Actualités

Urfaust – Empty Space Meditation

Pays : Pays-Bas
Genre : Black Metal
Label : Ván Records
Date de sortie : 28 Octobre 2016

Urfaust fait énormément parler de lui depuis quelques années. Le groupe s’est basé sur un concept fort, celui du nihilisme désabusé, de la transe dépouillée et du ritualisme alcoolisé. Le groupe sort régulièrement des EP et des splits, mais ses albums longue durée se font plus rares. L’album Empty Space Meditation, sorti il y a quelques jours, était donc particulièrement attendu, le groupe ayant pris soin de chauffer ses fans à blanc par un trailer révélant la somptueuse pochette et un extrait fort alléchant.

urfaust-empty-space-meditation-cd-preorder_2959

Urfaust a abandonné sa production lo-fi pour quelque chose de beaucoup plus propre, mais reste dans son black metal très mid tempo et atmosphérique, et contenant de nombreuses plages ambient. Les titres s’enchaînent sans véritable interruption, la conclusion des uns annonçant l’introduction des autres. Les mid tempi sont tous construits de manière relativement similaire, se basant sur une batterie mise en avant, marquant le rythme de manière monotone, sur lequel se déroulent les accords de guitare indistincts, formants une masse grondante et nébuleuse. Au-dessus planent des nappes de clavier assez spatiales, englobant le tout dans une atmosphère cosmique et aérienne. Mais l’élément réellement distinctif d’Urfaust, c’est bien cette voix de VRDRBR, qui pousse des cris bruts et sans contrôle, sous-mixés, qui ponctuent la répétitivité globale par des touches plus spontanées.

Les deux pistes plus rapides de l’album, « Meditatum II » et « Meditatum V », apportent une variété bienvenue . La première est lancée par un blast (la seule chanson à en avoir de l’album), et traversée de nappes de synthétiseur très prenantes. VRDRBR hurle à sa manière, plaintive et possédé, plaçant parfois des cris plus rauques et des vocaux plus planants. La piste est la plus longue de l’album, mais aussi la plus captivante, la répétitivité caractéristique du groupe étant particulièrement bien utilisée. « Meditatum V », quant à elle, est un petit peu moins rapide, s’appuyant sur une rythmique presque dansante. La danse est aussi incontrôlable qu’inquiétante cependant, la voix de VRDRBR vous invitant à lâcher prise et à laisser votre perception se troubler au profit d’un état second flou et incontrôlable. Clairement, une deuxième grosse réussite de l’album.

Urfaust a donc la capacité de faire lâcher prise, c’est établi. On s’immerge et se perd facilement et volontiers dans cet univers trouble et aussi inquiétant qu’attirant. Cependant, contrairement à d’autres albums procurant le même type de lâcher-prise, l’identité du groupe n’est pas perceptible à chaque instant, du moins pas aussi fortement que dans d’autres de ses productions. On est clairement dans un album d’Urfaust, cependant, celui-ci marque sa patte de façon moins intense que sur d’autres réalisations du projet, et avec un petit goût d’artificiel. En comparaison avec l’EP Apparitions, qui proposait de suivre, sans plus penser, une colonne infinie de fidèles aliénés guidés par le prêtre de l’artwork, cet Empty Space Meditation offre simplement un cadre propice à l’évasion en soi. On est plus transcendé, plus ensorcelé. Urfaust donne un espace sonore à l’échappée mentale, mais n’incarne plus cette transe.

Le groupe sombre parfois dans l’auto-parodie, semblant appliquer sa propre formule sans inspiration. Après le très bon enchaînement du début, l’album baisse clairement en qualité. On sent l’empreinte d’Urfaust, son odeur riche et enivrante, on le sent nous entourer de sa présence, plus ou moins fortement selon les pistes, mais on n’a pas l’impression de l’avoir en face de soi. Peut-être est-ce un parti pris de la part du groupe d’offrir un album moins intense, « Meditatum II » mis de côté, toujours est-il que l’album est globalement moins fascinant que ce que l’on pourrait attendre. Les trois pistes ressortant du lot, « Meditatum II, V et VI », forment les moments les plus intenses et les plus proches de cet état de transe qui peut saisir à l’écoute des productions du groupe. Le gros point noir se situe sur l’enchaînement de « Meditatum III et IV », moins prenantes et parfois lassantes, qui peuvent faire sortir de l’écoute pour peu que vous ne soyez pas tout à fait attentif. L’effet Burzum n’est pas toujours présent, pourrait-on dire. Et encore, les trois bonnes pistes de l’album ne sont pas incroyables non plus, Meditatutm II mise à part…

Un album moyen, voire bon par moments, mais avec tout de même une pointe de déception. On a le droit d’attendre plus d’un groupe si réputé et si original. « Meditatum II et VI » vous plongent bien dans l’état de réalité altérée recherché, mais trois piste marquantes dans un album, c’est assez peu … Urfaust offre une oeuvre assez décevante, parfois vraiment prenante, mais quelque peu handicapé par des poncifs qui n’ont pas autant de force que sur leurs précédents travaux, ainsi qu’une inspiration parfois moindre. La personnalité d’Urfaust semble s’être mise sous blister, et c’est bien dommage.

About dantefever (160 Articles)
Bonsoir

2 Trackbacks / Pingbacks

  1. Urfaust – Der Freiwillige Bettler – Heiðnir Webzine
  2. Kwade Droes – Kwade Droes – Heiðnir Webzine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :