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Behexen – The Poisonous Path

Pays : Finlande
Genre : Black Metal
Label : Debemur Morti
Date de sortie : 27 Mai 2016

Behexen fait partie des grands de la scène finlandaise, aux côtés de Horna, Sargeist et Satanic Warmaster. Cette dernière a émergée quelques années après la vague norvégienne, et se caractérisait par une approche souvent plus furieuse, plus sale et plus orthodoxe, pourrait-on dire, que leurs collègues des fjords, ainsi qu’avec une thématique satanique beaucoup plus récurrente. Au mois de mai de cette année, Behexen nous propose The Poisonous Path, qui a pour charge de remonter la côte du groupe après deux albums très moyens.

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Behexen avait accouché en 2000 de Rituale Satanum, petit bijou underground devenu culte depuis, proposant une atmosphère satanique au possible et un certain sens de la mélodie distordue, surplombées par des vocaux possédés et écorchés au possible. Après un By the Blessing of Satan très correct également, le groupe a sorti a quatre ans d’intervalle un My Soul for His Glory pas vraiment marquant, puis un Nightside Emanations carrément décevant. Ce The Poisonous Path semble donc devoir confirmer que le groupe a perdu sa capacité à livrer du black metal sale et malsain, ou au contraire marquer un sursaut et remettre une dose de venin dans les compositions.

Clairement, c’est la deuxième option. Quelle claque ! Tout l’album crache du Satan par tous les pores. La production est sale, très sale, mais puissante ; Torog a une voix impressionnante, fielleuse et imposante, les riffs semblent habités par la Bête et la batterie martèle sans aucun répit. L’ouverture éponyme sert de modèle à tout l’album ; des samples inquiétants, rapidement suivis d’un blast destructeur et de riffs vicieux. Un excellent ouvreur, qui annonce la couleur de tout l’album.

The Poisonous Path est composé de dix chansons, très majoritairement rapides. Énormément de blast et des trémolos à toute allure. Cependant, deux pistes diffèrent légèrement ; « A Sword of Prometean Fire » et « Tyrant of Luminous Darkness », plus mid tempi et écrasantes. Car l’une des marques de fabrique de Behexen sont les power chords, que le groupe aime placer pour rendre les morceaux plus brutaux et peut être plus primaires, comme si entre les mélodies en trémolos se faisaient une place des passages inspirés de Celtic Frost. Les deux morceaux évoqués utilisent cette formule de manière particulièrement prononcée, mais plusieurs autres pistes comportent des passages du même tonneau.

L’ensemble de l’album est noyé dans une production très grésillante et sale, mais néanmoins massive. Si elle peut être dure à percer pour profiter pleinement des compositions, elle s’avère rapidement une force qui met en valeur le travail d’ensemble, enveloppant l’auditeur dans un déluge constant de distorsion favorisant finalement l’immersion. Cet environnement sonore devient au fur et à mesure hypnotique, vous coupant du monde extérieur et vous faisant pénétrer dans l’univers de ténèbres ritualistes et habitées du groupe.

Plusieurs pistes sortent particulièrement du lot. La première étant « Cave of Dark Dreams », qui s’appuie sur une excellente mélodie typique du groupe et plonge dans un déferlement de noirceur véritablement palpable. Une autre piste remarquable est le single « Chalice of Abyssal Water », qui noie d’abord l’auditeur sous une avalanche de blast et de bouillonement de guitare avant d’aboutir après une trentaine de seconde sur une des mélodies les plus marquantes de l’album, étirées en longueur et rappelant Rituale Satanum. Enfin, il faut évoquer le final « Rakkaudesta Saatanaan », longue et lente piste misant énormément sur l’aspect rituel. Cette chanson est simplement incroyable, la dévotion y est palpable, les mélodies en arpèges répétées à l’envie et la voix de Torog psalmodiant ses prières impies en font un classique du groupe, et une des chansons les plus marquantes de 2016.

Behexen sort donc cette année un excellent album, dévoué et impressionnant. Le groupe prouve qu’il a encore des choses à dire, et pas des belles, comme à son habitude. Les paroles sont traditionnellement portées sur l’occultisme, le satanisme et les ténèbres, sans trop de surprise. La signature du groupe chez Debemur Morti n’a pas menti cette fois, l’amour de l’art noir est de retour. Il faut d’ailleurs remercier le label d’avoir permis au groupe de sortir son album dans un magnifique digibook, plein d’illustrations ritualistes qui porteront votre écoute.

Behexen a donc retrouvé le chemin vers les ténèbres qui sont sa lumière. Les compositions sont inspirées, le chant est particulièrement marquant et l’atmosphère globale est très réussie. Il s’agit néanmoins d’un disque exigeant à cause de sa production, qui demande à être apprivoisée, mais qui se révèle être un énorme avantage en faveur du groupe une fois digérée. À écouter d’une seule traite pour se plonger dans la noirceur sincère et prenante du groupe.

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