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Mister Folk Compilation, Vol.VI

Chroniquer une compilation, c’est compliqué. Pas d’étude approfondie de la musique, pas d’album cohérent à évaluer ou à disséquer. Un éventail d’artistes ayant en commun un concept, un univers. Ici, c’est un univers folk et païen qui sert de fil conducteur pour les vingt-et-une chansons présentées. Voyons donc ce que peut apporter cet audiorama !

La première chanson est de Skyforger, et propose ce que le groupe a toujours parfaitement fait. Du pagan entraînant, sans prise de tête, satisfaisant. Un bon départ, mais il faut bien reconnaître qu’il aurait été difficile de commettre un faux pas en incluant du Skyforger ! D’une manière globale, les groupes et les chansons qui les représentent font dans le pagan « moderne ». Ne vous attendez à aucune vraie surprise, vous aurez votre dose de pipeau et de chœurs vikings galvanisants.

folk-compil

Dans l’ensemble, il faut avouer qu’il y a quelques belles découvertes à faire. Certains morceaux se distinguent du lot, comme « The Blind Crow » d’Aexylium. De bonnes mélodies, une inspiration présente du côté des instruments traditionnels, un chant un peu audacieux, qui sort des sempiternels growls de guerriers partant au combat. Une bonne petite surprise, et une chanson que l’on se repasse avec plaisir. Il y aurait presque un aspect Eluveitie période Slania à certains moments. Vous sentez peut-être une certaine réticence dans cette chronique, un manque d’enthousiasme. C’est normal. Parce que vous savez quoi ? Malgré quelques chansons sympathiques mais jamais exceptionnelles, cette compilation tombe les pieds dans le plat dans ce qui gangrène la scène pagan/folk depuis une décennie. Vous le sentez venir, n’est-ce pas ? C’est l’occasion de râler une fois de plus sur le pagan viking/corne à boire/drakkar/pouët pouët. Parce que c’est bien à ce genre qu’appartient la très grosse majorité des morceaux de cette compilation.

Qu’on se le dise, le folk/pagan de ce genre-là, on en a soupé. Le message est passé, tout le monde trouve la série Vikings de HBO super géniale, tout le monde s’est remis à écouter Tri Yann pour avoir l’air d’un vrai folkeux, tout le monde a acheté un kilt bon marché et porte un marteau de Thor le plus visible possible. On se remet à danser en rond autours des feux, on se réinvente un passé familial païen et on se dit inspiré depuis toujours par la nature et les anciennes croyances nordiques alors qu’on a juste joué à Skyrim et qu’on a jamais ouvert un bouquin de Régis Boyer. Tout ça, c’est très bien. Mais ça reste tout de même une fête à la saucisse vaguement médiévale, pas une remémoration de l’héritage païen. Un genre de fest-noz pour touriste si vous voulez. Mais comprenez-moi bien, vous pourrez jouer autant de pipeau et de cornemuse que vous voudrez, vous ne raviverez pas le vieux patrimoine européen pour autant.

Bon, ça y est, j’ai crevé mon abcès, j’arrête de râler, je reviens à la musique. Tout est déjà dit remarquez ; les chansons sont toutes dans la même veine, se voulant entraînantes ou épiques. Les gros claviers symphoniques sont souvent de sortie, les mélodies à la flûte fleurissent comme de l’herpès sur les parties intimes de DSK, les refrains fédérateurs sont bien présents. Par contre, ne vous attendez pas à beaucoup de bonnes mélodies de guitares ou à des parties de batterie intéressantes et fouillées. Les chansons n’émeuvent pas, elles essayent juste de vous faire bouger et taper du pied, ce qui n’a rien à voir. On notera l’apparition des français de Boisson Divine, qui ne relèvent pas, mais alors vraiment pas le niveau. La compilation s’achève sur une reprise de Bathory période Nordland I, et vous rappelle bien quelle différence il y a entre le folk/pagan des années 2010 et la majesté des hymnes nordiques de Quorthon. Tu nous manques toi, si tu savais…

En somme, vous aimerez cette compilation si vous aimez le folk actuel. Si c’est le cas, grand bien vous fasse. Mais me concernant, c’est niet. Certains morceaux m’ont fait pousser des mugissements d’ennui, râles d’accablement et autres soupirs de lamentation tellement cela semble convenu. Faites donc votre choix. Ou vous décidez que je suis un gros râleur pseudo élitiste (et vous auriez raison) et vous décidez de prendre votre pied sans trop réfléchir sur ces airs à faire danser des korrigans alcooliques et quelque peu attardés, soit vous venez avec moi, et on va tous ensemble écouter du Primordial, du Nokturnal Mortum et du Belenos en silence, avec austérité, en essayant de se rappeler de ce qu’était vraiment la vielle Europe.

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