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Interview – Erang

Si vous être amateur de dungeon synth et de musique fantastique, vous connaissez forcément le projet solo Erang, l’un des plus riches actuellement sur la scène européenne. Grâce à un univers très poussé, un univers musical propre et une productivité mêlant qualité et quantité, Erang force le respect et l’admiration. Nous vous proposons aujourd’hui d’en savoir plus sur son univers mystique et enchanté. Bienvenue au coeur du conte qui vous fera vibrer.

Bonjour et merci beaucoup de me donner de ton temps pour cette interview.
Salut à toi ! Très heureux de pouvoir te répondre.

Pourrais-tu présenter ton projet aux éventuels lecteurs qui ne seraient pas familiarisés avec Erang ?
Comme je le réponds toujours quand on me pose cette question : Erang est pour moi plus qu’un projet. C’est mon monde intérieur, mon royaume personnel, cultivé depuis l’enfance. Il s’agit d’un univers que j’ai créé et dans lequel évolue une partie de ma pensée. Au fur et à mesure, j’ai souhaité développer cet univers et d’autres royaumes et pays sont nés, d’autres personnages ainsi qu’une carte de ce monde avec ses peuples et ses légendes… cet univers existe au travers de courts textes, de nombreux dessins et, bien sûr, de ma musique. Mais tout cela ne fait qu’un pour moi, et il n’y a pas de hiérarchie.

Suivant tes productions et tes sorties médiatiques avec intérêt, j’ai cru comprendre que le projet est porteur d’une dimension intime très importante pour toi. N’était-ce pas effrayant, au début, de te dévoiler de la sorte ?
Oui et non parce que le masque d’Erang (au sens propre comme au sens figuré), ce demi-crâne cerné de noir que je porte, marque la limite entre le monde réel et mon royaume intérieur. Il y a vraiment beaucoup de choses très personnelles dans mes albums mais, au final, seuls des gens très proches (et encore, peut-être même pas) pourraient déceler ici et là les liens entre ces deux mondes.

Tu as, à l’heure actuelle, une bonne dizaine de sorties à ton actif. Comment t’y prends-tu pour composer ? Y consacres-tu une bonne partie de ton temps libre ?
À l’exception du temps passé avec ma famille et mes amis, je dédie l’intégralité de mon temps libre à ma musique, mes dessins et mes créations. Je ne pourrais pas vivre sans, c’est aussi simple que ça. Ça n’est même pas une question de choix. En ce qui concerne la composition, aucune méthode : il faut que cela reste pour moi ludique et mystérieux, que le morceau se dévoile pour moi au fur et à mesure, comme il se dévoile à l’auditeur. Je n’aime pas beaucoup prévoir à l’avance ou penser à l’avance à ce que va être un morceau même si, bien sûr, cela m’arrive aussi parfois.

Dans la mesure où Erang est une sorte d’exutoire pour toi, cela n’a-t-il pas tendance, parfois, à empiéter sur le monde réel ? Comment parviens-tu à faire la part des choses ?
Même réponse qu’à ta précédente question, je porte un masque.

Quelle est l’identité de ce personnage masqué que l’on retrouve assez souvent sur tes artworks ?
Il s’agit de l’ombre d’un fantôme, le fantôme des temps anciens, disparus pour toujours mais jamais oubliés, l’ombre d’un temps à jamais révolu mais qui nous hante, encore et toujours. Il erre en terres du Royaume d’Erang.

Comme chaque univers particulièrement développé, Erang ne se limite pas simplement à la musique. Peux-tu nous parler des autres moyens d’expression que tu utilises pour donner vie à ton univers ?
Le dessin est ma passion première. Comme tous les enfants c’est comme ça que je me suis exprimé en premier et j’aime vraiment ça. C’est un bonheur tout à fait différent de celui de la création musicale et j’en ai autant besoin même si je ne me considère pas du tout comme un illustrateur ou un dessinateur. Je n’ai aucune technique : je prends une feuille, des crayons ou des feutres, et je dessine, c’est tout.

Ensuite il y a également l’écriture : je travaille depuis quelques mois à l’écriture d’un court roman se situant dans mon univers. Je ne peux en dire plus pour le moment, c’est un travail de longue haleine mais j’espère vraiment en venir à bout et pouvoir le partager avec d’autres. Le seul problème c’est qu’à la différence de ma musique, qui est instrumentale (et donc internationale) mon livre ne sera qu’en français. C’est aussi pour cela que je suis toujours heureux de pouvoir toucher de nouvelles personnes en France car, jusqu’à présent, mon public est très majoritairement anglophone, et si j’arrive au bout de ce livre, j’aimerais vraiment qu’il soit lu.

