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Wolfkrieg – Fire of Ragnarök

Pays : Russie
Genre : Pagan / Black Metal Nationaliste
Label : Indépendant
Date de sortie : 4 janvier 2017

Wolfkrieg, groupe moscovite comme il en existe à la pelle, et actif depuis l’année 2009. C’est deux ans plus tard, en 2011, que le duo sortait son premier album, Battlefield. Depuis cette date, Wolfkrieg a enfilé les albums comme des perles, avec huit sorties, dont deux pour les années 2014 et 2015. Une cadence faramineuse souvent révélatrice d’un manque de travail de fond, mais qu’en est-il réellement de la musique du duo ? Avec tant d’albums en si peu de temps, il serait légitime de croire que l’accent ait été mis sur le message plutôt que sur la qualité musicale, mais vous allez voir que, contrairement aux apparences, les moscovites ont plus d’un tour dans leur sac. Penchons-nous sur ce nouvel album.

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Nous n’allons pas nous mentir, Wolfkrieg est l’archétype même du groupe de black metal slave à tendance nationaliste, comme pourrait l’être un M8l8th. Loin de moi l’idée de vouloir comparer les deux formations russes, remarquez néanmoins que les ressemblances sont conséquentes. Dans ce cas de figure, la tendance veut que les groupes soulignent leurs diverses implications politiques plutôt que leur travail musical. C’est notamment le cas de M8l8th, qui passe visiblement plus de temps en conférence ou à promouvoir son black metal militant qu’à écrire de la musique qui redorerait quelque peu son blason. Fort heureusement, même si le duo russe tombe parfois dans ce petit jeu, il faut reconnaître que ses albums sont de qualité.

À première vue, il est fort possible que la thématique réelle de Fire of Ragnarök puisse vous désorienter. Allemagne nazie ou paganisme germano-scandinave ? Visiblement, et de manière surprenante, les deux. Non pas que les deux thématiques soient incompatibles, elles ne le sont évidemment pas, mais l’une est généralement utilisée pour étoffer l’autre. Avec un titre d’album à la mémoire de l’un des événements majeurs de la mythologie nordique, mais aussi des pistes nommées de manière à ne laisser planer aucun doute sur la position politique du duo, nous pouvons en effet affirmer que le groupe est à la fois païen et national-socialiste. Notons à ce titre les morceaux nommés « Eighty Eight » et « Wolves of Dirlewanger », Oskar Dirlewanger ayant été l’une des figures de la Waffen SS chère à Hitler.

Trêve de politique, parlons musique. Sans doute à cause de la piètre image que véhicule ce genre de groupe, j’appréhendais l’écoute de Fire of Ragnarök. J’avais effectivement peur de me trouver face à un album sans saveur. J’avais évidemment tort de penser cela, mais paraît-il que les préjugés sont irrésistibles. Wolfkrieg nous offre sur un plateau d’argent une musique très agressive et sublimée par des paroles en russe d’une force inouïe. Il est plutôt fréquent dans le black metal que les chants prennent le pas sur les instrumentations, et cela est généralement dommageable, mais absolument pas en ce qui concerne Fire of Ragnarök. Les chants de SA nous crachent leurs insanités sans répit, et nous serions presque tentés de nous demander ce que nous avons fait pour mériter ce sort.

Comme les langues finno-ougriennes et le reste des langues slaves, le russe se marie à merveille avec une atmosphère martiale et virile, et c’est d’autant plus le cas sur cet album. Je suis quasiment certain que si le groupe avait choisi de chanter en anglais, langue avec laquelle il a nommé ses titres, le résultat aurait été sensiblement différent. Malgré quelques passages plus calmes et mélodieux, qui sont d’ailleurs de très bonne facture, l’album est un enchaînement de vociférations de haine et de souffrance. Effectivement, ce sont les chants que nous entendons en premier lieu, mais les instrumentations ne sont pas en reste et amplifient à merveille le sentiment d’animosité et de profonde antipathie qui anime l’album. Un travail remarquable réalisé par les deux artistes moscovites. Dix titres pour cinquante minutes de musique qui ne vous laisseront pas indifférent.

Au delà du solide message politique délivré par Wolfkrieg, nous ne pouvons que saluer la capacité de production et d’écriture des russes. Certes, Wolfkrieg sort beaucoup d’albums, parfois même au détriment d’une certaine qualité, mais nous ne saurions tenir ce genre de discours concernant Fire of Ragnarök. En effet, ce dernier album fait preuve d’une formidable puissance de feu tout en sachant se montrer mesuré et juste. Voici une nouvelle année qui démarre sur les chapeaux de roue.

About Maxime (257 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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