setlist variée, offrant des titres récents comme plus anciens, nous ne pouvions de toute manière pas rester de marbre face à la prestation de Negură Bunget. Un anniversaire dignement fêté devant un public passionné.

Depuis la sortie de Zîrnindu-să, le groupe roumain a fait énormément de chemin et son line-up a beaucoup changé. Mais nous sommes heureux de voir que l’essence même des transylvaniens demeure intacte. C’est la tête chargée de souvenirs et le cœur encore plein d’émotion que tout le monde part chercher une dernière bière ou remonter à la surface d’un pas lourd. Ce concert aura offert à son public une soirée intimiste et très agréable, emmenée par trois groupes talentueux et sûrs de leurs forces. Une franche réussite.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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