Actualités

Dérives et dissensions antifascistes

À la suite d’une énième action de force de la part d’un collectif antifasciste envers un événement de la scène metal, la prestation de Graveland fut annulée par les organisateurs de la Messe des Morts, samedi soir, à Montréal. Outre le fait que la formation polonaise ait sans doute des raisons de s’attirer les foudres de ce genre d’individu, les actions antifascistes se multiplient, en France et ailleurs, comme en témoigne cette regrettable annulation. Il est même devenu plutôt fréquent d’assister à ce genre de chose lorsqu’un groupe soi-disant vecteur d’idées nationalistes projette de donner un ou plusieurs concerts sujets à débat. Derrière cela se cache surtout la formidable propension de certaines personnes à faire obstacle au principe même de liberté d’expression, et à entraver la progression de groupes qui ne se montrent pas coupables de ce qu’on leur reproche.

Le mois dernier se tenait, dans un endroit reculé de la France tenu secret jusqu’au dernier moment, un concert qui a dû faire grincer les dents de nombreuses personnes se revendiquant du mouvement antifasciste. Le si contesté projet français Peste Noire avait prévu depuis de longues semaines de se représenter devant les cinq cents personnes s’étant déplacées dans le centre de l’hexagone pour l’occasion. Inutile de tomber pour le moment dans le débat qui fait rage entre ceux qui estiment que Famine se sert de son projet pour diffuser ses idées nationalistes, et ceux qui voient en cela des accusations absurdes, toujours est-il que la soirée s’est déroulée dans un état d’esprit exemplaire.

Aucun débordement à signaler, ni même le moindre propos qui pourrait porter atteinte à qui que ce soit. On me dira que Famine se savait surveillé et qu’il se devait d’adopter cette attitude morale. Cela est vrai. Néanmoins, et même si l’artiste français clame bien trop son amour de la patrie et de son pays pour que cela laisse le moindre doute sur ses idées, il est loin d’être le pire en la matière et ne saurait subir davantage les foudres des antifascistes alors que ses textes sont finalement assez nuancés et travaillés de manière à traiter de tout cela avec une sombre poésie et un terreux lyrisme. Doit-on nécessairement s’acharner sur les artistes évoluant dans le registre du metal extrême sous prétexte que les idées qu’ils avancent vont à l’encontre de la bienséance et de la société actuelle ?

Alors que Peste Noire fait preuve de mesure, d’autres groupes se montrent en revanche moins prudents. C’est évidemment le cas de Graveland, dont il était question précédemment. Il est de notoriété publique que les membres sont attachés à des idées politiques plutôt radicales. Et, dans la mesure où radical rime avec racial, vous savez où je veux en venir. De la même manière, tout le monde se souvient des saluts nazis brandis par certains spectateurs de manière inconsidérée lors de la prestation de la formation polonaise au dernier Ragnard Rock Festival. Il est en revanche beaucoup plus incompréhensible de lire dans la presse québécoise que certains spectateurs de la Messe des Morts ont été pris à parti par des militants antifascistes, ces derniers étant visiblement désireux d’en découdre de manière violente.

Que l’on s’en prenne à un groupe qui répand avec un peu trop de fougue ses idées ultranationalistes, c’est compréhensible, mais que l’on prenne pour cible de simples spectateurs venus assister à la représentation de leur groupe favori, sans forcément adhérer à ses idées, j’appelle ça s’attaquer à quelqu’un de manière gratuite. Mais, après tout, les antifascistes s’en rendent trop souvent coupables. Pourquoi est-il impossible d’écouter Peste Noire sans être qualifié de nationaliste ? Pourquoi ne peut-on pas se procurer un vinyle de Malsaint sans susciter les interrogations ? Pourquoi ne peut-on pas uniquement se concentrer sur l’aspect musical ? Nous n’allons pas nous voiler la face, beaucoup écoutent ce genre de groupe pour les idées qu’il véhicule, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, loin s’en faut.

Dans un autre registre, il est parfois aberrant de voir que la violence injustifiée des antifascistes n’a d’égal que la pusillanimité des organisteurs de concert. Même s’il est évidemment très complexe d’organiser des événements en tenant compte de ce genre de contrariété, certains cèdent un peu trop vite aux pressions extérieures, qui sont, la plupart du temps, infondées. En effet, dans la mesure où chaque groupe appartenant au registre black ou pagan a de fortes chances de propager des idées en rapport avec la vieille Europe et les mythes européens de manière générale, certains ont un peu trop tendance à user de raccourcis pour y voir le fascisme et le racisme. Cela arrange bien les quelques bas du fronts qui n’attendent qu’une chose, faire pression pour peser sur quelque chose qu’ils ne connaissent qu’à travers leurs piètres et étroits discours.

C’est ainsi que nous avons notamment assisté à un acharnement vis à vis de groupes dont le seul tort était d’avoir le même nom que d’autres groupes, qui eux étaient bel et bien moins modérés dans leurs propos. On marche sur la tête. Faire barrage au vrai fascisme, c’est bien, se renseigner, c’est mieux. Même si le fait de s’opposer à certains groupes est légitime, d’autres n’ont, en revanche, rien, ou presque, à se reprocher. Et c’est bien là le problème des antifascistes, qui se montrent bien peu à leur avantage dans ce genre de situation.

Dans tous les cas, il est extrêmement plaisant de voir qu’il existe encore des organisateurs qui font la sourde oreille vis à vis des menaces et des avertissements de la part de ceux qui ne souhaitent qu’une chose, semer le désordre et faire naître le trouble. Pour l’amour du spectacle et indépendamment des idées avancées, continuons à nous rendre en concert. Le metal aura toujours cet aspect marginal et rebelle, et personne ne saura entraver sa diffusion vis à vis de ses adeptes. À ce titre, la démarche des antifascistes ne fera que renforcer la volonté des artistes et des spectateurs de faire vivre une scène plus en forme que jamais. Vive la musique.

Photo à la une : Agence QMI, Joël Lemay

About Maxime (360 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :