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Hate Forest – Purity

Pays : Ukraine
Genre : Black Metal
Label : Supernal Music
Date de sortie : 2003

Aujourd’hui, je vous parle d’un album que l’on pourrait ranger dans la catégorie des classiques secondaires du black metal. Pour être plus clair, disons qu’il s’agit d’albums majeurs du black metal, des chefs d’œuvre dans leur genre, mais qui n’ont pas eu autant d’influence ou de visibilité que les classiques principaux que sont par exemple Transilvanian Hunger ou De Mysteriis Dom Sathanas. Voici le Purity de Hate forest.

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« Every subhuman buying Hate Forest releases buys weapon against himself ». D’emblée, vous êtes prévenus. L’album  que vous avez entre les mains n’est pas inoffensif. Ce n’est pas du divertissement, mais bien de l’art, puissant, et qui ne s’adresse pas à tout le monde. Tout l’esprit nietzschéen et élitiste du groupe couplé à son patriotisme fier ont d’ailleurs fait planer les sempiternels doutes du type « nazi ou pas nazi ? » au-dessus de Roman Saenko à l’époque où le groupe existait encore, avant sa dissolution en 2004. Malgré ces controverses, Hate Forest sortira une quantité assez considérable de matériel entre 1995 et 2004, enchaînant les démos, les EP et les albums. Parmi ces sorties, Purity se pose comme l’œuvre phare du combo.

Car avant de faire un featuring avec Famine sur un album de Peste Noire, et avant même de fonder Drudkh ou Blood of Kingu, Saenko  avait la haine. Et nom de Dieu, ça se sent. Lui et son collègue de tous les projets, Thurios, ont donné naissance à quelque chose de réellement monstrueux ici. Purity est froid. Incroyablement froid et hostile, glacial et écrasant. Revenge vous fait voir la haine avec tout ce qu’elle a d’immédiat et d’explosif, de pulsionnelle ; Hate Forest la canalise et vous la fait sentir, en vous plongeant la tête sous la glace d’un lac gelé. Tout dans ce disque vous est hostile. C’est d’ailleurs l’impression qui se dégage de l’ensemble de la musique d’Hate Forest, renforcée encore par ces titres d’œuvres inspirés de Lovecraft ; tout cela vous dépasse. N’attendez aucune fureur et aucune rage, vous n’aurez droit qu’à une détestation méprisante mais totale, sans aucune effusion de brutalité. Hate Forest est martial, mais parfaitement maîtrisé.

Parlons musique. La batterie, qui est en fait une boîte à rythme, bat la mesure de manière absolument implacable, avec une régularité toute inhumaine, parfaite pour enlever toute trace de chaleur dans la musique du groupe. Viennent s’ajouter des riffs de guitare simples, abrasifs, dominateurs et violents, jamais vraiment véloces, cristallisés dans un son glacial et massif. Le tout est ponctué de la voix d’ours de Saenko, typée death metal, qui est facilement une des plus profonde et impressionnante de la scène. Le tout est un véritable monolithe, froid, intense et profondément misanthrope. Les compositions vous plongent dans les étendues désertiques blanches du Nord de l’Europe à travers une intransigeance constante, d’où se dégage aussi une certaine mélancolie. Oui, au milieu de ses blocs de haine se font une place des mélodies plus sensibles, non plus annihilantes, mais pleines de tristesse. Ces très touchants passages donnent l’aspect païen de la musique d’Hate Forest, passéiste et anti moderne. Le groupe est très proche de la nature et de sa terre natale, et une certaine fierté se ressent. N’ayons pas peur des mots, Hate Forest possède un orgueil aryen, qu’il revendique et assène via sa musique. Point de politique pour autant, plutôt une attache à l’Europe ancestrale.

Il est difficile d’exprimer par des mots ce qu’est la musique d’Hate Forest. Tout est froid, monolithique, chaque seconde de musique est profondément hostile. Pourtant, à travers ces riffs porteurs d’une violence incroyable et pourtant jamais vraiment agressifs, Hate Forest touche et hypnotise. L’album vous immerge peu à peu dans l’univers aride incroyablement prenant et immersif du groupe. Vous vous sentez habités par la vieille Europe, avec ses peines et ses haines. Effroyablement inhumain, comme rarement la musique l’a été, et pourtant si dense et profondément poignant. Les morceaux vous congèlent, mais vous tombez pourtant en émoi stoïque devant ces mélodies nostalgiques et noblement triste qui interviennent entre deux passages dominateurs. Hate Forest ne laisse aucune place à l’humain, à l’incarné, mais seulement aux émotions pures que sont la haine et la mélancolie.

Purity porte parfaitement son nom. Cet album est paroxysmique. Un monolithe parfait de black metal hypnotique, prenant et avec une personnalité très affirmée. Vous n’avez rien entendu de tel ailleurs, et le plus étonnant est que le groupe ne connaît pas vraiment d’imitation, de plagiat. Plus encore, l’influence de Hate Forest dans la scène black actuelle est très difficilement mesurable. On a affaire à un classique confidentiel en fin de compte, un trésor caché qui n’est de toute façon pas destiné à tout le monde. Purity est un album absolu, sans aucun défaut, fier et terrible.

 

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Salut vous

1 Comment on Hate Forest – Purity

  1. « N’attendez aucune fureur et aucune rage, vous n’aurez droit qu’à une détestation méprisante mais totale, sans aucune effusion de brutalité. Hate Forest est martial, mais parfaitement maîtrisé. »

    L’art de résumer parfaitement un album en quelques mots. Bel article encore une fois.

    J'aime

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