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Revenge – Behold.Total.Rejection

Pays : Canada
Genre : Black Metal
Label : Season of Mist
Date de sortie : 13 Novembre 2015

Haine. Violence. Anéantissement. 

Vous aimez le totalitarisme ? La domination totale, l’autorité brutale, la suprématie martelée ? Revenge, oui. Behold.Total.Rejection est un sixième manifeste de haine crucifiante édicté par le groupe. Le duumvirat Vermin – James Read assène une fois de plus, avec sa violence inconcevable toujours en dépassement, ce rejet total à contempler. Aucune trêve, aucune pitié, aucun compromis.

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La formule Revenge est connue depuis le groupe Conqueror, splité en 1997 pour resurgir sous la forme actuelle, encore plus intransigeante. Des riffs quasiment inexistants et, de toute façon, presque jamais audibles, une basse sismique, une batterie qui pourrait anéantir le monde à elle seule et une voix frénétique qui éructe ses pamphlets génocidaires. La définition parfaite d’un groupe bas du front bêtement ultra violent, et finalement linéaire et fade en somme. Sauf que l’on a affaire ici à Revenge.

Beaucoup de groupes veulent vous envoyer de la haine aux oreilles, vous écraser de mépris et de rage en vous noyant sous un torrent de blast beats. C’est un peu ce que fait Revenge. Sauf que Revenge est la haine. Ça n’essaye pas de le faire ressentir, ça n’essaye pas de vous faire peur. Ça n’en a pas besoin. On sent à chaque seconde que Vermin et Read étaient dans une transe de violence frénétique au moment de l’enregistrement. Je pense sincèrement que les deux fous furieux ne simulent rien, ne se donnent aucune image, ne prennent aucune posture. Il n’y a qu’à écouter les frappes de Read sur sa pauvre batterie (sans doute l’élément principal de la musique du groupe). Il martèle avec une force et une rage constante, sans jamais ralentir la cadence ou baisser l’intensité de ses coups. Les grosses caisses sonnent comme des bûches, les cymbales sont harcelées et la caisse claire semble s’enfoncer d’un centimètre dans le sol à chaque coup porté. Tout simplement magistral.

Le deuxième élément qui vient enfoncer le clou rouillé dans le crâne meurtri de l’auditeur est évidement la voix de James Read, frénétique et écumante. Celui-ci arrache de sa gorge les cris les plus primaires possibles. On sent régulièrement qu’il est à bout de souffle, et c’est précisément dans ces instants là qu’il devient le meilleur, sa rage viscérale lui donnant la force de vomir encore et encore l’écume bilieuse de sa trachée. Ses performances sur « Mobilization Rites » et « Shock Attrition » en particulier comportent des passages simplement inhumains. Un déluge aliénant de hargne et de rancœur. On note quelques variations dans le chant, avec l’utilisation de cette voix ultra gutturale et basse, renforcée d’effets de studio, qui vient dominer les passages plus lents, et vous aussi, par la même occasion. Cette impression donnée par le groupe que leur haine incontrôlable leur fait repousser leurs limites physiques au cours de l’enregistrement est proprement fascinante. Difficile d’imaginer l’ambiance en studio.

Pour différencier cet album des précédents Revenge, il faut évoquer la production, plus puissante, sans rien sacrifier à la crasse du son et à sa saturation extrême. Le résultat est plus satisfaisant que sur les assauts précédents, relevant et consacrant la musique du groupe en lui donnant l’élan et l’amplitude nécessaire pour se révéler pleinement. De ce fait, ce disque est peut-être plus accessible que les autres productions du groupe, sans adoucir la formule pour autant. Il serait peut-être même plus furieux encore que ses prédécesseurs. Cette formule connaît tout de même quelques changements, avec l’apparition de beaucoup de passages plus lents, dans lesquels basses et batterie assènent une douloureuse lourdeur martiale, souvent habités par la voix ultra-gutturale de plus en plus utilisée par le groupe depuis quelques albums. À l’instar, d’ailleurs, de l’inspiration grindcore, qui se faisaient déjà ressentir sur l’éminent prédécesseur Scum.Collapse.Eradication.

La violence compulsive de Revenge est dirigée à l’encontre de la terre entière, et contre vous en tête de liste. Revenge vous hait. Revenge hait. C’est ce qui le définit au plus haut point. Et c’est bien cette haine et cette noirceur caractéristiques qui différencient Revenge d’un groupe de grindcore, malgré les influences. Si l’on voulait s’amuser à comparer, on pourrait rapprocher Revenge de Nails dans la démarche jusqu’au-boutiste de violence permanente et à tout prix. La différence est dans le ton, l’intention. Nails garde un aspect vraiment punk. Revenge en revanche, s’inscrit dans le black metal avec tout ce qu’il peut avoir d’extrême idéologiquement. Hostile, profondément mauvais, malsain. Revenge ne se revendique d’aucun courant politique, mais déverse son idéologie génocidaire avec une hostilité et une misanthropie telle qu’il n’y a plus d’hésitation à avoir. Revenge, c’est le black metal le plus primaire qui soit, sans aucun compromis, haineux par essence, absolument indépassable dans son domaine. Revenge a créé sa propre formule, ne sait rien faire d’autre, mais l’applique de façon parfaite. La transcendance par la violence.

Revenge n’a besoin d’aucun artifice pour être hostile. Pas de photo promotionnelle, pas de clip, pas de corpse paint, pas d’attitude. Le groupe se fait ce qu’il y de plus mauvais et primaire, mais pousse sa sauvagerie et sa violence à un tel paroxysme que sa musique en devient viscéral. On ne peut plus se passer de Revenge. Soit on adore et on finit par en avoir besoin, soit on déteste et on n’entend que du bruit. À l’écoute d’hymnes au carnage comme « Hate Nomad » ou « Mobilization Rites », le culte Revenge s’impose et vous inspire des envies d’extermination totale et indistincte de tout ce qui vit. Revenge est la Haine, indépassablement. 

Brutalité. Sauvagerie. Extermination.

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Salut vous

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