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Interview – Ellende

English version available here.

Dans la foulée de la sortie du deuxième album de son projet solo, Todbringer, nous avons souhaité nous entretenir avec la principale tête pensante du groupe autrichien Ellende. L.G. a accepté de répondre à nos questions concernant sa vision de la musique.

Bonjour et merci beaucoup de me donner ton temps pour cette interview.
Salut, pas de problème !

Peux-tu présenter le projet d’Ellende aux lecteurs qui ne le connaissent pas ?
Je suis L.G., fondateur et auteur-compositeur du projet autrichien Ellende, et je participe ou ai participé à plusieurs autres projets en black metal, death metal et rock.

Trois ans se sont écoulés depuis la sortie d’Ellende, ton premier album. Comment ton regard a-t-il changé sur la musique du projet entre Ellende et Todbringer ?
Comme j’étais dans d’autres projets musicaux avant que je ne fonde Ellende, il y a quelques principes musicaux auxquels j’ai adhéré depuis. Je prends le temps dont j’ai besoin et je n’ai pas peur d’utiliser des instruments quelque peu exotiques pour le black metal, si cela convient bien sûr. Je ne donne pas de concerts trop souvent, surtout si on me demande beaucoup, je ne joue pas trop souvent dans ma ville natale non plus. Et j’évite certaines choses que je n’ai pas aimé sur le plan musical dans d’autres groupes avant.

L’autre chose que je déteste est de ne pas s’améliorer et de rester campé sur ses positions. Il y a des groupes faisant exactement la même musique et le même son encore et encore pendant des années, car ils ont très bien travaillé sur leurs premiers albums. À mon sens, Todbringer est plus agressif et un peu plus mature dans le son. La première chanson de sortie, « Verachtung », a été choisie pour briser les attentes, mais je m’attendais à plus de déception pour être honnête. Si j’ai le sentiment qu’une chanson est rafraîchissante et passe bien à l’oreille, il me semble prendre la bonne direction, et je vais libérer tout cela. Je n’utilise pas tout ce que j’écris, j’abandonne de plus en plus de contenu et j’essaie d’obtenir une production plus naturelle.

Il y a un aspect émotionnel plutôt impressionnant dans ta musique. Quelles sont tes principales influences ? As-tu des influences en particulier dans la littérature ou dans l’art en général ?
Merci. Et oui, il y a beaucoup d’inspiration que j’estime indispensable dans l’art et dans la littérature. J’ai tendance à beaucoup d’inspirer des techniques d’art traditionnelles, parce que j’aime moi-même les toiles de vieux paysages par exemple. Il y a une sorte d’idéalisme et de beauté dans la nature intacte, et une espèce de spiritualité qui n’est pas atteinte par la merde abstraite moderne. Dans la littérature, il y a des essais d’existentialisme et des idées auxquels vous ne voulez généralement pas être confrontés, et c’est là que ça devient intéressant pour moi. J’ai été en mesure de mettre quelques passages de chants parlés dans Todbringer. Une chose que je voulais faire depuis longtemps mais je ne savais pas encore comment l’incorporer à ma musique.

Comment as-tu travaillé pour composer Todbringer ?
J’essaie toujours d’expérimenter d’autres façons de réaliser un album. Cette fois, j’ai avais enregistré des chansons d’aperçu à la maison, il y a environ un an, et j’ai beaucoup travaillé là-dessus. Je les ai améliorées et les ai modifiées avant même que je commence à réserver les sessions de studio. De cette façon, j’ai réussi à rendre ces chansons plus détaillées, pour enfin obtenir une compréhension plus précise de ce qu’elle aurait à évoquer et à dégager. Comme nous ne répétons jamais de nouvelles chansons jusqu’à ce qu’elles soient rattachées à un album, elles ont l’occasion de bien mûrir et cela m’aide dans la compréhension de ma musique.

Nous pouvons entendre beaucoup d’influences provenant de nombreux genres de black metal dans ta musique. Comment la catégorises-tu ?
En fait, je n’aime pas vraiment classifier. Les gens vont souvent voir le monde en noir et blanc, et ont besoin d’une étiquette pour chaque groupe. Si vraiment vous avez besoin d’une spécification, je dirais que Ellende fait du jazz expérimental hyperdrone. Ou simplement du black metal.

