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Live Report – Crobot + Airbourne + Volbeat – Bruxelles

Une fois n’est pas coutume, Heiðnir Webzine sera placé sous le signe du rock n’roll aujourd’hui ! Habitué des grandes salles et des têtes d’affiche de festivals partout en Europe, on pensait que le phénomène Volbeat avait enfin pris en France. Il faut croire que non, puisque cette tournée, où les Danois sont accompagnés par pas moins que Crobot et Airbourne, esquive une nouvelle fois l’Hexagone. Nous reprenons donc une nouvelle fois le chemin de Bruxelles pour assouvir notre soif de distorsion.

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Lorsque nous pénétrons dans la salle, Crobot a déjà démarré les hostilités et se produit au sein d’un Forest National correctement garni pour l’heure mais toutes lumières allumées, ce qui donne vraiment l’impression que Crobot est là pour donner une distraction aux spectateurs le temps de trouver une place confortable. Cela n’entame pas le moral des quatre Américains qui se donnent comme de beaux diables et essayent de réveiller un public qui ne les connait pas forcément. Le son est approximatif, ce qui n’empêche pas ce très bon frontman qu’est Brandon Yeagley, à mi-chemin entre Myles Kennedy et Steven Tyler, d’arpenter la scène en long et en large et de remuer dans tous les sens tout en assurant ses parties de chant sans en mettre une à côté ! À ses côtés, Bishop à la guitare est un peu plus calme que cet été au Graspop, cela ne l’empêche pas de taper le solo du haut de son ampli Orange lors de « Nowhere To Hide » et à l’autre bout de la scène Jake Figueroa (basse), sorte de Phil Lynott hippie, enchaîne les postures improbables et vit sa musique à fond. Malgré un son qui laisse grandement à désirer, on peut sentir tout le potentiel de « Easy Money » ou de l’éponyme « Welcome To Fat City », sur lequel Brandon se jette sur les épaules de son guitariste !

Alors bien sûr, cette prestation n’avait pas l’impact de celle donnée quelques mois plus tôt lors du Graspop, mais Crobot a quand même pu démontrer son potentiel et surtout qu’il était avant tout un très bon groupe de scène et ce malgré les conditions. À revoir dans de meilleures dispositions tout de même.

Setlist Crobot :
Legend of the Spaceborne Killer
Not for Sale
Skull of Geronimo
Right Between the Eyes
Plague of the Mammoths
Easy Money
Nowhere to Hide

Welcome to Fat City

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Impossible de nier qu’Airbourne est en perte de vitesse depuis la sortie de Black Dog Barking, qui n’a pas su confirmer tous les espoirs qui avaient jusqu’alors été placés dans la formation australienne. Pire, un sentiment de routine et de stagnation a même fini par s’installer. Le groupe compte bien remettre les pendules à l’heure avec son nouvel album Breakin’ Outta Hell, et cette tournée qui lui donnera une large exposition non négligeable. Les australiens déboulent sur scène au son de « Ready To Rock », dont la mélodie sera reprise en chœur à l’unisson, ce qui nous prouve que le public d’Airbourne est bien présent dans la salle. Le son est, comme à l’accoutumée, très fort mais pas mauvais pour autant. Il faut dire que les conditions dans lesquelles évolue le quartet sont bien supérieures à celles dont bénéficiait Crobot. Afin de rallier tous les fans à leur cause, Joel O’Keefe et les siens enchaînent avec « Too Much, Too Young, Too Fast », premier extrait de Runnin’ Wild qui restera l’album le plus populaire du combo. Si l’on a toujours plaisir à entendre ces titres, on se dit véritablement qu’Airbourne aura eu le plus grand mal à évoluer (même leurs fringues n’ont pas changé en huit ans), toujours bloqué dans son rôle d’enfant illégitime d’AC/DC. Les gimmicks sont toujours les mêmes, comme la traversée de la fosse sur les épaules d’un roadie pendant « Girls In Black » ou les explosions et jets de canettes, même si tout est moins poussé à l’extrême qu’il y a quelques années.

Il est donc dur de ne pas repenser avec émotion aux premières années du groupe. Mais rendons à Airbourne ce qui appartient à Airbourne, si la recette semble entendue sur « It’s All For Rock N’Roll », extrait du dernier album dédié à Lemmy, il faut admettre qu’elle est efficace et que le groupe se donne toujours à fond sur scène. Le public, comme nous le disions, répond plutôt bien présent à des morceaux comme « Live It Up », ou encore aux sempiternels « Diamonds In The Rough » et « Runnin’ Wild » qui clôt le spectacle (on regrettera tout de même l’absence du débridé « Stand Up For Rock N’Roll ») et qui nous font donc passer un bon moment. Un bon moment, voilà. Rien de plus. Alors, il est dur de constater que le groupe a perdu cette petite touche de magie qui faisait son charme à ses débuts, tout comme il nous faut admettre que la qualité de ce concert (ainsi que celle de celui donné au Alcatraz cet été) est bien supérieure à ce que nous avions pu voir sur la tournée précédente. Airbourne peut-il prétendre à la place qui lui était promise il y a plusieurs années ? La question reste en suspens, mais la reconquête est enclenchée.

