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Interview – Aosoth

Nous avons le plaisir de partager avec vous l’entretien très intéressant que nous avons eu avec BST de la formation française Aosoth. Nous avons abordé, entre autres, le prochain album du groupe ainsi que le regard de l’artiste sur la scène black actuelle. Nous adressons également nos remerciements à Agonia Records, qui a facilité l’échange avec BST.

Tout d’abord, il se dit que vous avez un nouvel album prévu pour ces temps-ci. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’orientation de celui-ci ?
Globalement, je dirais que le cinquième album, qui est en cours d’enregistrement, se situe dans la continuité des précédents, avec certaines évolutions naturelles, quelques variations et expérimentations… Mais il est encore un peu tôt et je manque sans doute de recul pour vraiment me rendre compte.

Le groupe a énormément fait évoluer son style musical, passant de la « Satanik Audio Violence » au concept plus orthodoxe et théiste de « An Arrow in Heart ». Pouvez-vous nous parler de cette évolution ?
À ma connaissance, l’expression « Satanik Audio Violence » a toujours plus correspondu à Antaeus, même si au départ du projet, Aosoth pouvait s’en rapprocher. D’un point de vue strictement musical, je dirais que le style musical a évolué à force d’improvisations et de premiers jets qui ont fini sur des produits finis, sans aucune véritable réflexion, mais plutôt par instinct, et avec une méthode qui se rapproche de l’écriture automatique. Rien n’a vraiment été calculé.

Le groupe aurait-il en quelque sorte « trouvé son style » dans le black orthodoxe et dévoué ?
La notion de dévotion a toujours été présente, en revanche le concept a fini par influencer la musique, et l’évolution de notre identité sonore s’est sans doute faite inconsciemment grâce à un désir de plus de cohérence entre les écrits et la composition.

Vous vous montrez rarement sur scène. Est-ce quelque chose que vous n’aimez pas vraiment ? Je me rappelle d’une interview de MkM pour Antaeus qui disait que ce n’était en effet pas ce qu’il préférait.
MkM déteste avant tout tourner, et les nombreuses contraintes que cela implique. Pour les dates isolées, nous parvenons en général à en tirer beaucoup plus de satisfaction, et ce principalement en étant très sélectifs. La majorité des membres du groupe sont plus proche de la quarantaine que de la trentaine, et nous n’avons plus l’énergie ou la patience nécessaire pour passer un weekend dans un van pour jouer devant trente personnes dans des événements organisés par des amateurs qui cherchent juste à se faire mousser. Au final, même avec nos critères de sélection assez strictes, je trouve que nous faisons un nombre de date plus que suffisant. Cette année, cela doit s’élever à une quinzaine de concerts, dans des lieux divers… Je pense qu’il serait inutile d’en faire plus. En revanche, nous jouons effectivement assez peu en France, mais c’est plutôt parce que les orgas ne nous demandent que rarement ici.

Doit-on voir la musique d’Aosoth comme un concept qui s’étalerait sur plusieurs albums, mais avec une même ligne directrice générale qui lierait tous les albums entre eux ? Ou bien composez-vous simplement la musique dans contrainte de concept ?
Il y a une ligne conductrice dans la mesure où ce qui est exprimé est en essence toujours assez similaire. Mais le vocabulaire développé d’album en album varie.

Quel regard portez-vous sur la scène black en cette fin 2016 ? On vous sait assez critiques à ce sujet. Certains projets ont-ils attiré votre attention ?
Je ne me considère pas comme particulièrement critique à ce sujet mais je dois avouer que j’écoute assez peu de black metal ces derniers temps, plus de punk, Oï!, et autres. En revanche, je jette une oreille aux nouvelles sorties, et il y a bien entendu des projets dignes d’attention, Mgła, notamment, qui est loin d’être nouveau, mais dont j’ai beaucoup aimé le dernier album, Misþyrming également, qui a sorti un très bon premier disque. En dehors de ça j’ai tendance à me cantonner aux classiques, mais c’est sans doute un léger manque de curiosité de ma part. Je joue dans plusieurs groupes, et j’enregistre beaucoup de projets dans mon studio, donc quand j’écoute de la musique dans un autre contexte, je vais avoir tendance à m’éloigner des styles des choses sur lesquelles je travaille.

Y a-t-il des influences artistiques et/ou littéraires qui vous inspirent pour écrire votre musique ?
En dehors du metal, la musique classique et certaines musiques de film m’influencent, et les atmosphères de certains films également. Le malaise présent dans « The Shining », et « The Name Of The Rose », ou encore le très beau « The Passion Of The Christ », par exemple. MkM est très inspiré par certains aspects visuels des vieux films d’épouvante de Carpenter, entre autres.

Il y a peu, Vindsval de Blut Aus Nord déclarait que des groupes comme Marduk ou Watain ne faisaient selon lui pas de black metal, car faisant exactement ce que l’on attend d’eux. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
Est-ce que cela veut dire que ce que Watain a fait de plus black metal est leur ballade « They Rode On » sur leur dernier album ? Je crois que chacun a sa propre définition de ce qu’est ou doit être le black metal. Certains valorisent l’orthodoxie stricte, d’autres estiment qu’il faut un sens du danger qui ne peut passer que par l’évolution, vu que la manière dont notre société conçoit le danger est également en perpétuel changement. Pour être honnête, je ne me pose pas vraiment tant de questions, probablement parce que je suis plus concentré sur ce que je fais que sur ce que les autres font. En revanche, j’ai trouvé le dernier album de Marduk excellent, et je l’ai perçu dans mes tripes comme un album de black metal, et Watain me paraissent très sincères, et dédiés à ce qu’ils perçoivent comme black metal dans tout ce qu’ils font, que cela me plaise où non.

Ces groupes-là sont, de plus, très présents sur les réseaux sociaux, le vôtre pas du tout. Considérez-vous cela comme étant en contradiction avec votre démarche ?
Nous avons une page Facebook, et communiquons à travers celle-ci, même si nous essayons de toujours faire cela de la manière la plus sobre possible. Mais dans l’essence, nous ne différons pas tant que cela de ces deux groupes à mon avis. Ils ont juste beaucoup plus d’actualité que nous. Par contre l’usage exagéré de Facebook, et surtout Twitter, me parait assez incohérent pour un groupe de black metal.

Que peut on vous souhaiter pour l’avenir, au delà de la sortie du nouvel album ?
De savoir nous arrêter avant de devenir une parodie de nous-même.

Je vous laisse le mot de la fin.
Merci pour le temps que tu as pris pour préparer cette interview. Bonne continuation à toi.

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Salut vous

1 Comment on Interview – Aosoth

  1. Chouette interview !

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