Erang – King of Nothing, Slave to No One

Pays : France
Genre : Dungeon Synth
Label : Indépendant
Date de sortie : 10 Janvier 2017

Nous vous l’avions annoncé il y a quelques jours, le projet Erang vient de sortir son nouvel album ! King of Nothing, Slave to No One est déjà le quatorzième album de l’artiste français, qui n’en finit plus de nous gratifier de sa musique atmosphérique et méditative à souhait. Nous avons à nouveau l’occasion de plonger dans l’univers unique façonné par Erang, toujours avec le même enthousiasme en ce qui me concerne. En ce début d’année, quoi de mieux qu’un soupçon de magie et de rêverie fantastique pour étoffer quelque peu notre morne quotidien ?

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Nous avions quitté Erang au mois d’octobre, avec la sortie surprenante mais non moins réussie de Anti Future. Par le biais de la sortie de cet album, l’artiste avait souhaité transposer le Royaume d’Erang dans un futur alternatif, et il faut reconnaître que le virage avait été pris avec maîtrise. Retour aux sources désormais, avec un King of Nothing, Slave to No One qui, musicalement, est beaucoup plus proche de ce qu’Erang sait faire de mieux, une musique dépaysante qui nous fait voyager, le temps d’une heure ou deux. Si l’on peut associer un caractère à la musique d’Erang, c’est bien celui-ci. Plus qu’ailleurs, les sonorités et instruments choisis inspirent à l’évasion et à la formation d’une espèce de bulle autour de nous. Pour notre plus grand plaisir, la tendance se confirme avec cette nouvelle sortie.

En premier lieu, ce qui est intéressant avec cet album, c’est qu’il est riche de multiples facettes. Lors de l’annonce de l’imminence de la sortie de l’album, j’avais cru déceler une certaine atmosphère sombre en écoutant le titre dévoilé dans la foulée. Je croyais y voir le reflet de l’album, mais j’avais tout faux. Certes, certains titres sont effectivement assez obscurs, mais la facilité avec laquelle Erang saute d’une émotion à une autre est tout bonnement fameuse. Vous serez effectivement un peu angoissé à l’idée d’entrer dans cet album avec « King of Nothing » et cette voix macabre en fond. Mais aussitôt remis de cette solide entrée en matière que vous serez mis en contact avec la poésie de « Day of the Troll », troisième titre dont l’atmosphère se veut bien plus légère. Nous schématisons par besoin, mais voici l’exemple parfait pour décrire ce nouvel album, il est une succession d’émotions.

Ne vous méprenez pas, l’ensemble demeure très cohérent, comme toujours chez Erang, serions-nous tentés de dire. Avec King of Nothing, Slave to No One, vous avez dans les oreilles l’album-type qui doit être écouté à plusieurs reprises. Non pas que nous nous trouvions face à album de metal expérimental difficile à appréhender, mais si vous connaissez Erang, vous savez que vous aurez besoin d’écouter chaque album plusieurs fois pour en découvrir tous les secrets. Vous et moi connaissons bien cette fabuleuse sensation, surtout lorsqu’il s’agit de dungeon synth. Nous ressentons un éternel besoin de pousser l’écoute et la découverte toujours plus loin pour espérer trouver quelque chose de magique, d’unique. Erang, c’est ça. C’est la magie, la féerie.

Je serais bien tenté de vous faire part de mon approche technique vis-à-vis de l’album, mais j’estime que cela n’est pas nécessaire dans la mesure où la musique d’Erang, à l’image de celle d’autres projets, a pour but de faire ressentir des choses à ses auditeurs. Il serait bien inutile d’essayer d’analyser la chose alors que l’on peut tout simplement se laisser porter par elle. Les pistes s’enchaînent avec fluidité et sans accroc, comme si elles avaient toutes été composées à la suite, de manière à ce que chacune s’emboîte parfaitement avec celle qui la précède. Vous serez surpris de constater que l’effroi laisse place à la joie, que vous passez de la mélancolie à la ferveur, ou encore de la contemplation à nostalgie. Erang, tout simplement.

Il prouve une fois encore, si toutefois cela était nécessaire, qu’il est l’un des plus grands acteurs, sinon le plus grand, de la scène dungeon synth / medieval fantasy française. King of Nothing, Slave to No One est un album à savourer encore et encore, comme il est de coutume avec notre musicien. Alors que le dungeon synth commence lentement mais sûrement à éclore et à rassembler ses adeptes en France, le pays est encore loin de prétendre à la même scène que celle de la Russie. Cependant, avec des projets tels que celui d’Erang, nous pouvons parfaitement nous dire que le niveau russe n’est finalement pas si loin.

 

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