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Uada – Devoid of Light

Pays : USA
Genre : Black Metal
Label : Eisenwald
Date de sortie : 8 Avril 2016

Le phénomène de hype dans le monde du black metal. Vous connaissez vous aussi ? Pas différent de partout ailleurs finalement. Rappelez-vous ces dernières années, Deafheaven, Urfaust, Batushka, ou plus récemment Pénitence Onirique. Et en avril dernier, c’était Uada. On entendait le nom de ce groupe partout, chacun sortait sa chronique, tout le monde s’extasiait. À tel point que le groupe se retrouve invité au Ragnard Rock Festival et à In Theatrum Denonium cette année. Mais finalement, que vaut Uada ?

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D’emblée, le groupe s’inscrit dans la tradition des groupes ultra hypés. Un concept bien léché, une production tout aussi millimétrée, une musique très carrée sans une once d’amateurisme, une sortie sur un label de taille moyenne, des photos promotionnelles parfaitement réalisées. Tout ce qu’il faut pour passer un bon moment pourrait-on dire. Et ce Devoid of Light répond bien à tous ces critères. Un album d’une demi-heure, cinq pistes plutôt longues, un artwork réalisé par un illustrateur réputé. Décidément, Uada a décidé de plaire.

Sauf qu’un album, au-delà du concept et de l’emballage, c’est aussi de la musique. Et c’est là-dessus que tout se joue. Pour Batushka ou Urfaust, la musique suivait, ce qui a permis d’apprécier ces derniers groupes au-delà du phénomène de hype qui les entourait. Les deux projets ont mérité leur succès, rien à redire. En revanche pour Uada, c’est là que le problème se pose. Dès le premier riff, on comprend que les américains ont tout misé sur l’efficacité. Mélodie accrocheuse et prenante, servie par un son de guitare très calibré, et du blast qui déferle. Forcément, ça plaît. Et ce n’est pas mauvais en soi, c’est même assez convaincant. La première piste passe donc sans encombre, difficile de ne pas apprécier ce black metal qui se veut ravageur et puissant. Le chant arrive, et c’est peut-être à cet instant que vous commencez à remarquer quelque chose.

Pas le temps d’y penser, la seconde piste déboule, sur une formule assez similaire à la première. Pas aussi puissante ni aussi efficace, elle s’écoute tout de même sans trop de soucis. Puis viens « S.N.M », et c’est ici que les affaires se gâtent. La piste paraît longue, plate, sans saveur, sans rien de marquant. Et c’est maintenant que vous mettez le doigt sur le problème… Vous êtes prêt pour la grande révélation ? Attention, retenez votre souffle…

Uada, c’est Mgła. Mais en moins bien. Non mais vraiment, ne pensez pas voir ici d’accusation facile, regardez plutôt. Visages inaccessibles, perfecto et capuche noir pour tout le monde, le son de guitare… Même le chant ressemble à celui de M en plus criard et arraché ! Sans parler du principal, les mélodies de guitare. Sincèrement, écoutez l’album en entier, et osez dire que vous n’avez pas l’impression d’entendre des mélodies tirées du gigantesque With Heart Toward None ! Uada reprend donc la personnalité de Mgła, y colle un chant un peu différent et des textes plus portés sur la nature, et vous envoie le tout sans se poser de questions. Ce n’est même pas une très bonne copie en plus …

Allez, pour essayer de rattraper les pots cassés, essayons de trouver quelques marques d’originalité chez Uada. Personnellement, je note la quatrième piste, « Our Pale Departure », qui introduit des mélodies inspirées de la scène de Québec et quelques incursions de chant death. Allez, il y a aussi ce solo typé heavy metal à la fin de la piste finale. Même s’il n’apporte pas grand chose en soi ..

. Vous voyez bien ce qu’il en est. La musique d’Uada est très décevante, et même agaçante. Si encore le groupe avait réussi à faire durer son efficacité de la première piste sur l’ensemble d’un album court, pourquoi pas. Nous aurions eu un album sans émotion, mais agréable. Ou s’il avait même réalisé une bonne copie de Mgła, on aurait appelé ça un hommage (avec un soupçon de saine mauvaise foi, on en conviendra). Mais là, on se retrouve simplement avec un album plat, sans émotion, lisse, dont les quelques pointes d’efficacité initiale s’étiolent vite. Le pire, c’est que c’est quand Uada se fait le plus efficace qu’il ressemble le plus au groupe polonais.

Triste album si vous voulez mon avis. Une belle coquille vide. Très brillante la coquille, très lisse et plaisante à voir; un joli écrin. Mais l’intérieur est très décevant et peu consistant. Seul le premier morceau est vraiment notable. Le genre de morceau taillé pour plaire, type « Tu ne connais pas le black metal ? Tiens écoute ça ». Même dans ses moments d’éclats, Uada est accessible, trop accessible. Si lisse et si impersonnel qu’on se sent irrémédiablement un peu arnaqué à la fin.

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