Actualités

Týr – Land

Pays : Îles Féroé
Genre : Progressive Pagan Metal
Label : Napalm Records
Date de sortie : 30 Mai 2008

Alors que la formation féringienne  de Týr est à l’affiche de la prochaine et très attendue édition du Cernunnos Pagan Fest, qui aura lieu en février prochain, l’heure est venue de se pencher sur l’un de ses albums marquants. Actif depuis la fin des années 1990, Týr est un groupe qui a depuis acquis une grande popularité grâce, entre autres, à l’aspect accrocheur et très accessible de sa musique. Le quatuor devenu trio par la force des choses a su conquérir un public très large grâce à ses deux derniers albums, mais qu’en est-il des précédents ? Penchons aujourd’hui sur Land, l’album charnière de la carrière du groupe.

192631
Je ne vous apprends rien si je vous dis que Týr est l’archétype du groupe scandinave chantant les louanges et les exploits des vikings ainsi que les différents événements de la mythologie nordique, le tout dans un style très poétique et porté sur le charme plutôt que sur la violence. C’était du moins le cas sur les premiers albums, car par la suite, sur The Lay of Thrym et Valkyrja, le style musical des féringiens a pris un léger virage vers quelque chose de bien moins authentique. Un soutien plus large, certes, mais au détriment de celui des adeptes de la première heure, qui appréciaient Týr pour son vrai côté terre viking des plus plaisants.

Land est à mon sens le dernier album riche de cet aspect, car même si By The Light Of The Northern Star était très bon, il laissait déjà entrevoir l’évolution qui serait effective par la suite. C’est bien simple, Land est un album à la gloire du patrimoine viking et scandinave tout entier. En plus de l’anglais, évidemment si j’ose dire, pas moins de quatre langues scandinaves sont représentées avec le norvégien, le danois, l’islandais, et, bien entendu, le féroïen. Cette mixité offre une réelle identité à l’album et étoffe de la meilleure manière les différents titres de l’album. Sur le plan musical pur, Týr était alors fidèle à ce qu’il avait développé sur Eric The Red et Ragnarok, avec nombre de riffs très accrocheurs, des chœurs guerriers du plus bel effet, et quelques soli bien sentis.

Je ne trouve sincèrement aucun titre inférieur à un autre sur cet album. Tous ont leurs qualités, tous s’inscrivent avec fluidité dans la mécanique de Land. Les chants de Heri Joensen sont parfaitement maîtrisés, tout comme les instrumentations, qui font preuve d’une justesse bluffante. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il dommage d’avoir opté pour l’anglais sur certains titres, simplement, les chants en féroïen ou dans une autre langue scandinave garnissent un peu mieux les titres sur lesquels ils sont utilisés. La poésie n’est pas en reste, notamment sur « Valkyrjan », qui est sans doute le titre le plus dépaysant de l’album. Il semble faire écho, du moins par son initiative, à l’excellent « Ormurin Langi » de l’album How Far To Asgaard.

Le folklore féringien et scandinave dans son ensemble est traité avec beaucoup d’attachement, avec l’utilisation de textes anciens et de poèmes traditionnels, comme pour « Sinklars Vísa ». La discographie de Týr dans son ensemble est de toute manière une ode au nord et à la terre d’origine du groupe. Se laisser bercer par Land offre un aller simple vers les terres venteuses et iodées des îles Féroé ou vers les implacables côtes norvégiennes. Nombreux sont les groupes utilisant la même thématique que Týr, mais bien peu nombreux sont ceux réussissant à nous faire voyager avec autant de force. Land peut apaiser de la même manière qu’il peut galvaniser, et il ne m’a personnellement jamais lassé.

Que l’on ait affaire à « Gátu Ríma », « Ocean », ou encore « Brennivín », le plaisir d’écoute est le même. Les guitares sont utilisées avec perfection pour exercer sur nous une emprise incroyable de fermeté. Impossible de stopper l’écoute de l’album avant d’avoir obtenu ce que l’on cherche réellement, le dépaysement, la galvanisation, le déracinement, le voyage. Týr, c’est tout cela. Les riffs nous hurlent la beauté des falaises, l’immensité de la mer et la splendeur des plaines verdoyantes. Les chants nous évoquent la guerre et les combats, les récits et les mythes, mais toujours sur un ton léger, sans que la violence ne prennent le dessus. La rectitude incarnée.

Lorsque l’on voit ce qu’est devenu le groupe originaire de Tórshavn, la meilleure chose à faire si l’on ne se retrouve pas dans les derniers albums et de se rabattre sur les premiers. Sans faisant réellement partie de ces derniers, Land est sans nulle doute le point culminant de la carrière de Týr. Tous les aspects appréciables de la musique des féringiens se retrouvent dans cet album, qui frôle la perfection par ses évocations sauvages et folkloriques. Un classique pour les amoureux du nord.

 

About Maxime (321 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :