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VI – De Praestigi Angelorum

Pays : France
Genre : Black Metal Orthodoxe
Label : Agonia Records
Date de sortie : 25 Septembre 2015

VI a fait un bruit monstrueux en sortant son De Praestigi Angelorum l’an dernier. Ce side project de deux membres d’Aosoth (INRVI et BST, assistés de Blastum de Merrimack) avait déjà sorti son fameux De Praestigi Daemonum en 2008, petit bijou de noirceur et de théisme dédié à Sa gloire. On était donc en droit d’attendre de VI un album de très grande qualité, autant à en juger par sa dernière sortie que par l’appartenance des membres à deux groupes très recommandables. Mais de là à ce qu’ils accouchent d’une telle œuvre…

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Je vous préviens d’emblée qu’il n’y aura que très peu d’objectivité dans cette chronique, De Praestigi Angelorum étant sans doute l’album que j’ai le plus écouté en 2015 et 2016. Difficile même de poser des mots dessus ; la musique va au-delà de ceux-ci avec un superbe détachement. Pour essayer d’apporter quelques faits, la musique de VI n’a pas réellement changé de formule. On reste sur des riffs en trémolos assez nerveux et/ou classieux, un jeu de batterie très fouillé et moins linéaire que sur l’EP, des passages en arpèges parfois dissonants, une production très compressée avec un grain de guitare vraiment particuliers, et cette voix complètement possédée, qui déclame plus qu’elle ne chante ses textes énigmatiques en français. Rien de bien original a priori, cela ne semble annoncer qu’un bon album, composé avec talent.

Et c’est là que le génie de VI intervient. Plus que jamais, cet album apporte la preuve qu’une œuvre réussie est plus que le résultat de ses différents composants. Il se passe quelque chose de supplémentaire ici. Les compositions sont littéralement touchées par la grâce, par Sa grâce. Les deux premières pistes en sont l’exemple parfait, s’articulant autour de riffs qui transpirent littéralement la spiritualité, avec en plus quelques passages plus calmes et dissonants qui rappellent Kênose ou Diabolus Absconditus de Deathspell Omega. La musique de VI n’a rien de technique, mais chaque élément semble tellement à sa place, tout semble former une construction globale tellement pure qu’immédiatement, une religiosité s’installe. VI est austère et somptueux à la fois, à l’image du vitrail qui orne l’artwork.

Les riffs s’enchaînent et l’auditeur sent en lui la foi grandir, tendue vers cette lumière divine que VI donne à voir. Déjà conquis sur « Par Le Jugement Causé Par Ses Poisons » et le magistral « La Terre Ne Cessera De Se Consumer »,  la fièvre grandit encore et se fait plus pressante sur les deux minutes finales de « Regarde Tes Cadavres Car Il Ne Te Permettra Pas Qu’on Les Enterre », dans lesquelles une véritable angoisse divine agrippe l’auditeur et impose son fanatisme frénétique. La fin de l’album se fait plus contemplative, avec « Voilà l’Homme Qui Ne Te Prenait Pas Comme Seigneur », qui introduit un riff majestueux vers 2:14. L’introduction de « Il Est Trop Tard Pour Rendre Gloire. Ainsi La Lumière Sera Changée En Ombre De La Mort » vous plonge dans une cathédrale éclairée seulement par l’étrange clarté bleue qui émane des vitraux. Vos derniers doutes et votre dernière lutte incarnés dans cette alternance de passages rapides et nerveux et d’autres plus célestes et harmonieux sont finalement balayés, à l’issue de cette longue plage d’arpège, sur un solo tournoyant qui semble crier Sa victoire à chaque note.

L’album se termine par « Plus Aucun Membre Ne Sera Rendu », long morceau qui assoit Son emprise sur vous sans que vous ne songiez plus à résister. Quelques derniers assauts de guitare et de batterie saccadés pour vous achever totalement, et quelques passages plus lents et écrasants plus tard, ce final s’achève par un riff dévastateur, sonnant comme une trompette triomphante descendant des nuées, qui s’efface petit à petit en vous laissant son écho de victoire. Vous Lui appartenez dorénavant, et vous n’avez plus rien d’autre à faire que de rester là à contempler le ciel menaçant d’où viendra un jour vous revisiter Sa gloire, vous qui n’existez plus pour personne d’autre.

VI est grand, VI est pureté. VI incarne la transcendance musicale et exhale l’émotion enfiévrée par tous les riffs. Absolument et exclusivement théiste, ce monument spirituel incarné dans le black metal le plus pur ne vous laissera aucun répits jusqu’aux chants grégoriens qui closent l’album. Vous en ressortirez acquis à Sa cause, animés d’une dévotion nouvelle. VI a sorti un album de black metal majeur de l’histoire du genre, tout simplement. Car VI a la foi, et cela se ressent, autant dans la musique que dans les textes. Ils avaient raison sur leur EP ; « Il n’y a de repos ni le jour, ni la nuit pour ceux qui ont adorés la bête et son image et pour quiconque a reçu la marque de son nom. »

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Salut vous

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