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Gherzen – 1917

Pays : Russie
Genre : Black Metal
Label : Der Schwarze Tod / COD Label
Date de sortie : 27 Octobre 2016

Au coeur d’une scène russe toujours plus surprenante par sa richesse, nous avons eu la chance d’assister, à la fin du mois d’octobre, à l’éclosion d’un groupe fort prometteur. Grâce à la sortie de son tout premier album, 1917, la formation russe Gherzen affiche, d’ores et déjà, beaucoup d’ambition. Des thématiques à propos de la révolution russe et de la guerre civile qui lui est liée sont notamment au programme d’un album très intéressant sur le papier. Voyons à présent ce qu’il propose sur le plan musical pur.

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Si vous ne l’aviez pas remarqué, ou si vos connaissances en histoire russe se trouvent limitées, sachez que la date de sortie de 1917 n’a sans doute pas été choisie au hasard. C’est en effet à la fin du mois d’octobre, selon le calendrier julien, qui était en vigueur en Russie avant que le pays passe au calendrier grégorien, qu’eût lieu l’une des plus importantes étapes de la révolution bolchévique. Sans doute trop gros pour qu’il s’agisse d’une simple coïncidence. À ce titre, il est aisé de faire le lien avec les thématiques abordées dans 1917. Impossible de savoir, pour l’heure, si le groupe prend réellement partie en ce qui concerne cet événement de l’histoire russe, dans la mesure où il semble malheureusement trop complexe de se procurer les paroles présentes sur l’album. Fort heureusement, la musique est amplement suffisante pour nous porter à travers cette sombre période.

Justement, en ce qui concerne la musique, nous sommes servis. Au programme de 1917, nous avons un black metal teinté de légères touches atmosphériques qui sait nous ramener avec beauté et froideur aux les heures les plus délicates de la Russie. La musique est soulignée par un artwork des plus évocateurs, montrant la détresse d’une femme se tenant devant ce qu’il reste d’un bâtiment en proie aux flammes. La pochette offre une indication de plus sur la volonté des artistes russes de dépeindre la révolution bolchévique comme une période très terne et durant laquelle les bouleversements furent légion.

Il est malgré tout surprenant de constater que le titre des morceaux sont en anglais, alors que nous aurions légitimement pu croire que le russe serait plus approprié. Néanmoins, la passion et l’engouement qu’a mis Gherzen dans l’écriture est tout à fait audible, et c’est ce qui rend cet album excellent. L’auditeur se voit traîné de titre en titre avec l’obligation d’assister au macabre spectacle qui découle de chacun, comme si chaque morceau avait été écrit de manière à retranscrire l’obscure réalité de la manière la plus claire qui soit.

1917 n’est pas un album agressif, ni même foncièrement glacial, il s’agit simplement d’un album qui se veut travaillé et mature dans sa conception. D’un point de vue technique, le rythme d’ensemble varie très peu, les riffs sont répétitifs et sont parfois agrémentés de lointaines et prenantes vociférations. La durée des titres varient quant à elle beaucoup puisque nous avons, mis à part « Chaosophia 1917 » et « Phoenix Ghost », des titres dont la durée peut dépasser les dix minutes ou le quart d’heure. Cela offre une certaine fermeté à l’ensemble, qui procure alors à l’auditeur des sensations, à défaut d’être nouvelles, très directes et appréciables. Les ruptures sont également bienvenues, comme en témoigne la douce poésie qui émane de « Without Regrets », l’un des titres les plus réussis de cet album.

Gherzen n’avait pas vocation à bousculer les codes en sortant 1917, et cela s’entend tout de suite. L’album se trouve dans la norme en ce qui concerne ses caractéristiques principales, mais il a ce petit quelque chose en plus qui fait état de sa qualité supérieure. Ce petit quelque chose peut désigner beaucoup de choses telles que la qualité sonore, l’efficacité des riffs ou encore l’atmosphère simple mais efficace mise en place. Toujours est-il que 1917 est un album qui frappe par son efficience. On en oublierait presque qu’il s’agit là de la toute première sortie du groupe.

Gherzen a tapé du poing sur la table avec la sortie de 1917. Ce dernier est un album qui conviendra à beaucoup de monde grâce à son côté accessible et à la simplicité de sa musique. Cela ne doit pas être vu de manière péjorative dans la mesure où l’album fait constamment preuve de richesse par les messages qu’il veut faire passer et par les émotions ressenties lors de son écoute. Qu’elle soit mélancolique, vengeuse, nostalgique ou majestueuse, la musique éveillera en vous de nombreuses choses, de quoi suivre la formation russe de près à partir de maintenant. Assurément l’une des très bonnes surprises de cette fin d’année 2016.

 

About Maxime (255 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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