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Setlist Airbourne :
Ready to Rock
Too Much, Too Young, Too Fast
Rivalry
Girls in Black
It’s All For Rock N’ Roll
Breakin’ Outta Hell
Diamond in the Rough
Live It Up
Runnin’ Wild

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Un grand drap à l’effigie de Volbeat vient masquer la préparation de la scène et entraîne déjà l’hystérie du public, qui garnit désormais presque entièrement l’enceinte de Forest National (même les gradins supérieurs sont remplis). Pas de doute, les Danois sont dans la place et l’ambiance va encore monter de quelques crans. Sans surprise, c’est un « The Devil’s Bleeding Crown » accueilli comme un tube qui lance les hostilités, suivi par deux extraits du très populaire Beyond Hell/Above Heaven qui viennent mettre le feu aux poudres. Le public est chaud bouillant et chante les refrains à un volume presque équivalent à celui du groupe. Impressionnant ! Michael Poulsen, plus que jamais chef d’orchestre du groupe, est particulièrement bien en voix et a encore gagné en puissance. La décontraction et le sourire du leader de Volbeat font plaisir à voir, même chose pour Rob Caggiano qui ne cesse d’haranguer les premiers rangs en distribuant des médiators. Comme toujours, les conditions techniques sont optimales ou presque. Les lumières sont magnifiques et le groupe dispose même de plusieurs rampes de spots mouvantes qui montent ou descendent selon les morceaux, ainsi que d’un écran géant en fond de scène.

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Les animations ne sont, certes, pas toujours belles, mais le groupe s’est donné les moyens de ses ambitions. Le son est fort et un peu approximatif en début de set, ce qui s’améliorera par la suite et qui nous permettra de profiter d’une version écourtée de « I Only Wanna Be With You », un des très rares vieux extraits de la soirée. Car voilà, si le set est rondement mené, dans une ambiance magnifique (hormis pour les quelques sempiternels relous trop imbibés) et par un groupe au sommet de sa forme, la setlist ne fait dans l’ensemble pas la part belle aux morceaux des trois premiers albums de Volbeat mais nous offre néanmoins une belle synthèse de sa carrière. Voilà qui ne comblera donc pas ceux qui ont été déçus par le dernier album, dont les magnifiques « Let It Burn » ou « The Gates Of Babylon » qui passent pourtant très bien le cap de la scène. Mais du vieux, les puristes vont en avoir à se mettre sous la dent avec l’indéboulonnable « Sad Man’s Tongue », encore et toujours dédié à Johnny Cash, sur lequel Michael n’hésite pas à plaisanter avec le public, tout en lui rappelant de faire attention aux uns et aux autres. On constate aussi avec plaisir que le nouveau venu, Kaspar Boye Larsen (basse), a bien pris ses marques et est clairement plus à l’aise et libéré que lors de la tournée estivale. Lola Montez voit encore le public donner un maximum de voix et Michael en profite pour saluer une petite fille prénommée Lola, placée au bas des gradins.

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Cette proximité entre Volbeat et son public, malgré la taille des salles dans lesquelles il se produit, fait toute la différence. La prestation a beau être absolument massive, comment ne pas prendre son pied quand on voit les membres s’amuser avec les premiers rangs ou tous ces fans qui slament, montent sur les épaules de leur voisin le bonheur sur le visage (le single « For Evigt » sera très impressionnant dans le style) ! Très belle ambiance en général donc ! Le groupe en prend bonne note et remercie le public chaleureusement avant d’offrir un véritable cadeau à un fan ayant préparé une banderole pour réclamer le morceau « Ecotone ». Michael récupère la banderole avant de balancer le morceau précédemment cité, qui, précisons-le, est un bonus track et donc très rarement joué (et que le groupe n’avait pas répété depuis longtemps). Voici donc le genre de surprise spontanée que l’on aime et qui fait qu’on n’a pas l’impression d’assister à un simple concert de plus. Nous avons également droit à notre lot de moments bien heavy avec « Dead But Rising » (précédé de « Slaytan », un passage instrumental en hommage à vous-savez-qui), « Doc Holliday ou encore « BOA (JDM) » un des rares rescapés du fabuleux Rock The Rebel/Metal The Devil.

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Nous émettons en revanche un peu plus de réserves à l’égard de « Goodbye Forever » et de ses chœurs gospel, mais le plaisir de Michael de jouer ce morceau est tellement visible qu’on lui pardonne bien ! Quelques minutes s’écoulent dans l’obscurité, l’heure du rappel est arrivée avec « Black Rose » qui confirme tout le bien qu’on pensait de lui sur album, même si la voix caractéristique de Danko Jones nous manque un peu. La fin de set est complètement débridée avec un « Seal The Deal » pied au plancher et un « Still Counting » définitif durant lequel les fans les plus jeunes de l’assistance sont invités à monter sur scène.

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Setlist Volbeat :
The Devil’s Bleeding Crown
Heaven Nor Hell
A Warrior’s Call/I Only Want to Be with You
Lola Montez
Let It Burn
Sad Man’s Tongue
Hallelujah Goat
The Gates of Babylon
Slaytan/Dead but Rising
16 Dollars
Ecotone
For Evigt
Pool of Booze, Booze, Booza
Boa [JDM]
Goodbye Forever
Fallen
Rappel :
Black Rose
Doc Holliday
Seal the Deal

Still Counting

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Volbeat nous a une nouvelle fois prouvé qu’il était bien un grand de la scène metal (voire rock en général) actuelle et qu’il faudra indubitablement compter sur lui. On espère voir le groupe se produire en tête d’affiche en France en 2017 car après une telle prestation, il serait triste qu’il en soit autrement.

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