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Wiegedood – De Doden Hebben Het Goed

Pays : Belgique
Genre : Black Metal
Label : Consouling Sounds
Date de sortie : 8 Mai 2015

La Belgique se défend très bien en terme de hardcore et, en particulier, de post-hardcore. La fameuse Church of Ra, collectif d’artistes qui s’est développé autour d’Amenra, offre de nouvelles sorties chaque année. Elle a vu naître Wiegedood en 2014, formation black metal regroupant des membres d’Amenra, mais aussi d’Oathbreaker et Hessian. Le groupe se compose d’un trio, et sort De Doden Hebben Het Goed milieu 2015, passé beaucoup trop inaperçu au vu de sa qualité. Récemment, un nouvel album a été annoncé pour début 2017. Une bonne occasion pour remettre un coup de projecteur à cette bonne surprise de 2015.

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D’emblée, le groupe a un son assez personnel. Basse absente, deux guitares, une batterie et le chant. Se passer d’une ligne de basse s’est déjà souvent vu dans le black metal, mais c’est tout de même une décision notable de la part de musiciens issus de la scène post hardcore belge, faisant la part belle à cet instrument. On ne peut que saluer cette prise de risque, d’autant plus que le résultat est très réussi.

La première chanson, « Svanesang », démarre à fond de train, avec un riff d’entrée déjà bien personnel. Simple, pas technique pour un sou, mais très efficace. On ressent quelque peu le feeling Amenra, comme si les riffs monotones et écrasants du groupe de Colin Van Eeckhout avaient été volés par un Euronymous sauvage qui leur aurait appliqué un traitement black metal. Blast, guitares très rapides, voix complètement arrachée. Pas de doute, l’influence scandinave est là. Mais seulement dans la forme. La longue plage acoustique au milieu de la chanson n’a rien à voir avec celles que l’on peut entendre chez Immortal ou Ulver par exemple. Pas du tout glacial, mais plutôt marquée par une morne tristesse terreuse. Comme une déambulation faite dans la très belle pochette, sous le ciel gris typique et la végétation terne.

La seconde piste, « Kwaas Bloed », fait clairement plus référence à l’actuelle scène post black américaine. Le riff principal fait beaucoup penser à Krallice, et redevient plus nordique à partir d’environ 1:40, avec cette classique mélodie à deux guitares. L’une fait la rythmique, l’autre dessine une mélodie en trémolo très touchante. On a droit là aussi à une plage acoustique à la guitare sèche, très réussie, et qui donne une touche presque folk. Il y a bien un feeling assez proche de la nature dans ce disque, mais peut-être est-il plus difficile à cerner que sur les classiques productions black d’Europe du Nord et de l’Est. Nous ne sommes pas encore habitués aux codes du folk belge, il faut donc prendre le temps de s’imprégner du disque et s’aider de son artwork pour ressentir petit à petit le spleen proche des poèmes de Verhaeren.

L’éponyme suit, avec un riff mid tempo répété inlassablement, très proche dans sa construction du passage typé scandinave de la chanson précédente. Cette chanson est une légère baisse de qualité, plus aussi touchante parce que moins inventive et personnelle, redondante au bout d’un moment. Les voix chuchotées sorties de nulle part à la fin de la piste arrivent comme un cheveu sur la soupe, et ne peuvent convaincre. C’est heureusement la seule vraie baisse de régime de l’album, mais les quelques défauts ne s’en font que plus criants. La batterie est définitivement un point faible. Non pas le jeu en lui-même, qui alterne blasts et passages plus propices aux mid tempi de manière très correct, mais le son des toms est assez triste. Le tout sonne très sec, et un cruel manque de profondeur se dégage. Dommage, très dommage, une batterie plus percutante et sonnante aurait sans doute renforcé l’impact de l’album entier.

Dernière piste, « Onder Gaan », et le groupe retrouve la grande forme. Let ring introductifs, puis riffs blastés, on est assez proches de la première piste. Les riffs se font encore une fois assez proches de ceux d’un Ulver, notamment vers 3:50. Encore une fois, alternance de riffs rapides et mid tempi, se voyant ajouter des variations progressivement au fil du temps et des répétitions. Il y aurait presque un côté Primordial à partir de 6:40, avec les touches de guitares claires qui apparaissent et les larsens en fond. La chanson est globalement très bonne, mais finit tout de même par tirer un peu longueur pour peu que vous ne soyez pas parfaitement captés par l’album.

De Doden Hebben Het Goed est court, seulement trente-huit minutes, mais n’a pas besoin d’être plus long. D’une part parce que le groupe a très bien dit ce qu’il avait à dire ici, et d’autre part parce que l’album aurait fini par devenir lassant. L’influence Church of Ra est très perceptible, avec ce spleen et cet amour du morne et de la douleur sentimentale. Les thèmes du collectif sont bien présents, et apportent une vraie originalité à Wiegedood. Un bon album, qui se verra accompagné d’un petit frère que l’on espère complètement abouti dans quelques mois.

 

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