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Bethlehem – Bethlehem

Pays : Allemagne
Genre : Black Metal
Label : Prophecy Productions
Date de sortie : 2 Décembre 2016

Bethlehem fait partie des groupes cultes très peu écoutés. Vous trouverez sans doute autour de vous, si vous avez un entourage métallique proche, beaucoup de fans de Mayhem, d’Emperor ou d’Ulver. Par contre, vous risquez d’avoir plus de mal à trouver des fans de Bethlehem. À groupe inclassable, fans introuvables ? Peut-être pas, mais difficile de ne pas faire de corrélation entre le fait que Bethlehem pratique une musique très particulière et le fait qu’il soit toujours resté un groupe relativement obscur et underground.

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Autant le dire de suite, je ne connais pas du tout Bethlehem. C’est donc avec les oreilles vierges des précédents méfaits des allemands que se fera la découverte de leur album éponyme sorti pour célébrer leurs vingt-cinq ans d’existence. Heureusement, le groupe se repose sur une base black metal, ce qui facilite l’assimilation. Les riffs en trémolo sont bien présents, la batterie est tentaculaire, et le chant est assuré par la nouvelle venue Onielar des excellents Darkened Nocturn Slaughtercult ! Un excellent point, tant sa performance transcende la musique du groupe. Elle ne se contente pas de hurler avec sa possession habituelle, mais nous livre aussi des vocalises plus désespérées, plus déchirantes et moins maîtrisées, pour un résultat assez émotionnel. Nous avons même droit à des rires déments en ouverture de la cinquième piste « Gängel Gängel Gang« .

La musique de Bethlehem sur Bethlehem, c’est donc des riffs black servis par un son de guitare très massif, coupés par des arpèges de guitare en réverbération tout tristes, et d’écrasants riffs doom voir sludge (« Die Dunkelheit Darbt ») histoire d’épaissir le tout et de donner une atmosphère poisseuse.  Certains passages feraient un peu penser à My Dying Bride d’ailleurs, mais avec moins de romantisme et plus de problèmes mentaux. Bethlehem a une bonne personnalité gothique, et le fait clairement entendre. Pas vraiment gothique littéraire, plutôt celui des films d’horreur mettant en scène les troubles psychiques. Exactement à l’image de la pochette en fait. Quoique, le « doom romantique » n’est parfois pas si loin. De l’horreur et de la folie donc, mais mélangées à une mélancolie et à une tristesse. Cet aspect mélancolique est par exemple bien perceptible dans la très rock gothique de « Arg Tot Frohlockt Kein Kind ». Plus généralement, les intonations plaintives d’Onielar et certains passages au clavier parsemés viennent donner une couleur parfois moins démente et plus douloureuse à l’album.

La musique du groupe passe réellement sans effort après avoir assimilé la personnalité quelque peu déroutante au premier abord de Bethlehem. Les chansons sont fluides, le disque est très homogène dans son ensemble, bien que fait de morceaux pouvant être assez différents les uns des autres. Les quelques soli mélodiques qui viennent parsemer l’album participent à ce cachet émotionnel si distinctif. Celui de « Arg Tot Frohlockt Kein Kind », assez rock, marque le paroxysme d’une chanson déjà excellente et fait véritablement monter le spleen. La section rythmique est également à saluer, avec une batterie toute en nuances et une basse très audible qui vient alourdir encore les passages doom et donne de la profondeur aux plages en guitare clair.

Même pour un néophyte du groupe, Bethlehem se fait assez accessible. Le groupe navigue entre black metal, doom metal, musique gothique et rock. Le mélange peut sembler indigeste sur le papier, mais s’apprécie sans problème. Bien sûr, quelques faux pas sont à relever, comme la redondante et assez plate « Verderbnisheilung In Sterbend’Mar », que les passages à la guitare claire n’arrivent pas à sauver. C’est décidement quelque chose d’assez unique qui nous est proposé ici. Prenez par exemple « Versammnis Straft Gezügeltes » ; une mélodie typiquement doom laisse  la place à un riff sludge entrecoupé de samples industriels, avant d’être remplacés par un riff black. Très original donc, mais ça fonctionne, étonnement. L’ensemble ressemble à une plongée dans la tête d’un psychotique, alternant entre crises d’hystérie et passages à vides dans lesquels la peine vient s’installer. Oscillation entre les deux, sans réel penchant pour l’un ou l’autre des côtés. Ce qui est sûr, c’est que ça va mal.

Bethlehem livre une musique surprenante et personnelle, difficilement classable mais très convaincante. L’album n’est pas aussi lancinant que dans le doom, pas aussi furieux que dans le black traditionnel, pas aussi mystique que dans le rock gothique. Bethlehem est un peu de tout ça. Le mélange est subtil, bien dosé et prenant. Même si vous n’êtes pas un fan du groupe, penchez-vous sur cet album à l’occasion, vous pourriez être surpris par la musique unique et finalement touchante de Bethlehem.

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