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Interview – Dwalin

Inconnu avant l’été, Dwalin est un projet français de dungeon synth originaire du sud-ouest de l’hexagone. Deux sorties plus tard, voilà que Dwalin s’impose, déjà, comme l’un des projets prometteurs de la scène française. Désireux de vouloir en savoir plus sur ce qui se cache derrière sa musique envoûtante, nous nous sommes entretenu avec sa tête pensante lors d’une interview très intéressante.

Bonjour et merci beaucoup de m’accorder cette interview.
C’est avec plaisir, je suis très heureux que tu puisses porter de l’intérêt à Dwalin.

Peux-tu nous présenter brièvement ton projet ?
Dwalin est un groupe de dungeon synth/medieval ambient fondé en août 2016 à Puymirol, dans le Lot-et-Garonne. C’est un projet qui stimule l’évasion et qui veut toucher du doigt une période oubliée, fictive et magique. Si l’été est chaud dans cette région de France, l’automne et l’hiver sont froids et pluvieux, propices à la composition.

Le nom de Dwalin est-il une référence au personnage présent dans les œuvres de Tolkien ?
Tout à fait. Le Hobbit est mon livre préféré, tout genres confondus, et la culture naine développée par Tolkien dans son œuvre est tout bonnement fascinante. J’aime beaucoup l’aspect chaleureux, limite cosy, de Le Hobbit. J’ai voulu en partie retranscrire cette ambiance enfantine, proche du conte à travers ma première production. Hidden Staircases And Endless Corridors, en revanche, se veut plus épique, plus terrible, mais toujours lumineux. J’ai essayé de travailler au mieux les atmosphères, plus black quelque part. Dwalin n’est en aucun cas guerrier, et n’a de black que l’esthétique. En revanche, tout comme le black metal originel, c’est un projet qui tente de se dresser contre l’uniformisation des productions musicales actuelles, c’est un bras d’honneur à la grisaille ambiante et aux couleurs manufacturées que les médias mainstream et la société nous font avaler chaque jour.

Tu as produit une première sortie en septembre, puis une deuxième, dans la foulée en novembre. As-tu besoin de beaucoup de temps pour composer ?
Oui, je prend pas mal de temps pour composer, j’y mets le plus grand soin. Chaque mélodie est réfléchie. Il est, malgré ce que la majorité peut penser, très compliqué de composer une musique répétitive sans tomber dans la redite ou susciter l’ennui. Je suis extrêmement impressionné par les artistes qui en ont la capacité, je pense surtout à Roman Saenko et Varg Vikernes, pour ce qui est du metal et affiliés. Beaucoup vomissent les productions carcérales de Vikernes, mais il est amusant de constater que ce sont les mêmes qui crient au génie à chaque nouvelle sortie de Sunn 0))).

De quelle manière travailles-tu pour composer ta musique ?
Je me fixe un temps, très souvent le soir, en me confectionnant une ambiance tamisée. Après les progressions et mélodies me viennent au touché du clavier. Je ne compte plus le nombre de fois ou une mélodie de Summoning ou Wongraven s’est glissée dans mes compos. Bien sûr, je les vire très rapidement.

De quelles natures sont tes principales inspirations ?
Mes influences sont extrêmement diverses. Je suis avant tout un passionné de musique avant d’être musicien. Je suis particulièrement intrigué par les techniques utilisées dans la pop. George Harrison, les Beach Boys et, bien sûr, les Beatles. Je suis effaré par l’intelligence de composition de certains artistes contemporains tel que Neil Hannon de The Divine Comedy, Stuart Murdoch de Belle and Sebastian, ou encore Sufjan Stevens.

Dans un même ordre d’idées, je suis un grand fan de prog, et je puise beaucoup chez Yes (Relayer et Close to the Edge en particulier) et King Crimson (Lizard, Red et In the Court… surtout) pour ce qui est lyrisme et harmonie. Deux autres groupes m’inspirent beaucoup aussi, sur la manière de produire et de composer ma musique. Il s’agit de Yo La Tengo et My Bloody Valentine. Ce mur de son (le Wall of Sound si cher à Phil Spector) vrombissant qui prend tout l’espace, c’est ce que j’ai tenté de reproduire sur Hidden Staircases And Endless Corridors. Le son se veut enveloppant, doux, comme un cocon. C’est un principe qui se marie parfaitement avec le concept de dungeon synth, qui cherche à faire voyager hors de notre quotidien, souvent éprouvant et peu rassurant..

Summoning reste bien sûr aussi une grosse influence. Le sentiment de grandeur et d’héroïsme que le duo autrichien dégage a une grande place dans mon imaginaire. J’ai aussi pris le pari de m’aventurer dans les méandres du dark ambient avec le dernier morceaux de Hidden Staircases And Endless Corridors, Lune de Cirage, les travaux de Klaus Schulze, Tangerine Dream, Raison d’Être et Burzum m’ayant beaucoup marqué. Les premières tapes de Hedge Wizard et Verminaard sont les deux projets de dungeon dynth qui m’ont le plus frappé, et leurs écoutes ont joué un rôle déterminant dans ma manière de percevoir la composition.

Les artistes évoluant dans le registre du dungeon synth s’estiment en général proches du milieu black. Est-ce ton cas ?
Proche du milieu black, je n’en sais rien, en revanche, je suis grand amateur de black metal. La scène française regorge de pépites, on a une chance incroyable, et j’ai tendance à croire que la majorité des passionnés, en France en tout cas, ignore ce vivier. La scène francophone est absolument incroyable. Je pense aussi à la scène québécoise, Neige et Noirceur et Forteresse en tête. Ces groupes ont un pouvoir évocateur tout bonnement surnaturel. Sühnopfer et Darkenhold (et KPN bien sûr), en ce moment, pour la scène française, sont mes favoris. Comme je le disais plus haut, l’une des forces du black metal, c’est son esthétique, tant musicale que visuelle, et je prend un soin particulier à la faire ressortir à travers Dwalin. Qui ne s’est pas perdu sur la pochette de Necrolord en écoutant « Towards the Pantheon » de Emperor, ou l’album Bergtatt (meilleur album de black de tout les temps avec son petit frère Nattens Madrigal) de Ulver ?

Très présent en Russie notamment, le dungeon synth commence seulement à s’affirmer en France. Estimes-tu que le genre gagnerait à être davantage diffusé ?
Non, pas forcément. Le dungeon synth est un style qui se veut underground, lo-fi, comme le black le plus raw. Ce sont des styles qui n’ont pas vocation à toucher un large public. Qu’on arrête de s’exciter aussi, les métalleux s’offusquent du manque de couverture de la part des médias, mais c’est bien ce côté élitiste qui nous plaît.

Quelles sont les groupes ou les projets que tu écoutes actuellement ?
Comme tu as dû le comprendre, je suis très éclectique dans mes préférences, du coup, les artistes que j’écoute en ce moment le sont aussi beaucoup.

En ce qui concerne le dungeon synth, j’ai récupéré la compilation de Old Tower disponible chez Out of Season. J’écoute beaucoup Verminaard, comme dit précédemment, Fief aussi est une excellente découverte, j’adore aussi l’aspect drone de Mystic Towers, et j’apprécie énormément son album Caverns of Crystal. Chaucerian Myth bien sûr, et aussi Wyver, qui est excellent. J’attends en ce moment l’arrivée de deux tapes de chez Voldsom et la seconde démo de Stone Dwarf. En metal pur et dur, Cadaveric Fumes, Deathhammer, Darkthrone, Manilla Road, Midnight, Necrowretch, Darkenhold et Sühnopfer sont les groupes que je potasse le plus en ce moment, impossible de m’en lasser. Et impossible aussi de faire l’impasse sur le dernier Atlantean Kodex, White Godess.

Je redécouvre aussi la synthwave, qui propose de très chouettes artistes, je pense en particulier à Duett, FM-84 ou encore Electric Youth. L’album, d’ailleurs, qui est très souvent passé en boucle chez moi ces derniers temps est Junk, le dernier M83, qui, même si peu apprécié, est un véritable bijou de pop 80’s finement composée. Beaucoup de coldwave/post-punk aussi, avec Asylum Party, Trisomie 21, Echo and the Bunnymen, Nick Cave, Cocteau Twins, mais la liste est trop longue et je m’étends. Bref tu l’auras compris, j’ai beaucoup de mal à me cantonner à un style, même si en ce moment, les français sont à l’honneur.

Je te remercie pour le temps que tu m’as accordé et te souhaite bonne continuation.
Merci à toi surtout, félicitations pour ce super site ! En espérant avoir répondu au mieux à toutes tes questions.

About Maxime (261 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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