Parlons à présent de ta dernière sortie, Anti Future, qui en a surpris plus d’un, moi le premier. Comment en es-tu arrivé à changer totalement de registre de la sorte ?
Haha, on a parfois besoin d’air frais quand on crée, surtout quand on crée de manière constante et obsessionnelle comme moi. Ceci étant dit, les auditeurs les plus attentifs constateront que ça n’est pas si éloigné et l’univers reste le même : il s’agit juste d’un futur alternatif au Royaume d’Erang, quelque chose qui pourrait arriver à ses peuples et ses personnages si tout tourne mal au fil des siècles. Et puis, musicalement, je suis un grand fan de John Carpenter, et ça me démangeait depuis longtemps d’aborder cette palette musicale, que j’écoute à titre personnel.

Ta musique semble s’imprégner de beaucoup de choses. En laissant ton expérience personnelle de côté, qu’est-ce qui t’inspire particulièrement pour réaliser tes compositions ?
Mis à part mes expériences personnelles, je suis perméable à toute forme d’influence venant de mes lectures, de mes écoutes d’autres artistes et, beaucoup également, des films que j’ai pu voir. J’aime beaucoup le cinéma, tous genres confondus, mais les films fantastiques sont une source d’inspiration intarissable pour moi. Ce sont toujours les mêmes que je cite mais ils constituent pour moi la base : Conan, Willow, Dark Crystal, L’Histoire Sans Fin, Legend. D’ailleurs, de nombreux titres de mon premier album, Tome I, sont des références directes à des passages de ces films.

En écoutant ta musique, je ne peux m’empêcher de penser à une bande originale de jeu de rôle old school. As-tu déjà été contacté pour réaliser ce genre de chose ?
Pas de jeux de rôle en particulier mais il n’est pas rare qu’on me contacte pour utiliser ma musique pour illustrer de petits jeux vidéo de créateurs amateurs (dont je n’ai par la suite plus de nouvelles, haha). En revanche je sais que de nombreuses personnes utilisent ma musique comme fond musical quand elles font des campagnes et c’est pour moi un bonheur immense de savoir. Il y a même un magasin Games Workshop qui diffuse ma musique, j’en suis très fier. Je supporte à fond les jeux de rôle et les jeux de plateau. En ce moment, d’ailleurs, grâce à un ami, je joue à Descent, une sorte d’Hero Quest moderne. C’est pour ça, entre autres, que j’ai fait 2 compilations très longues pour servir d’accompagnement aux joueurs car je soutiens à fond le jeu de rôle. La première est old school, la deuxième plus épique.

Dans la mesure où le dungeon synth commence tout juste à émerger en France, alors qu’il est très populaire en Russie, comment perçois-tu son évolution ?
Je n’en sais trop rien, et je ne me pose pas trop ce genre de questions, mais je suis surtout heureux de voir de plus en plus de projets français qui sont très prometteurs. Notre petit netlabel Katabaz Records a d’ailleurs lancé il y a deux jours un groupe Facebook de dungeon synth français, histoire de rassembler les groupes et la communauté (https://www.facebook.com/groups/dungeonsynthfrance). On réfléchit d’ailleurs à sortir une compilation de dungeon synth français, c’est en projet.

Le dungeon synth étant plus ou moins proche du black metal, et du metal extrême de manière générale, es-tu influencé par certains groupes ou projets en particulier ?
J’adore Summoning, définitivement. J’aime également beaucoup Burzum (la musique uniquement, je tiens à le préciser) et j’adore l’album Enthrone Darkness Triumphant de Dimmu Borgir (mais pas le reste de leur discographie). J’aime beaucoup certains morceaux de Windir et Xasthur aussi.

Lors des différentes interviews que tu as données jusqu’à maintenant, j’ai remarqué que tu soulignais très souvent l’aspect nostalgique de ta musique et de ton univers de manière générale. Est-ce quelque chose que tu cherches à donner à ta musique, ou cela vient-il naturellement ?
C’est naturel mais d’une façon positive, c’est une nostalgie et une mélancolie positives.

Je te remercie chaleureusement et te laisse le mot de la fin.
Merci à toi pour tes questions et pour me permettre de faire découvrir ma musique et mon univers à de nouvelles personnes en France. Et merci à tous ceux qui me suivent, m’écrivent et partagent autour d’eux le monde du Royaume d’Erang depuis tout ce temps, c’est un bonheur total !

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