Tu es également également membre de Svarta, un autre groupe de black metal autrichien. Que peux-tu me dire sur ton rôle dans le groupe ?
Ils m’ont demandé de m’occuper de la basse en live il y a quelques années, et nous avons commencé à développer une très bonne amitié, donc j’étais de plus en plus intégré pour écrire les lignes de basse et être un membre constant du groupe. À côté de cela, je ne suis pas impliqué dans l’écriture des chansons ou quoi que ce soit d’autre. Mais Ellende est et a toujours été mon principal objectif, ma propre dictature (rires).

Te sens-tu particulièrement concerné par la politique ou la religion ? Cela se reflète-t-il dans ta musique ?
Oui, la misanthropie est la seule issue possible concernant notre espèce. Ellende est très axé sur la destructivité, la haine et le mutisme de la masse, et aussi sur la beauté et l’amour de l’individu. Revenir à la nature est un état d’esprit qui est fortement influencé par les actes d’un collectif en quelque sorte non contrôlable, très négatif et déprimant. On pourrait dire que c’est une sorte de panthéisme misanthrope avec une compréhension saine et honnête de notre inutilité dans cet univers.

Cela commence par la morale. Considérer notre mode de vie à l’aide de vieilles doctrines pourries au lieu d’être bon, parce que c’est la meilleure façon de vivre ensemble. Se préparer pour une vie après la mort, et obéir à quelqu’un qui pourrait tout aussi bien ne pas exister. Avec des lois de la part de gens qui sont morts depuis longtemps au lieu de profiter de notre vie et prendre pleinement la responsabilité de nos actions. Loups et moutons. L’idée seule d’une vie « préparée » et « seulement pour nous » me fait frissonner, c’est d’une arrogance incroyable envers les autres êtres vivants. D’un côté, nous explorons maintenant les mystères des univers et une élite nous livre des connaissances sur ce qui pourrait arriver ici et autour de nous, et d’autre part il y a des gens qui polluent la terre, abusent du pouvoir et même se tuent l’un l’autre à cause de leur ami imaginaire. Et sur ce qui vient après la mort. Peut-être rien.

Quelle est ta vision actuelle à propos du black metal ?
Pour être honnête, le black metal a en quelque sorte perdu un peu de du charme que j’ai trouvé en lui il y a un peu plus de dix ans. Je suis en quelque sorte très nostalgique en ce qui concerne les « premières choses », et je ne comprends pas la plupart de ce qui se passe de nos jours, même si je ne me suis pas fait que des amis avec ces prises de positions. En plus de cela, il y a quelques groupes vraiment bons, la plupart sous-estimés et passés inaperçus de cette soi-disant communauté, mais je suppose que c’est malheureusement complètement normal.

En fait, je me trouve bien plus conservateur que ce que je pensais être. Par exemple, la croissance en tant que groupe, l’utilisation d’amplis réels, l’enregistrement des lignes de batterie acoustiques, et un surplus authentique sont ce que j’apprécie le plus. Au moins, j’essaie d’obtenir d’une façon ou d’une autre que la musique reflète ma personnalité et ce que je veux obtenir sans ajouts artificielles. Et le black metal ne devrait pas être philanthrope et accueillant, du moins pour moi, c’est aussi maladroit et bizarre que le white metal.

As-tu déjà de nouveaux projets pour l’avenir ?
En fait, je voulais mettre tous mes projets musicaux en suspens après avoir sorti Todbringer. J’en suis à ma dernière année de maîtrise en architecture, et l’enregistrement de la musique, les dessins, la production, et le fait de parfois travailler dans deux emplois à côté des études est un peu trop épuisant et impossible à concilier. Ensuite, il y a toujours cet aspect concernant le fait de supporter le risque financier pour une tournée et tout ce qui concerne Ellende, et je ne veux pas non plus payer des musiciens pour rien, ce serait stupide. Donc, peut-être terminer mes études dans un premier temps pour avoir un soutien financier approprié, et puis tout deviendra plus facile, qui sait ? Mais je crains de devenir fou si je commence à abandonner la musique, alors j’ai commencé à écrire de nouvelles chansons pour Ellende, déjà, pour avoir quelque chose sous la main. Et il y a des concerts et la prochaine tournée en Europe à venir, nous sommes vraiment impatients !

Merci beaucoup et prends soin de toi.
Merci, j’ai beaucoup apprécié cette interview. Je vous souhaite le meilleur à toi et tes lecteurs !

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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