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Ellende – Todbringer

Pays : Autriche
Genre : Post Black Metal
Label : Talheim Records
Date de sortie : 7 Novembre 2016 (retardé)

Alors que l’hiver commence tout doucement à pointer le bout de son nez, le moment est venu pour nous de nous tourner petit à petit vers des albums riches d’une conception assez froide de la musique. Prenons à ce titre la direction de l’Autriche. L’album Todbringer, du projet solo Ellende, fait office de production parfaite pour accueillir sereinement la douce mais glaciale épreuve hivernale. Situé à mi-chemin entre l’émotion du post black et le tranchant du DSBM, Todbringer est un album qui ne laissera absolument personne indifférent.

cover

Dans cette fameuse langue que nous maîtrisons évidemment tous qu’est le moyen haut-allemand, le terme Ellende, assez complexe à traduire en français, fait référence à une certaine idée de la solitude, du désert émotionnel ou affectif, ou encore du pays étranger. Le fait de ne pas pouvoir traduire ce terme nous offre des indications essentielles sur la musique du projet solo autrichien dont il est question aujourd’hui. Créé en 2011, Ellende sort déjà son deuxième album au coeur d’un univers où se côtoient de très nombreuses émotions. Dans un pays où il est de plus en plus délicat de sortir de l’ombre de la scène black metal du voisin allemand, les albums sortant du lot ont tous une saveur bien particulière.

Derrière un artwork d’excellente qualité qui n’est pas sans rappeler L.G. lui même, imaginez un album où se mélangent la sombre poésie du post black, les hurlements secs et douloureux du DSBM, et les riffs dévastateurs propres à une approche plus traditionnelle du metal extrême. En ce sens, Todbringer est un album qui a beaucoup de choses à offrir à chacun, par sa capacité à se montrer polymorphe. Je n’entends pas par là qu’il plaira, dans sa totalité, à tout le monde. Simplement, par ses différents aspects, chaque auditeur est susceptible d’y trouver son compte. Je vous vois venir, un album qui peut se montrer aussi varié peut-il réellement être cohérent ? La réponse est oui, et il est même bien plus que ça.

Si le post black incarne habituellement la ballade en solitaire au coeur d’un endroit où la contemplation est reine, alors Todbringer se veut être le songe déchirant davantage porté sur la méditation et sur l’appréhension de son inconscient. Le travail réalisé par le musicien est tel que chaque titre projette des émotions uniques et inédites au sein de ce sous genre du black. Alors que certains titres éveillent en nous des sensations résolument négatives, d’autres se montrent, de manière surprenante, porteurs d’espoir, et évoquent une certaine vision de la confiance et de la perspective.

Comme tous ceux s’étant intéressés très tôt à ce deuxième album de Ellende, je me suis familiarisé avec Todbringer à l’aide de « Ballade auf den Tod », l’un des trois titres dévoilés en marge de la date de la sortie. L’un des éléments qui frappe d’emblée sur ce titre est le chant, maîtrisé à la perfection. J’ai coutume d’estimer, et c’est un point de vue tout à fait personnel, que la technique de chant compte pour beaucoup dans la qualité musicale de manière générale, et cet album en est la criante preuve. Le spectre vocal impressionnant déployé par notre artiste autrichien est tel qu’il peut nous glacer le sang en une seconde. Un peu à la manière de No, hurleur du groupe biélorusse I’m Nothing, L.G. n’a pas peur de monter dans les aigus, et cela apporte énormément de douleur et d’abstraction à sa musique.

En dehors de cela, Todbringer est un album calme et relativement accessible. Les passages acoustiques sont nombreux et font idéalement varier un rythme très bien pensé. La lassitude ne se fait absolument jamais ressentir, et chaque titre est construit de manière à s’imbriquer parfaitement entre celui qui le précède et celui qui le succède. Malgré cela, si un titre devait réellement ressortir de cet album, ce serait sans nul doute possible cette merveille nommée « Scherben ». Comme son nom ne l’indique pas, le titre signifiant éclats, bris, ou tessons, quelque chose de petit en somme, ce morceau est le plus massif en ce qui concerne sa durée, mais aussi à propos de ce qu’il dégage. Se laisser porter par « Scherben », c’est accepter d’embarquer pour un voyage au coeur de la plus sombre des forêts, de la plus profonde des mers, et du plus surréaliste des rêves.

Ce titre est à l’image de l’album tout entier, un long cheminement coloré au terme duquel se trouve une sorte de consécration. L’écoute de Todbringer vous apportera satisfaction et excitation, mais aussi douleur, remise en question, évasion et enivrement. Finalement, tout dépendra de votre approche et de votre état d’esprit au moment d’aborder ce chef d’oeuvre, car il a nombre de choses à procurer aux quelques auditeurs qui iront risquer une oreille dans son obscur dédale musical. Ellende signe avec Todbringer un album de très bon aloi et effleure du bout des doigts le titre de chef d’oeuvre. Changez de regard vis à vis du post black, car l’écoute d’un tel album ne vous laissera pas indemne sur le plan émotionnel.

 

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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