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Deströyer 666 – Wildfire

Pays Australie
Genre : Black Thrash Heavy Metal
Label : Season of Mist
Date de sortie : 26 Février 2016

Après vous avoir parlé de Sad et de son black metal triste, gris, et monotone, je vous sers aujourd’hui une rasade de Deströyer 666 et de son black/thrash bien énergique. La bande de KK Warslut ayant un rythme de production particulièrement lent (et inversement proportionnel à ses tournées), je me devais de vous parler, un peu en retard il est vrai, de ce Wildfire, sorti il y a maintenant neuf mois.

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Dans une précédente chronique, je vous parlais de Cold Steel… For An Iron Age  en vous vantant la fureur et l’efficacité puissante des (plus vraiment) australiens. Quinze ans sont passés, le groupe a sorti entre temps le très bon Defiance, et remet le couvert avec une splendide pochette très classieuse. Comme à son habitude, le groupe garde la même formule et reste reconnaissable à dix kilomètres tout en appuyant sur un versant particulier de sa musique. Cold Steel… For an Iron Age était marqué par le thrash, Wildfire est lui très axé heavy, et c’est bien ce qui a décontenancé beaucoup de fans du groupe lors de sa sortie. Moi le premier d’ailleurs. Car sur cet opus, Deströyer 666 se fait beaucoup moins extrême. Cette perte de violence et d’hostilité globale peut être mise sur le compte du départ de Shrapnel, guitariste de la formation depuis 1996 et compositeur d’une grande partie de la musique du groupe. Et quand on voit ce qu’il fait chez Nocturnal Graves, on comprend vite que c’était probablement lui qui incarnait le versant le plus extrême de Deströyer 666.  Moins extrême donc, mais aussi beaucoup plus rock’n roll. Même si le groupe avait toujours eu cette influence dans son identité, elle n’avait jamais été aussi mise en avant qu’aujourd’hui.

Autant vous prévenir tout de suite, j’espère que vous aimez Mötorhead. L’influence de feu père Lemmy (RIP) est on ne peut plus présente sur le black/thrash des australiens, autant dans les riffs que dans l’esprit général de l’album. Les deux ouvreurs « Traitor » et « Live And Burn » vous plongent directement dans cet esprit rock toutes manettes poussées à fond, parsemés de soli et de refrains bien fédérateurs comme il faut. Les soli, parlons-en. Il n’y en avait jamais autant eu dans un album de Deströyer 666, qui avait pourtant déjà un sacré talent pour les disséminer toujours très justement dans ses compositions. Ils prennent ici une place toute particulière et sont tous vraiment bons. Couplés aux excellents riffs heavy/black beaucoup plus que black/thrash de Warslut, ils dynamisent vraiment les chansons. Dans cette lignée, Le père KK utilise beaucoup moins ses fameux rugissements au profit d’un chant beaucoup plus heavy sale à la Venom, en y ajoutant des cris très typés Rob Halford.

Les seules chansons sur lesquelles Deströyer 666 semble renouer avec le black sont l’instrumentale « Artiglio des Diavolo », la moins réussie « Hymn To Dionysus » et la plus hostile « Die You Fucking Pig ! ». Dans le reste des pistes, le groupe nous assène un mélange de riffs qui pourraient faire penser encore une fois aux groupes des deux patrons du heavy cités plus tôt, mais montés sur trémolos typiquement black. La recette est portée par une production assez chaleureuse, utilisant pas mal d’effets de réverbération, qui sied tout bien considéré très bien au mélange.

Dans cette maestria, plusieurs pistes sortent du lot. D’abord, les deux ouvreurs déjà évoqués taillés pour faire un malheur en live, puis la très heavy « Hounds At Your Back « , et, enfin, l’éponyme, reposant sur des riffs jouissifs et des refrains puissants très typés live eux aussi. Enfin, la longue piste de conclusion « Tamam Shud », faisant référence à une célèbre affaire criminelle australienne et à la poésie de l’auteur persan Omar Khayyam, faisant l’apologie de la vie vécue pleinement et sans demi-mesure. Une philosophie qui correspond parfaitement à Deströyer 666, et l’évocation d’un crime mystérieux et presque mystique de leur pays d’origine. La piste est une ode à la mort, accueillie sans crainte après une vie dans laquelle chaque moment a été respiré et savouré. Soutenue par des chœurs et des riffs presque touchants, la chanson dégage réellement quelque chose de grandiose, et paradoxalement d’apaisant, alors même que l’on écoute Deströyer 666 et que la chanson parle de la mort prochaine. Surprenant paradoxe, qui rend pourtant la chanson réellement poignante. Elle se bonifie même avec le temps, du moins en ce qui me concerne.

J’avais été déçu par mes premières écoutes de ce Wildfire. Je regrettais l’aspect extrême de l’un de mes groupes favoris, et j’avais complètement boudé mon plaisir. Ressorti finalement cet été, à une période de l’année où l’on a peut-être envie de plus de légèreté et de plaisir simple, j’ai finalement de plus en plus apprécié cet album, qui le mérite bien. Comprenons-nous bien, il reste tout de même en-dessous des précédents brûlots de Deströyer 666, mais reste très bon et véritablement jouissif, tant l’amour du heavy et du rock transpire dans les compositions. Le côté black est encore bien présent, et confère toujours au groupe son aspect puissant et énergique. Un bon album, qui passe vite et contient son lot de moments jouissifs. À ressortir quand vous aurez trop écouté Deathspell Omega, pour vous prendre une bonne claque de heavy black très extrême.

 

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